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« C’est Madame Dati qui tient l’avenir de l’église entre ses mains » : Urgences Patrimoine lance un dernier appel avant la destruction de l’église de Saint-Gault

Eglise de Saint-Gault -capture écran
Eglise de Saint-Gault -capture écran
Une validation de la mise en instance de classement d’urgence permettrait de geler toute démolition pendant un an et d’envisager, au minimum, une inscription au titre des Monuments historiques, plaçant ainsi l’édifice hors de danger


Nous avons contacté Alexandra Sobczak-Romanski, présidente d’Urgences Patrimoine à l’origine du recours déposé pour empêcher la destruction de l’église.Alors que la situation de l’église Saint-Gault continue de se dégrader à Quelaines-Saint-Gault, elle nous a fait part de son inquiétude face à l’accélération du processus de démantèlement. Hier, mardi 3 décembre, la pierre d’autel a été retirée et l’autel partiellement démonté.

Rappelons que le ministère de la Culture avait confirmé, par la voix du chef de cabinet de la ministre, David Foltz, que le dossier était examiné avec attention par les services compétents. Une décision ministérielle reste aujourd’hui la seule capable de stopper la destruction annoncée d’un édifice d’origine XIᵉ siècle.

Courrier du chef de cabinet de Rachida Dati au Ministère de la Culture

Alexandra Sobczak-Romanski nous confirme que « seule la ministre de la culture a le pouvoir de prendre cette decision et tient l’avenir de l’église entre ses mains »

Rappelons que depuis plusieurs mois, Urgences Patrimoine et l’Association pour la sauvegarde de l’église de Saint-Gault ont déposé des recours pour tenter d’empêcher cette issue. Leur démarche repose sur un constat simple : l’église peut être sauvée. Une mise hors d’eau et une mise en sécurité permettraient de stabiliser l’édifice et d’ouvrir ensuite une réflexion sur son avenir, sans urgence artificielle ni destruction irréversible.Contrairement à ce qui est régulièrement avancé, l’église Saint-Gault n’est pas une simple construction du XIXᵉ siècle. Son implantation et son noyau architectural remontent au XIᵉ siècle. Si des remaniements ont été réalisés au XIXᵉ siècle, ils ne sauraient effacer l’origine médiévale de l’édifice ni son intérêt patrimonial. Pour les associations, cette confusion chronologique entretient une minimisation de sa valeur historique.

L’argument financier avancé par la municipalité est également contesté. Environ 120 000 euros sont prévus pour la démolition de l’église et la création d’un « jardin du souvenir » à sa place. Or, des devis réalisés par des artisans locaux montrent que cette somme pourrait être affectée à des travaux de mise en sécurité et de sauvegarde de l’édifice.

Le maire s’est par ailleurs déclaré à plusieurs reprises prêt à vendre l’église pour un euro symbolique, ce qui alimente le sentiment d’incohérence dénoncé par les défenseurs du patrimoine. Rappelons que pour un euro symbolique ou dans le cadre de la mise ne place d’une cagnotte en ligne, nombreux sont les donateurs qui se disent prêts a contribuer à un tel projet de sauvegarde de l’église.

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Sur le plan institutionnel, le dossier est désormais entre les mains de l’État. Dans un courrier daté du 31 décembre, le directeur de cabinet de la ministre de la Culture, David Foltz, a indiqué que Rachida Dati avait pris connaissance de la situation avec attention et qu’elle avait transmis la demande de mise en instance de classement à la direction générale des patrimoines et de l’architecture afin qu’elle soit étudiée avec soin. Cette réponse officielle confirme que l’intérêt du ministère est réel et que la procédure de protection reste envisageable.

Une validation de la mise en instance de classement d’urgence permettrait de geler toute démolition pendant un an et d’envisager, au minimum, une inscription au titre des Monuments historiques, plaçant ainsi l’édifice hors de danger.

Précisons que les services de la DRAC ont déjà été saisis et l’Architecte des bâtiments de France a reconnu l’intérêt patrimonial de l’église ainsi que la faisabilité d’une restauration.La mobilisation dépasse aujourd’hui le cadre local. Une pétition en ligne a déjà rassemblé près de 20 000 signatures. Pour Urgences Patrimoine, l’enjeu est clair : même propriété de la commune, l’église de Saint-Gault relève du patrimoine commun et de l’histoire nationale. En Mayenne, un édifice issu du XIᵉ siècle pourrait disparaître non par nécessité technique, mais par choix. À ce stade, seule une décision ministérielle peut encore empêcher cette disparition.

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