Religieuse (+ 1947)
Née en 1869 au Soudan, dans la région du Darfour, Sainte Joséphine Bakhita, de son nom de naissance Giuseppina Bakhita, a connu dès l’enfance l’épreuve de l’enlèvement et de l’esclavage. Vendue à plusieurs reprises à des marchands d’esclaves, elle subit une servitude particulièrement cruelle avant de connaître, des années plus tard, la libération.Arrivée en Italie, elle découvre la foi chrétienne, reçoit le baptême et entre chez les Filles de la Charité. Elle mène ensuite une vie religieuse discrète et fidèle, principalement à Schio, dans la région de Vicence, où elle se consacre aux tâches quotidiennes et au service des plus modestes. Surnommée affectueusement « la Mère Noire » par ceux qui la côtoyaient, elle laisse le souvenir d’une religieuse marquée par la bonté et une profonde paix intérieure. Elle s’éteint le 8 février 1947.

La reconnaissance ecclésiale de son témoignage intervient progressivement. Le pape Jean Paul II la béatifie le 17 mai 1992, avant de la canoniser le 1er octobre 2000. Son parcours, de l’esclavage à la vie consacrée, est souvent présenté comme un signe d’espérance pour les peuples marqués par la souffrance et l’injustice.En 1931 paraît un ouvrage intitulé Histoire merveilleuse, retraçant sa vie et illustré de photographies. Le livre rencontre un large public et contribue à faire connaître son histoire bien au-delà des cercles religieux. Aujourd’hui encore, la mémoire liturgique de sainte Joséphine Bakhita rappelle le destin d’une femme qui, libérée de la servitude, a choisi de consacrer son existence au Christ et au service des autres.
Dans un message de février 2019 consacré à la lutte contre l’esclavage moderne, le pape Pape François a invité à se laisser inspirer par son exemple, soulignant que son itinéraire manifeste la possibilité d’une libération intérieure et spirituelle, même après les violences les plus extrêmes. Dans cette perspective, de nombreux fidèles demandent son intercession lorsqu’ils prient pour que cesse l’esclavage sous ses formes contemporaines.
Parmi les paroles qui lui sont attribuées, cette prière résume l’élan missionnaire qui habitait son cœur, tournée vers son peuple et sa terre d’origine :
« Ô Seigneur, si je pouvais voler là-bas, auprès de mes gens et prêcher à tous à grands cris ta bonté, oh, combien d’âmes je pourrais te conquérir. Tout d’abord ma mère et mon père, mes frères, ma sœur encore esclave, tous, tous les pauvres Noirs de l’Afrique. Fais, ô Jésus, qu’eux aussi te connaissent et t’aiment. »
La figure de sainte Joséphine Bakhita demeure ainsi associée à la mémoire des victimes de l’esclavage et à l’espérance chrétienne d’une dignité humaine restaurée.
Avec nominis


