La Marche nationale pour la vie a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la capitale fédérale des États-Unis. À cette occasion, le vice-président américain JD Vance s’est adressé aux participants, livrant une réflexion de portée morale et civilisationnelle sur la question de l’avortement.Dans son discours, il a établi un parallèle entre l’avortement contemporain et les sacrifices humains pratiqués par certaines civilisations païennes de l’Antiquité, évoquant notamment les Mayas, chez lesquels l’abandon ou la mise à mort des enfants faisait partie des usages rituels. Le vice-président américain a souligné que le fait de considérer l’enfant à naître comme un désagrément ou une contrainte témoigne d’une rupture profonde avec les fondements moraux de la civilisation occidentale.
« La marque de la barbarie est de traiter les bébés comme des désagréments à éliminer plutôt que comme les bénédictions qu’ils sont », a-t-il déclaré, citant également le psaume 139 pour rappeler que, selon la tradition biblique, chaque vie humaine est voulue et façonnée par Dieu. Le vice-président a souligné que la Marche pour la vie ne se limitait pas à un débat politique, mais posait la question du type de civilisation qu’une nation choisit de transmettre aux générations futures.
Il a également critiqué un discours culturel dominant qui présente de plus en plus souvent la maternité, la paternité et la famille comme des obstacles, voire comme des fardeaux, notamment au nom de considérations économiques ou environnementales.
À l’inverse, il a affirmé que la famille constitue un élément structurant de la société et un bien fondamental.
Vice President JD Vance Delivers Remarks at the 2026 National March for Life Rally https://t.co/AGp4tz2sfJ
— Vice President JD Vance (@VP) January 23, 2026
Cette édition 2026 de la Marche pour la vie s’est tenue avec le soutien explicite du pape Léon XIV, qui a adressé un message officiel aux participants. Le Souverain pontife y a exprimé sa « sincère reconnaissance » et sa « proximité spirituelle » avec ceux qui offrent un témoignage public en faveur de la vie humaine. Il y a rappelé que « la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tout autre droit humain », soulignant qu’aucune société ne peut se dire juste si elle tolère l’élimination des plus vulnérables.
Dans ce message, le pape Léon XIV a encouragé en particulier les jeunes à poursuivre leur engagement afin que la vie soit respectée « à toutes ses étapes », appelant à un témoignage public courageux et pacifique. Il a également insisté sur la responsabilité morale des responsables civils et politiques, rappelant que toute action publique perd sa cohérence lorsqu’elle se coupe de la loi morale naturelle et de la dignité intrinsèque de la personne humaine.
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Les propos tenus à Washington contrastent fortement avec la situation française. En 2024, la France a inscrit l’avortement dans sa Constitution, consacrant ce droit au plus haut niveau juridique. Dans ce contexte, une déclaration assimilant publiquement l’avortement à une pratique barbare ou païenne de la part d’un responsable politique de premier plan apparaît aujourd’hui « difficilement envisageable ». Plus largement, dans de nombreux pays européens, le débat public sur l’avortement s’est considérablement refermé, laissant peu de place à une réflexion morale ou anthropologique de fond.Pourtant, l’enseignement de l’Église catholique demeure clair et constant. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que la vie humaine doit être respectée et protégée dès la conception et que l’avortement direct constitue une faute morale grave. Dans cette continuité, le pape François avait employé en 2018 des paroles particulièrement fortes pour dénoncer cette pratique, déclarant : « Avorter, c’est comme recourir à un tueur à gages pour résoudre un problème. »
La Marche pour la vie 2026 met ainsi en lumière un écart croissant entre les États-Unis et l’Europe occidentale. Là où une parole publique critique de l’avortement demeure possible outre-Atlantique, soutenue explicitement par le magistère pontifical, elle est devenue largement inaudible dans une partie du continent européen. Ce contraste interroge sur l’évolution du débat éthique et sur la place accordée à la protection des plus vulnérables dans certaines sociétés contemporaines.


