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Saint Étienne

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« Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu. »

Diacre et premier martyr (+ vers 35)

Au lendemain de la solennité de la Nativité, l’Église fait mémoire de saint Étienne, premier martyr chrétien. Ce rapprochement liturgique n’est pas fortuit. Dès les premiers siècles, la tradition chrétienne a voulu rappeler que l’Enfant de la crèche est aussi le Christ dont la venue engage un témoignage exigeant, parfois jusqu’au don de la vie.Étienne, dont le nom grec Stephanos signifie « le couronné », apparaît dans les Actes des Apôtres comme une figure centrale de la première communauté chrétienne de Jérusalem. À un moment de tension interne, lorsque surgissent des disputes concernant la prise en charge des veuves, notamment entre les groupes hellénistes et juifs, les Apôtres choisissent sept hommes « remplis d’Esprit et de sagesse » pour assurer le service des tables. Étienne est le premier nommé parmi ces diacres, signe de la confiance que lui accordent les Apôtres.

Chargé d’un service de charité, il ne se limite pourtant pas à une fonction matérielle. Étienne participe pleinement à l’annonce de la Parole. C’est d’ailleurs pour cette prédication, et non pour son service des pauvres, qu’il est arrêté. Devant des membres de la « synagogue des Affranchis », il proclame avec assurance que Jésus est le Messie promis. Conduit devant le sanhédrin, il prononce un long discours, véritable synthèse de l’histoire du salut, retraçant l’action de Dieu depuis Abraham jusqu’au Christ.

La conclusion de son témoignage provoque une rupture décisive. Étienne affirme en effet : « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu. » Cette confession publique du Christ glorifié entraîne sa condamnation. Il est entraîné hors de la ville et lapidé. Parmi les témoins de sa mort se trouve un jeune homme nommé Saul, futur apôtre Paul.

Les derniers mots d’Étienne rappellent ceux du Christ sur la croix. Il remet son esprit entre les mains du Père et prie pour ses bourreaux. Ainsi meurt-il en imitateur fidèle de son Maître. L’Église reconnaît en lui le premier martyr, le premier à avoir scellé par son sang la confession de foi en Jésus ressuscité. La tradition chrétienne voit dans ce martyre un fruit spirituel immédiat : la conversion ultérieure de Saul sur le chemin de Damas, lorsque, à son tour, le ciel s’ouvrira devant lui.Saint Étienne demeure une figure exemplaire pour l’Église. Choisi pour soulager les Apôtres des tâches matérielles, il incarne l’unité entre la charité et l’annonce de l’Évangile. Son témoignage rappelle que le service des plus pauvres et la proclamation de la foi ne s’opposent pas mais se répondent.

Dans une catéchèse prononcée le 26 décembre 2009, Benoît XVI soulignait que « celui qui se trouve dans la mangeoire est le Fils de Dieu fait homme, qui nous demande de témoigner avec courage de son Évangile, comme l’a fait saint Étienne ». Le pape rappelait également que le premier martyr, « rempli de l’Esprit Saint, n’a pas hésité à donner sa vie par amour de son Seigneur », mourant en pardonnant, et manifestant ainsi que la venue du Fils de Dieu inaugure « une nouvelle civilisation, la civilisation de l’amour, qui ne se rend pas devant le mal et la violence ».

Benoît XVI ajoutait encore que le témoignage des martyrs, hier comme aujourd’hui, demeure un repère pour des sociétés parfois « distraites et désorientées », en montrant où fonder sa confiance pour donner un sens à la vie. L’Église, en proposant saint Étienne comme modèle, rappelle aussi que l’accueil et l’amour envers les plus pauvres constituent l’un des chemins privilégiés pour vivre l’Évangile de manière crédible.La fête de saint Étienne invite enfin à la prière pour tous les chrétiens persécutés à travers le monde en raison de leur foi. Elle appelle chaque croyant à demeurer fidèle à sa vocation, en gardant le Christ au centre de sa vie, contemplé en ces jours dans l’humilité et la simplicité de la crèche.

Dans les Églises orientales, le 26 décembre est consacré à la mémoire de Marie, reconnue comme Theotokos, la Mère de Dieu toujours Vierge, tandis que la célébration de saint Étienne est reportée au 27 décembre. Une diversité de calendriers qui n’altère pas l’unité du témoignage rendu à celui qui, le premier, a suivi le Christ jusqu’au martyre.

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