En ce 15 octobre, l’Église célèbre la mémoire de sainte Thérèse de Jésus, plus connue sous le nom de Thérèse d’Avila, réformatrice du Carmel et docteur de l’Église. Née en 1515 à Avila, en Castille, dans une famille noble, Thérèse de Ahumada entre à vingt ans au couvent de l’Incarnation. Très vite, elle se rend compte de la tiédeur spirituelle qui règne dans son ordre et désire un retour à la rigueur de la Règle primitive.Contre vents et marées, elle entreprend une réforme courageuse du Carmel, fondant en 1562 le premier couvent de carmélites déchaussées à Avila. Soutenue par son évêque, mais souvent incomprise, elle persévère avec une énergie et une foi inébranlables. Sa rencontre avec saint Jean de la Croix, mystique et réformateur du Carmel masculin, sera déterminante dans la mise en œuvre de cette réforme spirituelle et communautaire.
Thérèse de Jésus connut des expériences mystiques d’une intensité exceptionnelle, dont la plus célèbre reste la transverbération, décrite dans ses écrits et immortalisée par Le Bernin dans la chapelle Cornaro à Rome. Ces grâces mystiques ne furent jamais pour elle une fin en soi, mais un moyen d’aimer davantage le Christ et de servir son Église.
Les œuvres de sainte Thérèse comptent parmi les plus grands trésors de la spiritualité chrétienne. Dans Le Livre de la vie, elle retrace son itinéraire intérieur et livre son expérience de la miséricorde divine. Le Chemin de la perfection est un guide destiné à ses sœurs pour les aider à vivre la prière et la fraternité au quotidien. Enfin, Le Château intérieur, œuvre de maturité rédigée en 1577, propose une véritable topographie de l’âme, appelée à cheminer, pièce après pièce, vers la demeure centrale où réside Dieu lui-même.
Le pape Paul VI la proclama docteur de l’Église en 1970, reconnaissant ainsi la profondeur théologique et spirituelle de son enseignement.Lors d’une catéchèse donnée le 2 février 2011, le pape Benoît XVI soulignait combien la spiritualité thérésienne demeure d’actualité :« Sainte Thérèse d’Avila est un maître de vie chrétienne pour les fidèles de tout temps. Dans une société souvent pauvre de spiritualité, elle nous apprend à être des témoins constants de Dieu, de sa présence et de son action. »
Le pape insistait sur la centralité de la prière dans sa vie, rappelant que pour Thérèse, la prière n’est pas un refuge mais un engagement d’amour : « Il ne s’agit pas de temps perdu, mais d’un moment d’ouverture sur le chemin qui conduit à la vie, un moment pour apprendre de Dieu ce qu’est un amour ardent pour lui et son Église. »
Sainte Thérèse d’Avila a laissé à l’Église un héritage spirituel d’une immense fécondité. Sa vie unit contemplation et action, amour de Dieu et service du prochain. Son enseignement, nourri d’une profonde humanité, continue d’inspirer ceux qui cherchent à vivre une foi incarnée, enracinée dans la prière et ouverte à la mission.Elle s’éteint à Alba de Tormes en 1582, laissant derrière elle une œuvre spirituelle et réformatrice qui marquera durablement l’histoire du Carmel et de l’Église universelle.« Qu’il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose ! » Sainte Thérèse d’Avila, Chemin de la perfection.
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