Le 18 février prochain, avec le Mercredi des Cendres, les catholiques du monde entier entreront dans le temps du Carême. Cette période liturgique s’achèvera au soir du 4 avril 2026, lors du Samedi saint, veille de la célébration de Pâques. Il s’agit du calendrier commun de l’Église universelle.Quarante jours sont donnés aux fidèles pour se préparer à la Résurrection du Christ par la prière, la pénitence, le jeûne et les œuvres de charité. Ce temps fait mémoire des quarante jours passés par le Christ au désert et conduit à la Semaine sainte, durant laquelle l’Église commémore la Passion et la mort du Seigneur sur la croix avant de célébrer sa résurrection.
Le diocèse de Paris vivra ce temps de conversion avec une intensité particulière. En 2026, 786 catéchumènes adultes recevront le baptême au jour de Pâques, contre 671 en 2025 et 522 en 2024. Ils sont issus de 94 paroisses parisiennes sur les 106 que compte le diocèse, ainsi que de cinq communautés étrangères.Au début du Carême, tous seront appelés personnellement par Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Paris, lors de l’Appel décisif, le samedi 21 février, à 10h et à 15h, à la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Chacun sera appelé par son nom.
À leur arrivée dans la cathédrale, ils recevront une écharpe violette, signe de leur désir de conversion. Leurs noms seront inscrits sur des registres confiés à des communautés contemplatives de la capitale, qui les porteront dans la prière jusqu’à Pâques. La grande majorité d’entre eux seront baptisés lors de la vigile pascale, le samedi 3 avril au soir.Parmi les outils proposés aux paroisses, le service communication du diocèse de Paris met à disposition un livret original de 76 pages au format tête-bêche, réunissant deux ouvrages complémentaires en un seul volume.D’un côté, Mon livre de prières, pour nourrir la prière quotidienne à travers des textes simples et accessibles. De l’autre, Mon livre de messe, pour découvrir, comprendre et mieux vivre chaque étape de la célébration eucharistique.
Rappelons que par leur nombre et par la force de leur démarche, ces catéchumènes témoignent d’un dynamisme réel de la vie chrétienne à Paris. Leur engagement manifeste un mouvement de fond et invite l’Église à réfléchir à l’accueil et à l’accompagnement des nouveaux baptisés
Aussi le 11 avril 2025, les évêques de la province ecclésiastique de Paris avaient annoncé la tenue d’un concile provincial sur le thème : « catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses ». Il s’étendra de la fête de la Sainte Trinité 2026 jusqu’à l’été 2027.Ce concile se déploiera en trois temps. Une phase de consultation, ouverte aux néophytes, aux catéchumènes, à leurs accompagnateurs, aux prêtres et aux paroissiens, débutera le 25 janvier 2026, fête de la conversion de saint Paul, et s’achèvera le 1er juillet 2026. Une phase de délibération suivra, marquée par trois sessions de l’assemblée conciliaire, à partir de l’ouverture solennelle le 31 mai 2026, jusqu’à la fin mai 2027. Enfin, une phase de réception des décisions interviendra dans chaque diocèse après l’obtention de la recognitio romaine, possiblement à partir de la Toussaint 2027.
Lire aussi
Le père Maximilien de la Martinière, secrétaire général du concile provincial, souligne qu’il s’agira du premier concile organisé par la province d’Île-de-France. Sans être comparable par son ampleur à un concile œcuménique, il constitue néanmoins un événement ecclésial important. L’ambition affichée est de contribuer à la transformation des paroisses afin qu’elles deviennent davantage « catéchuménales », attentives à accueillir, accompagner et intégrer ceux qui demandent le baptême.
Mais au-delà des chiffres et des dynamiques pastorales, le Carême possède une signification profondément théologique
Il ne s’agit pas d’un simple effort moral ni d’une période d’intensification religieuse. Le Carême conduit au mystère pascal, à la Passion, à la Croix et à la Résurrection. Il est un chemin de dépouillement pour entrer plus pleinement dans la vie du Christ.Saint Jean de la Croix l’exprime avec radicalité lorsqu’il écrit : « Pour venir à goûter tout, ne cherche à avoir goût en rien. Pour venir à posséder tout, ne cherche à posséder quelque chose en rien. » Ce dépouillement n’est pas une négation du monde, mais une purification du cœur afin que Dieu y soit premier. Le jeûne chrétien n’a de sens que s’il ouvre à une plus grande charité et à une union plus intime avec le Christ crucifié et ressuscité.En cela, le Carême se distingue nettement d’autres pratiques de jeûne religieux, notamment du Ramadan. Si le Ramadan constitue pour les musulmans un temps d’observance, de discipline et de solidarité communautaire, le Carême chrétien est intrinsèquement orienté vers un événement unique : la Pâque du Christ, sa mort et sa Résurrection, qui ouvrent à la participation à la vie divine par la grâce.
Le jeûne chrétien n’est pas d’abord l’accomplissement d’un précepte, mais une participation au mystère de la Croix, dans l’attente de la lumière pascale.Ainsi, ces quarante jours ne sont pas seulement une tradition annuelle. Ils sont une traversée spirituelle, une montée vers Jérusalem, un passage intérieur qui prépare les cœurs à recevoir la vie nouvelle donnée au matin de Pâques.


