Un an après le changement de pontificat, le climat au Vatican semble connaitre une évolution notable. Dans un entretien accordé à EWTN News à Vilnius, l’archevêque Georg Gänswein, ancien secrétaire personnel de Benoît XVI et actuel nonce apostolique dans les États baltes, dresse un constat sans emphase mais sans ambiguïté : avec le pape Léon XIV, « la normalité revient lentement ».
« Avant tout, il y a eu un changement en mieux dans l’atmosphère », affirme le prélat, qui a rencontré le souverain pontife à deux reprises au cours de l’année écoulée, la dernière fois à la mi-décembre. « Les deux rencontres se sont très, très bien déroulées. Et le temps écoulé depuis m’a montré très clairement que, pour le dire d’une manière un peu personnelle, la normalité revient lentement. » Pour l’archevêque, cette évolution n’est pas anodine. Il y voit le signe que « la foi et l’Esprit Saint sont réellement à l’œuvre », et parle explicitement de « normalisation ». Un terme qu’il précise aussitôt : « Pour moi, il est important de constater que le pape Léon a simplement remis en valeur certains éléments qui ne sont pas nouveaux, mais qui ont été totalement négligés ces dernières années. »
Nommé nonce apostolique en Lituanie, en Lettonie et en Estonie en 2024, Mgr Gänswein connaît bien les rouages du Vatican. Son jugement s’appuie sur une longue expérience, acquise notamment durant dix-sept années comme secrétaire personnel de Benoît XVI, puis comme préfet de la Maison pontificale.Il souligne en particulier la manière dont le pape Léon XIV annonce la foi. Le pontife, selon lui, suit « une ligne claire » et proclame l’Évangile « avec joie et de manière convaincante ». « Lorsque l’on lit ses catéchèses ou ses homélies, on sent qu’il s’agit d’un homme qui vit et proclame la foi dans un esprit augustinien », ajoute-t-il.
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L’archevêque a également profité de cet entretien pour exprimer ses préoccupations concernant le chemin synodal allemand, dont la dernière assemblée doit s’ouvrir à la fin du mois de janvier. S’il reconnaît la nécessité de certaines réformes, il se montre très réservé quant à l’orientation prise par le processus.
« Quiconque a suivi les événements liés au chemin synodal depuis le début jusqu’à aujourd’hui peut constater une chose importante : un certain nombre des revendications du chemin synodal s’éloignent de la foi », avertit-il. Et de préciser : « Il ne fait aucun doute qu’il existe effectivement un besoin de changer et de réformer certaines choses ici ou là. Je suis d’accord avec cela. Cependant, ce que le chemin synodal a montré jusqu’à présent constitue, pour moi, la preuve claire qu’il ne s’agit pas d’un retour à un approfondissement de la foi, mais d’un affaiblissement de la foi. »
Mgr Gänswein rappelle enfin que toute réforme authentique ne peut s’écarter de l’enseignement constant de l’Église, notamment en matière de morale, d’éthique, de structure sacramentelle et d’autorité des évêques. « Je ne peux qu’espérer et prier pour que cette mauvaise voie prenne tout simplement fin prochainement », conclut-il.À travers ces propos, l’archevêque esquisse l’image d’un pontificat orienté vers la continuité doctrinale, la clarté pastorale et le rétablissement de repères ecclésiaux solides. Une évolution qu’il résume en une formule simple, mais lourde de sens : le retour progressif à la normalité.


