La station Maryam-e Moghaddas, située sur la ligne 6 du métro de Téhéran, a été inaugurée en présence du maire Alireza Zakani, d’ingénieurs du réseau métropolitain et de membres des communautés chrétiennes arménienne et assyrienne. Parmi les religieux identifiés, l’archevêque latin Dominique Joseph Mathieu était présent, un geste symbolique dans un pays où les minorités chrétiennes reconnues disposent de droits officiels mais restent rarement mises en avant lors d’événements publics de cette ampleur.
L’intérieur de la station se distingue par sa forte dimension religieuse, les murs étant ornés de bas-reliefs représentant la Vierge Marie et l’Enfant Jésus, ainsi qu’une colombe symbolisant l’Esprit Saint.
🚨⚡️[ VIDEO ] La station de métro dédiée à la Sainte Vierge, officiellement inaugurée à Téhéran
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) November 30, 2025
🔴Dans la capitale iranienne, l’ouverture d’une station portant le nom de la Sainte Vierge Marie a réuni des représentants civils et religieux, offrant une image inédite de… pic.twitter.com/Oorl1OlNdw
Des éléments inspirés de l’architecture arménienne décorent l’ensemble et une statue monumentale de Marie portant l’Enfant a été installée à l’entrée. L’endroit associe ainsi art sacré et modernité urbaine d’une manière inhabituelle dans un pays dont les symboles publics sont majoritairement islamiques.Pour la municipalité, cette inauguration constitue un signe de coexistence et de respect envers une figure vénérée dans le christianisme comme dans l’islam chiite. Elle survient pourtant dans un climat où les critiques internationales à l’égard du traitement réservé aux chrétiens convertis restent nombreuses. L’événement n’en est pas moins significatif pour les communautés chrétiennes historiques, notamment arméniennes et assyriennes, qui voient leur place reconnue dans l’espace public, à quelques pas de la cathédrale Saint-Sarkis.
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La présence chrétienne en Iran remonte aux premiers siècles de notre ère, bien avant l’arrivée de l’islam. Les Arméniens et les Assyriens y ont établi des Églises, des écoles et un patrimoine culturel dense, dont subsistent encore aujourd’hui des monastères, des cathédrales et des quartiers historiques. Les chrétiens officiellement reconnus représentent un peu plus de cent mille personnes, principalement des Arméniens, des Assyriens et des Chaldéens. Si l’on inclut les conversions non reconnues par l’État, certaines estimations évoquent plusieurs centaines de milliers de fidèles supplémentaires, bien que ces communautés vivent souvent dans la discrétion en raison des restrictions légales qui pèsent sur les activités religieuses en persan.Dans le cadre juridique actuel, les minorités chrétiennes historiques bénéficient d’un statut officiel leur garantissant certains droits, comme des sièges réservés au Parlement.
Les chrétiens issus de conversions, eux, évoluent dans un contexte bien plus délicat, marqué par une surveillance étroite et par le risque de poursuites.
Cette dualité explique la situation contrastée des chrétiens en Iran, entre reconnaissance institutionnelle et fragilité quotidienne selon les appartenances.L’inauguration de la station Sainte-Vierge-Marie s’inscrit ainsi dans un paysage complexe. Elle représente un geste d’ouverture et un hommage à l’héritage chrétien du pays, tout en rappelant la diversité et les tensions qui façonnent aujourd’hui la vie des croyants en Iran.


