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Quelles sont ces deux nouvelles guérisons « sans explication » attribuées à saint Charbel en 2026 ?

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Enregistrées le même jour, deux guérisons survenues à plusieurs milliers de kilomètres l’une de l’autre relancent l’attention autour de la figure du moine maronite libanais dont la renommée spirituelle ne cesse de croître depuis plus d’un siècle

Ces dossiers, reconnus comme miracles attribués à saint Charbel Makhlouf, s’ajoutent à une longue série de témoignages où la médecine reconnaît ses limites et où la foi demeure centrale.Depuis le début de l’année 2026, deux guérisons attribuées à l’intercession de saint Charbel Makhlouf ont été officiellement consignées, l’une aux États-Unis, l’autre au Liban. Dans les deux cas, les personnes concernées souffraient de pathologies sérieuses, suivies médicalement, pour lesquelles aucune amélioration durable n’était observée et dont l’évolution soudaine a été jugée médicalement inexplicable.Ces événements s’inscrivent dans un ensemble beaucoup plus vaste de grâces attribuées au moine maronite. Des recensements évoquent plus de 30 000 témoignages à travers le monde, touchant des personnes de toutes origines, chrétiennes ou non, venues demander son intercession.

Monastère de Saint-Maroun (Annaya)

Né le 8 mai 1828 à Bqaa Kafra, dans le nord du Liban, sous le nom de Youssef Antoun Makhlouf, saint Charbel appartient au cœur historique de la montagne maronite. Issu d’une famille paysanne modeste, il manifeste très tôt un goût prononcé pour la prière et le retrait.Entré dans l’Ordre libanais maronite en 1852 au monastère Saint-Maron d’Annaya, il reçoit le nom de Charbel et est ordonné prêtre en 1859. Après plusieurs années de vie communautaire, il choisit, avec l’accord de ses supérieurs, une existence érémitique plus radicale dans l’ermitage des Saints-Pierre-et-Paul. Là, il mène une vie de silence, d’adoration eucharistique, de pauvreté et de pénitence, presque entièrement retirée du monde.Il meurt le 24 décembre 1898, à la veille de Noël. Très rapidement, des phénomènes rapportés autour de sa tombe attirent les fidèles, donnant naissance à un pèlerinage qui ne cessera de croître. Béatifié en 1965 puis canonisé en 1977 par pape Paul VI, il est aujourd’hui reconnu comme le saint patron du Liban.

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Le premier miracle enregistré en 2026 concerne Georgianne Walker, née en 1975 à South Bend, dans l’Indiana. À la suite d’une chirurgie abdominale en décembre 2024, elle développe une infection grave. Malgré un traitement antibiotique prolongé, une plaie chirurgicale demeure ouverte et enflammée pendant près de dix mois, sans amélioration, malgré un suivi médical attentif. Une nouvelle intervention est alors programmée afin de retirer les tissus enflammés.En septembre 2025, elle reçoit la visite d’un ami, George Issa, lui-même guéri quelques années auparavant par l’intercession de saint Charbel. Il lui remet de l’huile bénite associée au saint et l’invite à demander son intercession auprès du Seigneur Jésus-Christ. Après avoir prié et oint sa plaie, Georgianne affirme que celle-ci s’est complètement refermée. La guérison est totale et l’opération prévue est annulée.Le dossier a été officiellement enregistré comme miracle le 17 janvier 2026.

Le second dossier concerne Rasha Charbel, née en 1987 à Jezzine, au Liban, sans lien de parenté connu avec le saint. Hospitalisée le 1ᵉʳ octobre 2025 pour de fortes douleurs dorsales, elle subit une IRM révélant un méningiome de la colonne vertébrale mesurant 2,3 cm. Son médecin, spécialiste en neurochirurgie et en chirurgie vasculaire, explique que ce type de tumeur ne répond pas aux traitements médicamenteux et qu’une intervention chirurgicale constitue la seule option envisageable.Une IRM de contrôle est programmée début janvier 2026, avec une hospitalisation prévue en vue de l’opération. La veille de cet examen, Rasha rapporte avoir prié en touchant une image de saint Charbel accrochée au-dessus de son lit. Le lendemain, l’IRM ne révèle plus aucune trace de la tumeur. Le médecin lui déclare qu’il n’existe aucune explication médicale à une telle disparition sans chirurgie.Le 17 janvier 2026, Rasha se rend au monastère Saint-Maron d’Annaya afin de faire consigner officiellement son miracle, accompagnée de l’ensemble de ses examens médicaux.

Rappelons que lors de son voyage apostolique au Liban, en décembre 2025, pape Léon XIV s’était recueilli sur la tombe de saint Charbel à Annaya. Il avait souligné le paradoxe d’une vie cachée, sans écrits ni œuvres visibles, devenue pourtant d’une fécondité spirituelle mondiale. Il avait rappelé que saint Charbel n’avait jamais cessé d’intercéder pour les fidèles et que, après sa mort, son œuvre s’était comme multipliée :

« Saint Charbel n’a jamais cessé d’intercéder pour nous auprès du Père céleste, source de tout bien et de toute grâce. Déjà, pendant sa vie terrestre, beaucoup venaient vers lui pour recevoir du Seigneur réconfort, pardon, conseil. Après sa mort, tout cela s’est multiplié et est devenu comme un fleuve de miséricorde. C’est aussi pour cette raison que, chaque 22 [vingt-deux] du mois, des milliers de pèlerins viennent ici de différents pays pour passer une journée de prière et de repos de l’âme et du corps. » ( salutation du Saint Père au Monastère de Saint-Maroun à Annaya ).

Les deux guérisons enregistrées en 2026 s’inscrivent dans cette continuité. Elles ne se réduisent pas à de simples récits de guérison, mais renvoient à une figure de sainteté maronite façonnée par le silence, la prière et l’abandon total à Dieu, qui continue d’attirer des fidèles lorsque toute issue humaine semble fermée.

SALUTATION DU SAINT-PÈRE

Monastère de Saint-Maroun (Annaya)
Lundi 1er décembre 2025

« Chers frères et sœurs !

Je remercie le Supérieur général pour ses paroles et pour l’accueil dans ce beau monastère d’Annaya. La nature qui entoure cette maison de prière nous attire par sa beauté austère.

Je rends grâce à Dieu qui m’a permis de venir en pèlerinage sur la tombe de saint Charbel. Mes prédécesseurs – je pense spécialement à saint Paul VI, qui l’a béatifié et canonisé – l’auraient beaucoup souhaité.

Chers amis, quel enseignement saint Charbel nous donne-t-il aujourd’hui ? Quel est l’héritage de cet homme qui n’a rien écrit, qui a vécu caché et silencieux, mais dont la renommée s’est répandue dans le monde entier ?Je voudrais le résumer ainsi : le Saint-Esprit l’a façonné, afin qu’il enseigne la prière à ceux qui vivent sans Dieu, qu’il enseigne le silence à ceux qui vivent dans le bruit, qu’il enseigne la modestie à ceux qui vivent dans le paraître, et qu’il enseigne la pauvreté à ceux qui recherchent les richesses. Ce sont là des comportements à contre-courant, mais c’est précisément pour cela qu’ils nous attirent, comme l’eau fraîche et pure attire ceux qui marchent dans un désert.

En particulier, saint Charbel nous rappelle, à nous évêques et ministres ordonnés, les exigences évangéliques de notre vocation. Sa cohérence, radicale et humble, est un message pour tous les chrétiens.

Et puis, il y a un autre aspect décisif : saint Charbel n’a jamais cessé d’intercéder pour nous auprès du Père céleste, source de tout bien et de toute grâce. Déjà, pendant sa vie terrestre, beaucoup venaient vers lui pour recevoir du Seigneur réconfort, pardon, conseil. Après sa mort, tout cela s’est multiplié et est devenu comme un fleuve de miséricorde. C’est aussi pour cette raison que, chaque 22 [vingt-deux] du mois, des milliers de pèlerins viennent ici de différents pays pour passer une journée de prière et de repos de l’âme et du corps.

Frères et sœurs, nous voulons aujourd’hui confier à l’intercession de saint Charbel les besoins de l’Église, du Liban et du monde. Pour l’Église, nous demandons la communion, l’unité : en partant des familles, petites églises domestiques, puis dans les communautés paroissiales et diocésaines, jusqu’à l’Église universelle. Communion, unité. Et pour le monde, nous demandons la paix. Nous l’implorons tout particulièrement pour le Liban et pour tout le Levant. Mais nous savons bien – et les saints nous le rappellent – qu’il n’y a pas de paix sans conversion des cœurs. Que saint Charbel nous aide donc à nous tourner vers Dieu et à demander le don de la conversion pour chacun de nous.

Chers amis, pour symboliser la lumière que Dieu a allumée ici par l’intermédiaire de saint Charbel, j’ai apporté en cadeau une lampe. En offrant cette lampe, je confie à la protection de saint Charbel le Liban et son peuple, afin qu’ils marchent toujours dans la lumière du Christ. Rendons grâce à Dieu pour le don de saint Charbel ! Merci à vous qui en gardez la mémoire. Marchez dans la lumière du Seigneur ! »

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