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EVENEMENT : Saint-Brieuc inaugure la cathédrale Saint-Étienne restaurée après sept années de travaux

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Mercredi 11 février 2026, Monseigneur Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, inaugurera officiellement la cathédrale Saint-Étienne restaurée, au terme de sept années de travaux conduits dans le cadre du plan France Relance, marquant l’aboutissement d’un vaste chantier patrimonial

Après plusieurs années d’intervention, la Cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc retrouve son unité architecturale et sa lisibilité extérieure. Le chantier, engagé dans le cadre du plan France Relance, a principalement porté sur la restauration des élévations sud, ouest et nord. Les façades ont fait l’objet d’un nettoyage approfondi, d’une reprise des maçonneries altérées, de la réfection des joints et du remplacement ponctuel de pierres trop dégradées. Certaines parties fragilisées par les intempéries ont été consolidées afin d’assurer la pérennité de l’édifice.La campagne a également permis d’intervenir sur les éléments sculptés extérieurs, de sécuriser certaines parties en hauteur et d’améliorer l’accessibilité du monument pour le public. L’objectif était à la fois de préserver la structure, de prévenir les infiltrations et de redonner cohérence et éclat à l’ensemble architectural, sans altérer son identité historique.

Engagée depuis 2009, la restauration de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc s’est déroulée en plusieurs phases successives, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’édifice. Les premiers travaux ont concerné le chœur et la chapelle axiale, dont les peintures murales et les décors ont été restaurés, redonnant à l’ensemble sa luminosité d’origine. Cette campagne, achevée en 2020 après plusieurs mois de fermeture, a mis en valeur le chevet gothique à trois niveaux, considéré comme l’un des éléments architecturaux les plus remarquables du monument.

À partir de 2022, les travaux se sont concentrés sur les façades extérieures, d’abord les pans ouest et sud, puis la façade nord en 2024. Les échafaudages, qui représentaient près de 70 tonnes de structures métalliques, ont finalement été démontés, révélant les élévations restaurées. Le coût total de l’opération, financée par l’État, avoisine les trois millions d’euros. D’autres interventions ont également eu lieu,notamment la restauration de la sacristie et la révision de l’orgue, signe qu’un monument historique demeure en permanence un chantier de vigilance et de transmission.

Rappelons que l’histoire de la cathédrale plonge ses racines au VIe siècle, lorsque, selon la tradition, saint Brieuc établit un premier oratoire près de l’estuaire du Gouët. Aux XIIe et XIIIe siècles, une cathédrale en pierre fut édifiée, d’abord dans un style roman, puis enrichie d’éléments gothiques. Sous l’épiscopat de Guillaume Pinchon, canonisé en 1247, l’édifice acquit un rayonnement particulier.Le XIVe siècle fut marqué par les guerres de succession de Bretagne. Endommagée en 1346 puis incendiée en 1353, la cathédrale souffrit également de son rôle défensif, sa tour nord servant de donjon. La reconstruction fut rapidement engagée, notamment par l’évêque Guy de Montfort, qui fit rebâtir le chœur en réemployant les pierres de l’ancien édifice. Au XVe siècle, de nouvelles campagnes enrichirent l’ensemble, notamment avec la chapelle haute du pignon sud, exemple notable de gothique flamboyant.

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Aux XVIe et XVIIe siècles, après les troubles des Guerres de la Ligue, des réparations importantes furent menées. Au XVIIIe siècle, la nef fut reconstruite dans un style classique. La Révolution française entraîna des destructions et des usages profanes qui dégradèrent profondément l’édifice. Le XIXe siècle ouvrit une période de restauration décisive, notamment après le Concordat de 1801 qui réorganisa la carte diocésaine.

Siège du Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, la cathédrale demeure le centre spirituel des Côtes-d’Armor. Elle continue d’accueillir les grandes célébrations diocésaines sous la conduite de Monseigneur Denis Moutel.L’inauguration du 11 février 2026, en présence de François de Keréver, préfet des Côtes-d’Armor et de Hervé Guihard, maire de Saint-Brieuc, ne marque donc pas seulement la fin d’un chantier technique. Elle vient rappeler que cet édifice, façonné par les siècles, restauré à de multiples reprises et transmis de génération en génération, demeure un témoin vivant de l’histoire religieuse, culturelle et civique de Saint-Brieuc.

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