À deux semaines des élections générales du 1er février, sur fond de révélation d’un projet d’attentat présumé contre le président Rodrigo Chaves, les évêques du Costa Rica lancent un appel solennel à la responsabilité démocratique et à une participation électorale éclairée par l’Évangile. Dans un climat politique et sécuritaire tendu, les évêques du Costa Rica ont publié un message commun à l’approche des élections générales prévues le 1er février. Ce scrutin national doit permettre d’élire le président de la République ainsi que les membres de l’Assemblée législative. Pour être élu dès le premier tour, un candidat à la présidence devra recueillir au moins 40 % des suffrages, faute de quoi un second tour sera organisé.
Diffusé par la Conférence épiscopale costaricienne, le message rappelle que la mission de l’Église est de former les consciences, d’illuminer avec l’Évangile et de réveiller l’engagement civique des fidèles.

Monseigneur José Rafael Quirós Quirós
Les évêques s’adressent à l’ensemble de la population, et tout particulièrement aux jeunes, qu’ils exhortent à une participation responsable et consciente, présentée comme un rempart contre l’abstention et comme un acte décisif pour la vie démocratique du pays.Cet appel intervient alors que le gouvernement a annoncé, le 13 janvier, avoir mis au jour un projet d’assassinat visant le président Rodrigo Alberto de Jesús Chaves Robles. Selon les autorités, les services de renseignement auraient été alertés par une source confidentielle évoquant le recours à un tueur à gages. Une enquête judiciaire est en cours, sans que les autorités n’aient établi de lien direct entre ce projet criminel présumé et le processus électoral.
Les évêques expriment également leur inquiétude face au niveau d’abstention observé lors des précédentes élections. En 2022, plus de 1,4 million d’électeurs ne se sont pas rendus aux urnes, soit 40 % du corps électoral, un niveau inédit dans l’histoire récente du pays. Une situation que l’épiscopat considère comme préoccupante pour la solidité de la démocratie.S’adressant directement aux jeunes, les évêques rappellent qu’ils sont le présent du pays et les invitent à voter avec conscience, mémoire et espérance critique. Ils les exhortent à s’informer, à dialoguer, à confronter les propositions politiques et à garder une attention particulière pour les personnes les plus vulnérables, soulignant que le Costa Rica a besoin de leur énergie, de leur regard et de leur capacité à contribuer au renouvellement démocratique.
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Cette prise de parole s’inscrit dans la continuité de l’engagement pastoral de l’Archidiocèse de San José de Costa Rica, premier diocèse du pays, érigé en 1850 et élevé au rang d’archidiocèse métropolitain en 1921. Placée sous la responsabilité de son archevêque, José Rafael Quirós Quirós, l’Église de San José rassemble plus de 1,5 million de fidèles et plus d’une centaine de paroisses, jouant un rôle central dans la vie ecclésiale et sociale du pays.Cet appel trouve un écho particulier dans une société où le christianisme demeure largement majoritaire. Le Costa Rica reste l’un des pays d’Amérique centrale où l’héritage chrétien est le plus profondément enraciné : environ 50 à 55 % des Costariciens se déclarent catholiques et environ 20 à 25 % appartiennent à des Églises chrétiennes évangéliques ou protestantes. Cette réalité explique que les prises de position de l’épiscopat sur les questions civiques et sociales continuent de peser dans le débat public.
Les évêques se sont enfin adressés aux prêtres, leur rappelant que l’exercice du vote constitue une expression concrète de la responsabilité civique et un moyen légitime de rechercher le bien commun. Ils les encouragent à aider les fidèles à s’informer, à discerner et à participer activement au scrutin, soulignant que l’avenir du Costa Rica se construit à partir de l’engagement d’aujourd’hui.
À l’heure où le pays s’apprête à vivre un moment décisif de sa vie démocratique, entre tensions politiques et inquiétudes sécuritaires, l’appel des évêques se veut un rappel ferme et pastoral : la foi chrétienne engage les consciences et invite à une participation civique responsable, éclairée par l’Évangile et orientée vers le bien commun.


