Dimanche 18 janvier 2026, des milliers de Français ont battu le pavé à Paris pour la Marche pour la Vie. Ils ne manifestaient pas par nostalgie, ni par réflexe idéologique, mais par lucidité. Au milieu de cette foule déterminée, Monseigneur Dominique Rey, évêque émérite du diocèse de Fréjus-Toulon, a livré une intervention forte, comme un coup de semonce lancé à une société qui a perdu le sens des mots, de la vie et du réel.
🚨📌 EUTHANASIE : Quand la liberté tue, toute l’Église de France dit NON
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) January 19, 2026
🔴Face à la dictature des fausses libertés, ce NON n’est pas un refus stérile. C’est un acte de résistance
intervention de Monseigneur Rey lors de la @MarchePourLaVie du dimanche 18 janvier 2026 pic.twitter.com/D0CDVvYVcJ
Dans moins de vingt-quatre heures, le Sénat doit examiner un texte présenté comme un progrès, un « droit », une avancée humaniste. En réalité, un basculement. Légaliser l’euthanasie sous l’intitulé trompeur d’« aide à mourir », c’est franchir une ligne rouge anthropologique. Monseigneur Rey l’a dit clairement, devant la foule :
« La liberté garantie par la Constitution de pratiquer l’IVG, la liberté de donner la mort sous le vocabulaire policé de l’aide à mourir, la liberté reconnue de changer de sexe. La liberté devient un signe métaphysique, voire une dictature, puisqu’il lui revient de décider qui a le droit de vivre et qui mérite de mourir. »Cette phrase résume l’impasse de notre époque. La liberté, détachée de toute vérité, n’est plus une promesse mais une arme. Elle ne protège plus, elle tranche. Elle ne libère plus, elle exclut. Elle ne reconnaît plus la fragilité, elle la supprime.
Cette intervention s’est faite dans le prolongement de l’intervention des évêques de la CEF (Conférence des évêques de France), jeudi 15 janvier, qui ont eux aussi dit NON, solennellement, publiquement, collégialement. Dans une tribune intitulée « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort », publiée à l’approche du débat sénatorial, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a appelé les catholiques et tous les citoyens à écrire aux sénateurs.Sous la présidence de Jean-Marc Aveline, entouré notamment de Benoît Bertrand et de Vincent Jordy, les évêques ont posé des mots précis, argumentés, impossibles à balayer d’un revers de main idéologique.
Lire aussi
Ils rappellent une vérité que le pouvoir feint d’ignorer : on ne meurt pas mal en France parce que l’euthanasie est interdite, mais parce que les soins palliatifs sont insuffisamment accessibles. Près d’un quart des besoins ne sont toujours pas couverts. Dans ce contexte, proposer la mort comme option relève non de la compassion, mais de l’abandon.
Au cœur de leur tribune, les évêques dénoncent une manipulation sémantique massive. Dignité, liberté, fraternité, ces mots fondateurs sont vidés de leur sens pour justifier l’acte ultime de domination : donner la mort. La dignité devient conditionnelle, accordée tant que l’on est autonome, productif, maîtrisant. La liberté devient une pression silencieuse exercée sur les plus fragiles. La fraternité est invoquée pour contraindre soignants et familles à accepter l’inacceptable.
Ce que l’Église affirme aujourd’hui avec constance, rejoint la grande tradition de la pensée humaine. Pour Aristote déjà, la liberté n’est pas l’arbitraire mais l’orientation vers le bien. Pour saint Thomas d’Aquin, elle suppose la vérité. Pour saint Jean-Paul II, une liberté séparée de la vérité se retourne contre l’homme. Aujourd’hui, cette dérive est devenue loi, projet de loi, idéologie d’État.Légaliser l’euthanasie, c’est changer la nature même du pacte social. C’est faire entrer la mort provoquée dans l’acte médical. C’est transformer le soignant en exécuteur. C’est envoyer aux plus faibles un message glaçant : votre vie peut être jugée inutile.
Face à la dictature des fausses libertés, ce NON n’est pas un refus stérile. C’est un acte de résistance.


