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Saint Alexis Falconieri

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Leur projet est celui d’une vie fraternelle tournée vers Dieu, à l’image de la Mère du Christ, dans la contemplation et la disponibilité apostolique.

et les fondateurs des Servites ( + 1310 )

Au début du XIIIe siècle, alors que Florence connaît un essor commercial remarquable, sept marchands florentins prennent une décision qui surprend leurs contemporains. Parmi eux, Alexis Falconieri. Tous sont âgés d’environ trente à trente-cinq ans. Tous jouissent d’une situation honorable. Mais ils choisissent de quitter les affaires pour se consacrer entièrement au service de l’Église et de la Vierge Marie.Ce geste n’est pas une rupture spectaculaire, mais un retrait silencieux. Les sept amis se retirent sur le mont Senario, non loin de Florence. Ils y construisent de simples huttes de bois, s’adonnent à la prière, au travail manuel, et adoptent une vie pénitente. À tour de rôle, ils prennent la besace pour mendier, cherchant à partager la condition des plus pauvres. Ceux qui se souvenaient de leur prospérité passée ne manquent pas de les humilier. Ils acceptent ces épreuves comme un chemin d’abaissement évangélique.

Il est significatif qu’ils n’aient pas d’abord songé à fonder un ordre religieux. Leur projet est celui d’une vie fraternelle tournée vers Dieu, à l’image de la Mère du Christ, dans la contemplation et la disponibilité apostolique. C’est l’Église qui, reconnaissant la fécondité de leur exemple, les conduit à structurer leur communauté. Rome leur impose une forme stable. Ils adoptent la règle de saint Augustin et prennent le nom de « Servites », c’est-à-dire « Serviteurs de Marie ».Cette dévotion mariale marque profondément leur identité. Ils contemplent en la Vierge l’humilité, l’obéissance et la fidélité au pied de la Croix. Dans une société travaillée par les rivalités politiques et les tensions sociales, leur choix d’une fraternité enracinée dans la prière apparaît comme un signe clair d’attachement à l’essentiel.

Un même lien de charité unit ces hommes durant toute leur vie. Cette unité se prolonge après leur mort. Le peuple chrétien les vénère ensemble, comme un seul témoignage de fidélité. Leurs corps reposent au mont Senario, dans un même sépulcre, comme pour sceller jusque dans la mort la communion qui les a portés.En 1888, le pape Léon XIII les canonise collectivement sous les noms de Bonfils, Bienvenu, Manet, Amédée, Hugues, Sosthène et Alexis. L’Église reconnaît ainsi non seulement des vertus personnelles, mais une œuvre commune, née d’une amitié sanctifiée.Ils sont commémorés ensemble le jour où serait mort centenaire le dernier d’entre eux, Alexis Falconieri, en 1310. La liturgie honore cette mémoire collective, soulignant que la sainteté peut être vécue en fraternité, dans une fidélité partagée et persévérante.

La piété des Servites s’inscrit dans le vaste mouvement de dévotion mariale qui traverse l’Italie du XIIIe siècle. Les laudes italiennes de cette époque traduisent l’élan du cœur chrétien :« Fais-moi chanter l’amour de la Bienheureuse, de la Dame qui se réjouit du Christ. Donne-moi réconfort, Mère du Bel Amour et mets feu et flamme en mon cœur. Confortez-vous en grande allégresse, vous qui avez grande espérance en Dieu. Voici la Madone et son Fils. Ne sommes-nous point en sûreté ! »

Ces vers expriment la confiance filiale qui caractérise l’esprit servite. La Vierge n’est pas seulement honorée, elle est invoquée comme Mère du Bel Amour, soutien dans l’épreuve, source de consolation et de ferveur.

Dans un monde où la réussite matérielle tend déjà à s’imposer comme mesure du succès, Alexis Falconieri et ses compagnons rappellent, par leur renoncement volontaire, que la vraie liberté se trouve dans le service de Dieu. Leur témoignage, sobre et fraternel, demeure un appel à replacer la vie chrétienne sous le regard de la Vierge Marie, dans la fidélité à l’Église et l’humilité du quotidien.

Avec nominis

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