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Le pape Leon XIV reçoit María Corina Machado, un signe pour le futur du Venezuela ?

Léon XIV - Maria Corina Machado
Léon XIV - Maria Corina Machado
Les évêques du Venezuela continuent d’afficher une prudence prononcée. Ils ont appelé à la prière, à la paix et au respect des droits humains sans se prononcer directement sur la succession politique

Ce lundi 12 janvier 2026, le pape Leon XIV a reçu au Vatican l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, figure centrale de la vie politique de son pays et symbole international de la lutte pour la démocratie au Venezuela, une semaine avant qu’elle ne soit attendue à Washington pour rencontrer Donald Trump, alors que les États-Unis ont joué un rôle majeur dans la récente capture du président Nicolás Maduro.

Cette rencontre entre le Souverain pontife et María Corina Machado n’est pas seulement un moment protocolaire , elle survient dans un contexte international tendu et chargé d’enjeux politiques. Suite à l’opération militaire qui a abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro, l’équilibre politique vénézuélien a été renversé et de nouvelles perspectives sont désormais ouvertes pour l’opposante au régime.María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025 pour son engagement contre le régime chaviste et en faveur des droits humains, est désormais au centre de l’attention internationale. Elle a exprimé publiquement sa gratitude envers l’action américaine, allant jusqu’à offrir symboliquement son prix Nobel à Donald Trump en remerciement de son rôle perçu dans le renversement de Maduro – une offre rejetée par l’Institut Nobel, qui a rappelé que le prix ne peut être transféré ou partagé une fois décerné.

Si l’Église catholique s’efforce de maintenir une position de neutralité politique, la réception par le pape Leon XIV d’une figure de l’opposition politique vénézuélienne en dit long sur l’attention diplomatique,morale et spirituelle que le Saint-Siège accorde à la situation dans le pays.

L’audience peut être interprétée comme une reconnaissance symbolique de la souffrance du peuple vénézuélien, et peut-être comme une recherche de légitimation morale par la dirigeante pour son avenir politique, sans que cela ne constitue en soi une caution politique directe de la part du Vatican.

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Après l’opération militaire américaine qui a abouti à la capture de Maduro et de sa femme, Donald Trump a affirmé que les forces américaines continueraient à superviser le Venezuela jusqu’à ce qu’un “transition sûre et judicieuse” puisse être organisée – tout en relativisant l’idée que Machado elle-même devienne immédiatement la dirigeante du pays, estimant qu’elle n’a pas encore le soutien suffisant au Venezuela.Ce double mouvement – d’une part, un soutien opérationnel de Washington contre Maduro, et d’autre part une retenue à soutenir pleinement Machado comme future dirigeante – place la figure de l’opposante dans une situation complexe : à la fois reconnue internationalement pour ses valeurs démocratiques, mais confrontée à des questions sur sa capacité à gouverner et à un soutien politique interne encore incertain.

Au niveau local, les évêques du Venezuela continuent d’afficher une prudence prononcée. Ils ont appelé à la prière, à la paix et au respect des droits humains sans se prononcer directement sur la succession politique. Le président de la Conférence épiscopale vénézuélienne a récemment évoqué un climat de « calme tendu » et insisté sur la nécessité d’une compréhension profonde des événements avant d’émettre un jugement officiel de l’Église.La rencontre entre le pape Leon XIV et María Corina Machado, dans ce contexte si chargé, peut être perçue comme un signe moral pour l’avenir du Venezuela. Elle illustre que l’Église suit de près les événements et souhaite encourager le respect de la dignité humaine, de la paix et de la justice dans un pays qui aspire à tourner une page difficile de son histoire.

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