Les espoirs des chrétiens progressistes au sein de l’Eglise d’Angleterre ont subi un sérieux revers. Réuni jeudi 12 février 2026 à Londres, le Synode général, organe délibérant de l’Église, a décidé de suspendre les travaux engagés en matière d’égalité des personnes LGBTQ+, après des années de débats internes particulièrement vifs.
Le vote est net. Par 252 voix contre 132, avec 21 abstentions, les membres du Synode ont approuvé un document des évêques constatant l’impossibilité de parvenir à un consensus entre conservateurs et libéraux. Cette décision met fin, pour l’heure, aux efforts visant à promouvoir une plus grande acceptation des personnes LGBTQ au sein de l’Église, y compris la bénédiction des mariages entre personnes de même sexe.Il s’agit d’un premier revers pour Sarah Mullally, archevêque de Cantorbéry, qui s’était montrée favorable à une évolution pastorale sur ces questions. Après le vote, elle a reconnu que la décision avait « laissé des blessures en nous en tant qu’individus et en tant qu’Église », signe de la profondeur des divisions internes.
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Depuis plusieurs années, la hiérarchie anglicane cherchait à trouver une voie médiane entre fidélité à l’enseignement traditionnel sur le mariage et prise en compte des demandes d’une partie des fidèles en faveur d’une reconnaissance accrue des couples de même sexe. Les discussions ont donné lieu à des rapports théologiques et à de longues consultations, sans réussir à rapprocher durablement les positions.Les milieux conservateurs estiment que la décision protège la doctrine classique du mariage, défini comme l’union d’un homme et d’une femme. Les progressistes, au contraire, voient dans ce vote un coup d’arrêt brutal à un processus qu’ils espéraient voir aboutir.
Le Synode général, composé d’évêques, de membres du clergé et de laïcs, constitue l’instance suprême de gouvernement de l’Église d’Angleterre. En choisissant de suspendre les travaux, il acte une impasse théologique et pastorale qui fragilise davantage l’équilibre interne de la communion anglicane.
Ce vote ne clôt pas définitivement le débat, mais il marque une pause lourde de conséquences pour l’avenir des discussions au sein de l’Église d’Angleterre.


