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Saint Silvère, pape et martyr

Dès son accession au siège de Rome, saint Silvère s’efforça de préserver la ville d’un affrontement sanglant

58e successeur de Pierre (536-537)

La mémoire liturgique de saint Silvère, célébrée le 20 juin, rappelle la figure d’un pape dont le court pontificat fut marqué par des tensions politiques et doctrinales d’une rare intensité. Élu peu avant la prise de Rome par les troupes byzantines du général Bélisaire, il se trouva immédiatement placé au cœur d’un conflit où se mêlaient les ambitions impériales et les débats christologiques qui divisaient encore l’Orient.

Dès son accession au siège de Rome, saint Silvère s’efforça de préserver la ville d’un affrontement sanglant. Les sources rapportent qu’il contribua à éviter une effusion de sang lors de l’entrée de l’armée byzantine, signe d’un souci pastoral constant dans une période troublée.Cependant, sa défense de l’orthodoxie nicéenne face aux pressions venues de Constantinople allait rapidement lui attirer la disgrâce. Une partie des élites byzantines demeurait proche des positions monophysites, et l’empereur comme l’impératrice Théodora souhaitaient le rétablissement du patriarche Anthime, condamné précédemment pour hérésie. Silvère s’y opposa fermement, refusant de valider une décision qu’il jugeait contraire à la foi transmise par ses prédécesseurs, notamment par le pape saint Agapit.

Accusé de haute trahison, le pape fut déposé et envoyé en exil. Théodora ordonna son éloignement, d’abord vers l’Orient, puis dans un îlot rocheux au large de Naples, identifié par la tradition comme l’île de Palmarola, dans l’archipel des Pontines. Selon les témoignages rapportés, il y fut retenu dans des conditions très dures. Certains récits évoquent la faim et l’épuisement comme causes de sa mort. C’est là, loin de Rome, que Silvère remit son âme à Dieu en 537, quelques mois seulement après avoir accepté d’abdiquer pour éviter un nouveau schisme.Contrairement à l’usage réservé aux papes, son corps ne fut pas ramené à Rome. Sa mémoire demeure attachée à Palmarola, où les fidèles se souviennent de lui comme d’un pasteur demeuré ferme dans la confession de la foi malgré les pressions politiques. Une mosaïque dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs rappelle aujourd’hui encore son visage et son témoignage.

Silvère reste dans l’histoire de l’Église comme l’un de ces pontifes dont la vie, brève mais dense, fut marquée par la fidélité à la vérité et par le poids de la controverse. Sa mort en exil, éprouvé par les injustices et les souffrances, lui valut d’être vénéré comme martyr.

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