Le passage du cyclone Gezani a laissé derrière lui un paysage de désolation, notamment dans la ville de Tamatave et dans plusieurs zones du centre de Madagascar. Face à l’ampleur des dégâts, l’Église catholique s’est organisée sans tarder pour venir en aide aux familles qui ont tout perdu. De passage à Rome, l’Évêque de Moramanga, Rosario Vella, SDB, a décrit à l’Agence Fides la gravité de la situation : « Ce fut un moment très difficile pour la population, tout comme pour l’ensemble de la communauté chrétienne, étant donné que la plupart des églises ont subi des dégâts considérables. Une église de Tamatave a été complètement découverte et les tôles ont été détruites. ».
Le prélat précise que le cyclone, formé dans le Pacifique, a frappé Tamatave avec une violence extrême, accompagné de pluies torrentielles et de vents soufflant entre 240 et 245 km/h. Entre 75 % et 80 % des habitations auraient été gravement endommagées, en particulier dans les quartiers les plus pauvres.

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« Toutes les zones périphériques, ou plutôt pauvres, de la ville, où les maisons ne sont pas en maçonnerie mais le plus souvent des cabanes en bois ou en paille, ont été littéralement balayées », poursuit l’évêque salésien. Devant l’urgence humanitaire, la réaction de l’Église a été immédiate : « Nous nous sommes immédiatement mobilisés, non seulement pour les habitations, mais aussi et surtout pour les familles qui ont pratiquement tout perdu. Dans tous les diocèses, par l’intermédiaire des différentes Caritas diocésaines et nationales, des collectes d’argent, de denrées alimentaires, de vêtements et de tout autre matériel utile à la vie quotidienne ont été organisées. »
L’évêque souligne également une évolution dans la réponse institutionnelle : « Même l’État, qui en général fait très peu dans ces cas-là, semble cette fois-ci s’être vraiment mobilisé et nous espérons que cette collaboration portera ses fruits. »
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Si le diocèse de Moramanga, situé à environ 200 kilomètres de la zone la plus touchée, a été relativement épargné, les dommages restent sensibles. « Mon diocèse est limitrophe de la zone touchée mais, grâce à Dieu, comme il se trouve à environ 200 kilomètres, il a subi un impact moindre. Certaines églises ont été complètement détruites, d’autres sont endommagées. Dans une communauté de religieuses, l’école a également été gravement endommagée et certains bâtiments ont été complètement détruits. » À son retour, l’évêque prévoit de se rendre dans les zones sinistrées afin de manifester concrètement la proximité pastorale de l’Église. Cette mobilisation s’inscrit dans une histoire ecclésiale ancienne et profondément enracinée dans la société malgache. Présente sur l’île depuis la fin du XVIe siècle, l’Église catholique a connu des périodes de mission, de persécutions et de renouveau. La mission jésuite fondée en 1844 marque une étape décisive, tout comme la proclamation de la liberté religieuse en 1861 après les années de répression sous la reine Ranavalona Ire.
Aujourd’hui, l’Église catholique à Madagascar rassemble entre quatre et cinq millions de fidèles, soit environ un cinquième de la population. Le pays est structuré en cinq archidiocèses et vingt-deux diocèses, couvrant l’ensemble du territoire. Cette organisation explique la rapidité avec laquelle les diocèses et les Caritas locales ont pu coordonner l’aide d’urgence. Dans un paysage religieux où les Églises chrétiennes jouent un rôle influent dans la vie publique, l’Église catholique demeure un acteur majeur de la vie sociale, éducative et caritative. Après le passage du cyclone Gezani, elle apparaît une nouvelle fois comme un soutien concret et spirituel pour des milliers de familles éprouvées.


