C’est une véritable redéfinition de la personne humaine où la différence sexuelle est progressivement effacée quia été adoptée lors de la soixante-dixième session de la Commission des Nations unies sur le statut des femmes, tenue du 9 au 19 mars 2026 . Cela s’est conclue par l’adoption d’un texte qui, sans être juridiquement contraignant, s’inscrit dans une dynamique déjà bien établie au sein des instances internationales. Au centre de ce document figure la notion de « genre », utilisée de manière répétée sans être explicitement liée au sexe biologique.

Le texte appelle notamment à promouvoir « l’égalité de genre », sans en préciser la définition. Cette absence de clarification constitue un point central. Elle permet d’imposer progressivement une compréhension du genre détachée de la réalité corporelle, ouvrant la voie à une conception de l’identité fondée sur des critères subjectifs.
Dans l’anthropologie chrétienne, l’homme et la femme ne sont pas des constructions variables, mais des réalités données. Créés homme et femme, ils portent une différence qui est constitutive de leur identité et ordonnée à la relation, à la famille et à la transmission de la vie. Cette vision, enracinée dans la création et confirmée par la Révélation, affirme l’unité de la personne humaine dans son corps et son âme. En dissociant le genre du sexe biologique, le texte adopté rompt avec cette compréhension. Il introduit une séparation entre l’identité et le corps, qui conduit à relativiser la différence homme-femme. Ce glissement ne relève pas seulement du langage, mais engage une transformation profonde de la manière de penser la personne humaine.
Cette orientation apparaît également dans l’appel à « garantir l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs ». Derrière ces expressions, largement diffusées dans les instances internationales, se trouvent des politiques incluant l’avortement et la contraception, qui participent d’une redéfinition de la vie humaine et de sa transmission. Le document invite en outre les États à « fournir des ressources » et à « mobiliser des financements » pour soutenir ces orientations. Ainsi, une conception idéologique du genre se trouve accompagnée de moyens concrets pour être diffusée et appliquée. Par ailleurs, la Commission appelle à « lutter contre la désinformation » et à « combattre les discours de haine ». Ces notions, en apparence légitimes, peuvent être utilisées pour marginaliser ou réduire au silence des positions fondées sur une anthropologie chrétienne, notamment en ce qui concerne la famille, la vie ou la différence sexuelle.
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Lors des discussions, des propositions visant à relier explicitement le « genre » au sexe biologique ont été présentées. Elles ont été rejetées, et une tentative ultérieure de clarification n’a même pas été examinée. Le texte final maintient ainsi une ambiguïté qui permet toutes les interprétations et favorise l’imposition progressive d’une vision déterminée.
Un autre élément significatif réside dans la place marginale accordée à la maternité. Celle-ci n’est évoquée que de manière secondaire, sous l’angle de la non-discrimination dans le travail, sans reconnaissance de sa valeur propre. Cette absence témoigne d’un déplacement des priorités, où la réalité concrète de la femme est éclipsée par des concepts abstraits. Le vote final, largement favorable, confirme une orientation déjà présente dans d’autres textes internationaux. Certains États, dont l’Italie, se sont inscrits dans cette dynamique, sans que les réserves exprimées sur la définition du genre ne soient retenues.
Au-delà de ce texte, c’est une évolution plus large qui se manifeste. Le langage employé dans les enceintes internationales, en apparence neutre, devient un instrument de transformation culturelle.
En introduisant des notions sans définition stable, il permet de faire évoluer les normes sans débat explicite sur leurs fondements. Dans ce contexte, la question du « genre » apparaît comme un point de rupture. Elle oppose une vision de l’homme fondée sur l’unité du corps et de l’âme, sur la réalité de la différence sexuelle et sur la complémentarité de l’homme et de la femme, à une conception qui tend à dissocier l’identité de la réalité biologique. Ainsi, le document adopté le 19 mars ne se limite pas à des orientations techniques. Il participe à une redéfinition progressive de l’homme et de la femme, dont les implications touchent au cœur même de l’anthropologie.


