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« Un seul corps, un seul Esprit » : la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2026 s’ouvre à la lumière du témoignage arménien

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Du 18 au 25 janvier 2026, dans l’hémisphère nord, les chrétiens de différentes confessions sont invités à se rassembler pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Placée cette année sous le signe de l’espérance commune, cette initiative œcuménique met à l’honneur la tradition spirituelle de l’Église apostolique arménienne

Dans un monde marqué par les conflits, les divisions et les blessures durables laissées par la violence, la question de l’unité chrétienne se pose avec une acuité particulière. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2026 s’inscrit dans ce contexte, comme un temps offert aux Églises pour se tourner ensemble vers le Christ et pour confier à Dieu le désir d’une communion plus visible entre ses disciples.

Le thème choisi pour cette édition s’appuie sur une parole centrale de l’apôtre Paul, tirée de l’épître aux Éphésiens :
« Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance » (Éphésiens 4,4). Cette affirmation biblique rappelle que l’unité ne se construit pas uniquement par des initiatives humaines, mais qu’elle est d’abord reçue comme un don, enraciné dans l’appel commun à suivre le Christ et à vivre de son Esprit.

Dans l’hémisphère nord, la Semaine de prière est célébrée du 18 au 25 janvier, selon une tradition remontant à 1908, lorsque Paul Wattson proposa ces dates afin de couvrir la période comprise entre les fêtes de saint Pierre et de saint Paul. Ce choix souligne la dimension apostolique de l’unité de l’Église. Dans l’hémisphère sud, où le mois de janvier correspond souvent aux vacances d’été, les Églises privilégient d’autres périodes de l’année, notamment autour de la Pentecôte, date également riche de sens pour l’unité ecclésiale, associée à l’effusion de l’Esprit et à la naissance de l’Église.Les textes de prière et de méditation pour 2026 ont été conjointement préparés et publiés par le Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises. Cette année, leur élaboration a été confiée au département pour les relations interconfessionnelles de l’Église apostolique arménienne, qui a coordonné un groupe œcuménique de chrétiens arméniens, en collaboration avec des fidèles de l’Église catholique et des Églises évangéliques arméniennes.

La version définitive des textes a été finalisée lors d’une rencontre tenue du 13 au 18 octobre 2024 au Saint-Siège d’Etchmiadzine, en Arménie. Ce choix de lieu met en valeur l’histoire et la spiritualité d’une Église marquée par de nombreuses épreuves, des dominations étrangères aux violences de 1915, puis aux décennies du régime soviétique. Ces souffrances ont nourri, au fil du temps, un attachement profond à l’unité, perçue comme une dimension essentielle de la fidélité au Christ.

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Dans l’introduction théologique et pastorale de 2026, les rédacteurs soulignent que l’unité est une mission divine et qu’elle se situe au cœur même de l’identité chrétienne.

Cette conviction s’exprime de manière concrète dans la vie liturgique de l’Église apostolique arménienne. La prière pour l’unité y est constante, notamment lors de la proclamation du Credo, où les fidèles confessent leur foi en « l’Église une, sainte, catholique et apostolique ». Chaque célébration eucharistique porte également cette intention, et la liturgie dominicale se conclut par un geste de paix accompagné du chant « L’Église est devenue une ».La célébration œcuménique proposée pour cette Semaine de prière, intitulée Lumière de Lumière pour la Lumière, s’inspire de l’« Office du lever du soleil », une prière quotidienne de l’Église arménienne composée par saint Nersès le Gracieux. Théologien, poète et pasteur, il est reconnu pour son engagement en faveur de la communion entre les Églises, engagement que saint Jean-Paul II avait souligné en évoquant son ouverture aux autres traditions chrétiennes.

Les textes font également référence à saint Grégoire de Narek, mystique et poète arménien, vénéré tant par les catholiques que par les orthodoxes, et proclamé docteur de l’Église catholique en 2015. Une prière inspirée de ses écrits invite les chrétiens à vivre l’unité dans l’harmonie de la diversité, à l’image des fleurs d’un même jardin.

Rappelons que depuis ses débuts, l’Église se comprend comme une communion fondée sur la foi apostolique, la prédication et les sacrements. Dès les premiers siècles, des controverses théologiques majeures conduisent aux grands conciles œcuméniques, Nicée (325) et Constantinople (381) pour la foi trinitaire, Éphèse (431) et Chalcédoine (451) pour la christologie. Les décisions de 431 et 451 entraînent des séparations durables avec plusieurs Églises orientales. En 1054, le Grand Schisme entre Rome et Constantinople scelle la rupture entre l’Orient orthodoxe et l’Occident latin, sur fond de divergences théologiques, liturgiques et d’autorité.


Au XVIᵉ siècle, la Réforme protestante s’ouvre en 1517 avec les thèses de Martin Luther, dont la contestation du magistère, de la sacramentalité et de l’unité ecclésiale provoque une fracture profonde et durable du christianisme occidental. Les guerres de religion aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles aggravent ces divisions. À partir du XXᵉ siècle, notamment après 1910 et avec le concile Vatican II (1962–1965), le mouvement œcuménique cherche à guérir ces blessures par le dialogue théologique, la prière commune et la reconnaissance mutuelle, dans l’attente de l’unité voulue par le Christ.En s’appuyant sur la richesse spirituelle du christianisme arménien, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2026 propose ainsi un chemin de réflexion et de prière adapté aux défis du temps présent. Elle encourage les Églises à reconnaître le degré de communion déjà atteint, tout en poursuivant, avec patience et persévérance, la marche vers la pleine unité voulue par le Christ.

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