Martyr à Rome (+ 286)
l’Église fait mémoire de saint Gabin de Rome, prêtre honoré comme martyr, dont la figure appartient aux premières générations chrétiennes de la Ville éternelle. Sa mémoire, enracinée dans la tradition romaine, demeure associée à la basilique Sainte-Suzanne et aux persécutions de la fin du IIIᵉ siècle.Selon une tradition ancienne, saint Gabin, également appelé Gabinus, était le frère du pape saint Caïus et le père de sainte Suzanne. Il aurait exercé le ministère sacerdotal à Rome et subi l’épreuve de la persécution sous l’empereur Dioclétien. Longtemps détenu en prison, il serait mort pour la foi vers l’an 286, offrant ainsi le témoignage suprême du martyre.
Cette version, transmise par la tradition hagiographique, met en lumière la proximité de Gabin avec les premières autorités ecclésiales romaines et avec une famille chrétienne profondément enracinée dans la foi. Dans ce contexte, le martyre apparaît comme l’expression d’une fidélité totale au Christ, au moment où la confession de foi exposait les chrétiens aux plus graves sanctions.D’autres sources proposent toutefois une lecture plus nuancée. Elles évoquent un prêtre romain réputé pour sa sainteté, mais qui n’aurait pas connu une mort violente. Son renom spirituel et le fait qu’il ait été enseveli dans la basilique de Sainte-Suzanne à Rome lui auraient valu une vénération particulière. Être inhumé dans un tel lieu constituait un honneur notable dans l’Antiquité chrétienne et témoignait d’une reconnaissance ecclésiale durable. C’est sans doute cette estime qui a conduit à son inscription dans le martyrologe.
La mémoire liturgique de saint Gabin illustre ainsi la manière dont l’Église antique a conservé et transmis le souvenir de ses pasteurs. Qu’il ait subi le martyre au sens strict ou qu’il ait été honoré pour une vie sacerdotale exemplaire, son nom demeure attaché à la fidélité dans un temps d’épreuve.En faisant mémoire de saint Gabin, l’Église rappelle que la sainteté sacerdotale, qu’elle s’achève dans le martyre sanglant ou dans le témoignage quotidien, demeure un fondement de la vie chrétienne. Sa figure, discrète mais enracinée dans la tradition romaine, invite à redécouvrir la constance et le courage des premiers pasteurs de l’Église.
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