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Un confessionnal transparent et un faux prêtre : une nouvelle expérimentation artistique qui heurte le sacré

capture écran musée Maxxi
capture écran musée Maxxi
Présentée comme "une réflexion sur la transparence et l’espace public", une installation exposée dans un musée romain ravive le débat sur les limites de l’art contemporain lorsqu’il s’attaque à des sacrements de la foi catholique

A Romme,l’installation intitulée Confessionarium, actuellement exposée au MAXXI, continue de susciter une vive incompréhension parmi de nombreux fidèles catholiques. L’œuvre, signée par l’artiste Alicia Framis, prend la forme d’un confessionnal entièrement transparent, réalisé en plexiglas, à l’intérieur duquel prend parfois place un homme vêtu d’une soutane et d’une étole violette.Précisons qu’il ne s’agit pas d’un prêtre, mais d’un acteur incarnant un personnage fictif, présenté comme disposé à accorder une « absolution laïque ». Aucun sacrement n’est donc administré, aucune confession n’a de valeur religieuse, et aucune autorité ecclésiale n’est impliquée dans cette mise en scène.Selon les explications fournies par les promoteurs de l’œuvre, l’installation entend interroger la notion de transparence dans la société contemporaine et remettre en question la sacralité du confessionnal, traditionnellement conçu comme un lieu fermé, réservé et protégé.

En rendant visible de l’extérieur l’acte de se confier, l’artiste prétend déplacer dans l’espace public une pratique considérée comme intime.

C’est précisément ce point qui choque de nombreux fidèles. Pour l’Église catholique, la confession n’est ni un symbole interchangeable ni une construction culturelle librement manipulable. Elle est un sacrement, c’est-à-dire, selon la définition constante de l’Église, un signe visible et efficace de la grâce, institué par le Christ et confié à l’Église, par lequel Dieu agit réellement dans la vie du croyant. Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation ne relève pas d’une démarche psychologique ou sociale, mais d’un acte spirituel par lequel le pécheur reçoit le pardon de Dieu par le ministère du prêtre, qui agit au nom du Christ.Ce fondement n’est pas une élaboration tardive, mais trouve son origine dans l’Évangile lui-même. Jésus dit à la femme pécheresse : « Va, tes péchés sont pardonnés » (Évangile selon saint Luc, 7,48). Il prononce des paroles semblables à l’égard du paralytique : « Tes péchés sont pardonnés » (Évangile selon saint Marc, 2,5). Ces paroles manifestent une autorité divine que le Christ transmet ensuite à son Église.

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Pour de nombreux catholiques, Confessionarium ne se contente donc pas de proposer une réflexion abstraite, mais participe à un mouvement plus large de banalisation du sacré. À force d’expérimentations artistiques, de nouveaux langages et de remises en cause systématiques, tout devient discutable, y compris ce qui relève, pour les croyants, de l’intangible. La transgression cesse d’être exceptionnelle pour devenir un principe, et les limites ne sont plus perçues comme des repères, mais comme des obstacles à abattre.Les critiques soulignent également que ce type de démarche s’inscrit dans un véritable rouleau compresseur idéologique, où les symboles chrétiens sont régulièrement exposés, déconstruits ou détournés, tandis que d’autres traditions religieuses semblent rarement soumises au même traitement. Le recours à un faux prêtre et à une fausse absolution entretient une confusion jugée d’autant plus préoccupante que la connaissance des sacrements est déjà fragilisée dans la culture contemporaine.Exposée dans un musée public de Rome, l’installation relance ainsi un débat de fond sur la mission de l’art et sur ses limites. Pour de nombreux fidèles, la liberté de création ne saurait justifier la dénaturation de réalités sacrées, surtout lorsqu’elles touchent au cœur de la foi et de la vie spirituelle de millions de croyants.

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