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Une église profanée au Congo : hosties renversées et bâtiment vandalisé

Les évêques congolais avec le Nonce apostolique - capture écran
Les évêques congolais avec le Nonce apostolique - capture écran
L’église paroissiale de Bulé, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a été profanée et vandalisée dans la nuit du 15 au 16 février. Le tabernacle a été ouvert, des hosties consacrées renversées et le presbytère pillé, sur fond d’affrontements armés persistants

Dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 février, des individus non identifiés ont pris pour cible l’église paroissiale de Bulé. Selon l’Agence Fides, les assaillants ont arraché les volets avant de pénétrer dans l’édifice. À l’intérieur, le tabernacle a été ouvert et les hosties consacrées renversées. Le système de sonorisation a été emporté et le presbytère pillé. Les faits relèvent à la fois du vandalisme et de la profanation, puisqu’ils ont touché des éléments centraux du culte catholique. À ce stade, aucune revendication n’a été formulée et les responsables ne sont pas identifiés.

Ces événements surviennent dans une zone marquée par des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et les combattants de la Convention pour la révolution populaire.La création de la CRP a été annoncée en mars 2025 à Kampala par Thomas Lubanga, ancien chef de guerre condamné par la Cour pénale internationale à quatorze ans de prison avant sa libération en 2020. Selon les autorités de Kinshasa, ce mouvement entretiendrait des liens avec le Mouvement du 23 mars, actif dans l’est du pays.

L’armée congolaise affirme avoir repris le contrôle de Bulé après des combats ayant fait plusieurs morts parmi les rebelles. La population civile demeure exposée aux pillages, aux déplacements forcés et à une insécurité chronique.

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Dans cette partie de la République démocratique du Congo, il n’existe pas d’éléments établissant une campagne idéologique structurée visant spécifiquement les chrétiens en raison de leur foi. Les violences relèvent d’abord de dynamiques armées, ethniques et territoriales. Cependant, dans un contexte où la majorité de la population est chrétienne, les églises et les responsables religieux se retrouvent en première ligne. Les lieux de culte servent souvent de refuges lors d’attaques de villages et peuvent être pillés ou endommagés. Des prêtres et des religieux ont été enlevés ces dernières années dans l’est du pays, et certaines paroisses ont été contraintes d’interrompre leurs activités à la suite de violences.La profanation de l’église de Bulé s’inscrit dans cette réalité d’insécurité persistante qui affecte directement la vie ecclésiale locale.

La situation congolaise s’inscrit dans un tableau plus large en Afrique subsaharienne. Au Nigeria, les communautés chrétiennes sont confrontées depuis plusieurs années à des violences répétées.

Dans certaines régions du nord et du centre du pays, des groupes armés tels que Boko Haram et la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest ont revendiqué des attaques contre des églises et des villages majoritairement chrétiens. Des prêtres ont été enlevés contre rançon, d’autres ont été assassinés après leur captivité. Par ailleurs, des violences intercommunautaires impliquant des milices locales ont entraîné la mort de nombreux fidèles.Les contextes diffèrent entre la République démocratique du Congo et le Nigeria, mais un constat demeure : dans plusieurs pays africains, les chrétiens figurent parmi les populations vulnérables lorsque l’autorité de l’État est affaiblie et que des groupes armés imposent leur loi.La profanation de l’église de Bulé, sans être revendiquée comme un acte explicitement antichrétien, rappelle ainsi la fragilité des communautés chrétiennes dans des zones où l’insécurité s’installe durablement.

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