Jésuite, confesseur de sainte Marguerite-Marie (+ 1682)
À Paray-le-Monial, en Bourgogne, l’an 1682, s’éteint à 41 ans un jésuite dont la mission aura marqué durablement la piété catholique, Claude La Colombière. Prêtre de la Compagnie de Jésus, homme de prière et directeur d’âmes sûr et droit, il fut l’instrument choisi pour authentifier et diffuser dans l’Église le message du Cœur du Christ confié à Marguerite-Marie Alacoque.
Né près de Lyon dans une famille bourgeoise, Claude entre à 17 ans dans la Compagnie de Jésus. Sa formation s’inscrit dans la tradition spirituelle de Ignace de Loyola, marquée par le discernement, l’obéience et le don total de soi. En 1674, après sa profession solennelle, il est envoyé au petit collège de Paray-le-Monial. Il devient confesseur du monastère de la Visitation. Il a 34 ans. La supérieure lui confie alors une religieuse timide et éprouvée, qui affirme avoir reçu des révélations du Cœur de Jésus.
Entre le jésuite et la visitandine, la compréhension est immédiate. Marguerite-Marie avait entendu cette parole intérieure : « Je t’enverrai mon fidèle serviteur et parfait ami. » En Claude La Colombière, elle reconnaît cet appui attendu.
Le discernement du père jésuite est déterminant. Il ne se laisse ni emporter par l’enthousiasme, ni par la méfiance systématique. Il écoute, examine, prie. Convaincu de l’authenticité des révélations, il soutient la religieuse et l’encourage à rester fidèle aux demandes du Christ. Par lui, le culte du Cœur transpercé commence à trouver un écho plus large dans l’Église.
Sa spiritualité unit la rigueur ignatienne à la douceur confiante de François de Sales. Zèle apostolique et abandon filial s’y rejoignent. En 1675, Claude est nommé prédicateur de la duchesse d’York et part pour l’Angleterre. Le climat y est hostile aux catholiques. Deux ans plus tard, victime de calomnies dans le contexte des tensions religieuses, il est arrêté puis banni. Déjà atteint par la tuberculose, il revient à Paray-le-Monial, épuisé. Marguerite-Marie l’avait prévenu : « Notre-Seigneur m’a dit qu’il voulait le sacrifice de votre vie en ce pays. » La prophétie s’accomplit. Il meurt en 1682, consumé par la maladie et par le don de lui-même.
Ses écrits spirituels révèlent une âme lucide sur ses propres faiblesses et profondément abandonnée à Dieu. Dans ses Retraites, il confie :
« A tout moment, j’attrape ces folles passions qui agitent ce pauvre cœur… Je demande à Dieu qu’il me fasse connaître ce que je dois faire pour son service et pour me purifier ; mais je suis résolu d’attendre avec douceur qu’il lui plaise faire cette merveille, car je suis bien convaincu que cela n’appartient qu’à lui seul. »
On y perçoit le combat intérieur, mais aussi la paix de celui qui sait que la sainteté n’est pas œuvre humaine, qu’elle est grâce reçue dans l’humilité.À Paray-le-Monial, sa mémoire demeure inséparable du rayonnement du Sacré-Cœur. Il a dirigé de nombreux fidèles vers l’amour de Dieu par des conseils sûrs et droits, enracinés dans la prière. Patron de la paroisse Saint-Claude en Val d’Ozon, saint Claude La Colombière demeure pour l’Église le modèle du directeur spirituel fidèle, prudent et courageux, prêt à offrir sa vie pour que le Cœur du Christ soit connu et aimé.
Avec nominis


