Patriarche de Constantinople, docteur de l’Église (+ 390)
La mémoire liturgique de Saint Grégoire de Nazianze est inséparable de celle de Saint Basile le Grand, tant leurs itinéraires spirituels et intellectuels se sont croisés pour servir l’Église dans l’une des périodes les plus délicates de son histoire doctrinale.
Tous deux sont originaires de Cappadoce, cette région d’Asie Mineure qui donnera au IVᵉ siècle plusieurs grandes figures du christianisme. Basile naît dans une famille profondément chrétienne, riche de vocations, dont plusieurs membres seront reconnus saints. Grégoire, quant à lui, voit le jour dans le foyer d’un père issu du judaïsme, converti au christianisme, qui deviendra plus tard évêque. Ces racines diverses, unies par une même foi reçue et approfondie, annoncent déjà la fécondité de leur engagement ecclésial.Leur rencontre à Athènes marque un tournant décisif. Les deux étudiants y partagent une formation exigeante et une amitié fondée sur la recherche de la vérité, l’amour des lettres et un désir commun de perfection chrétienne. Grégoire évoquera plus tard cette amitié comme une communion des âmes, orientée non vers la gloire humaine, mais vers Dieu. À leur retour en Cappadoce, tous deux nourrissent le projet d’une vie monastique, faite de prière, d’étude des Écritures et d’ascèse.
Cependant, le contexte ecclésial les appelle ailleurs. L’Église est alors traversée par de profondes crises doctrinales, notamment autour de la divinité du Christ. Des pasteurs solides sont nécessaires. Basile est appelé à devenir évêque de Césarée, où il déploie une activité pastorale remarquable. Théologien rigoureux et homme d’action, il organise la vie monastique par des règles qui marqueront durablement l’Orient chrétien, enseigne la méditation de la Parole de Dieu, l’obéissance et la charité fraternelle, et se distingue par son souci concret des pauvres et des malades.
Grégoire, de tempérament plus contemplatif, accepte lui aussi l’épiscopat, non sans hésitations. Successivement évêque de Sasimes, de Constantinople puis de Nazianze, il s’impose surtout comme un défenseur infatigable de la foi trinitaire. Son enseignement sur la divinité du Verbe lui vaudra le titre de « Théologien », réservé à ceux qui ont su exprimer avec justesse et profondeur le mystère de Dieu. Éprouvé par les luttes ecclésiales et les incompréhensions, il choisira finalement une vie plus retirée, consacrée à la prière et à la poésie spirituelle, dont la liturgie fait encore aujourd’hui usage.Basile meurt le 1ᵉʳ janvier 379, usé par le travail et la maladie. Grégoire s’éteint le 25 janvier 390. L’Église, en célébrant conjointement leur mémoire, rend grâce pour ces deux pasteurs et docteurs qui, par des chemins différents mais convergents, ont servi la vérité de la foi et édifié le peuple chrétien. Leur amitié, leur complémentarité et leur fidélité demeurent un témoignage lumineux pour l’Église de tous les temps.
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