Présentée comme une avancée majeure, cette initiative suscite néanmoins des interrogations en raison du rôle décisif confié à une autorité de l’État, du caractère non judiciaire des procédures et du délai limité accordé aux victimes pour engager une démarche.Ce jeudi 8 janvier 2026 à Madrid,un accord a été signé entre le gouvernement espagnol, la Conférence épiscopale et la Conférence espagnole des religieux afin de créer un cadre de réparation destiné aux victimes d’abus sexuels commis dans l’Église lorsque la justice pénale ne peut plus être saisie, notamment en raison de la prescription des faits ou du décès de l’agresseur.
Selon RTVE, ce mécanisme repose sur un système dit mixte, associant l’État, l’Église et les victimes ( le ministre Félix Bolaños, le président de la Conférence épiscopale espagnole, Luis Argüello, et le président de la Conférence espagnole des religieux, Jesús Díaz Sariego) avec un rôle central confié au Défenseur du peuple, chargé de formuler les propositions de reconnaissance et de réparation et de trancher en dernier ressort en cas de désaccord.Les indemnisations financières seront intégralement prises en charge par l’Église catholique et bénéficieront d’une exonération fiscale. Cette mesure s’appliquera aussi bien aux réparations déjà accordées dans le cadre du Plan de Réparation Intégrale pour les Victimes d’Abus, lancé par l’Église en 2024, qu’à celles qui découleront du nouveau dispositif. Outre l’aspect financier, les réparations pourront prendre des formes diverses, incluant un accompagnement psychologique, des mesures symboliques ou une reconnaissance morale du préjudice subi.
Le gouvernement présente cet accord comme une réponse à une dette morale envers des victimes pour lesquelles la voie judiciaire s’est révélée inaccessible, en raison de faits anciens remontant parfois à plusieurs décennies.
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La durée du dispositif est fixée à un an, avec la possibilité d’une prorogation, délai que l’exécutif estime suffisant pour permettre aux personnes concernées d’engager une démarche.Du côté de l’Église, les responsables épiscopaux soulignent que ce cadre s’inscrit dans la continuité des travaux déjà engagés et rappellent que des indemnisations ont commencé à être versées ces dernières années. Ils mettent également en avant le fait que ce dispositif pourrait inspirer des mécanismes analogues dans d’autres secteurs de la société où des abus anciens ont été constatés.Les réactions des associations de victimes demeurent contrastées. Certaines saluent une reconnaissance officielle longtemps attendue, tandis que d’autres dénoncent la lenteur du processus et jugent insuffisant le délai accordé pour déposer une demande. Plusieurs représentants ont d’ores et déjà annoncé qu’ils resteraient attentifs à la mise en œuvre concrète des mesures prévues.
Cet accord marque une étape supplémentaire dans la gestion d’un dossier sensible qui continue de peser lourdement sur l’Église en Espagne. Entre coopération avec les autorités civiles, exigence de justice pour les victimes et nécessité d’assumer les responsabilités institutionnelles, la question des abus demeure un défi moral et pastoral majeur, dont les effets dépassent largement le cadre juridique. Rappelons également qu’en Espagne, la christianophobie connaît une forte recrudescence en Espagne, dans un contexte politique marqué par l’instabilité, les scandales et les enquêtes visant le gouvernement. De nombreux actes graves ont été recensés, allant du vandalisme et du blasphème au vol et à la profanation du Très Saint Sacrement dans plusieurs églises. L’été 2025 avait été particulièrement alarmant, avec une multiplication d’attaques souvent violentes contre des églises et des fidèles. L’Église dénonce une haine croissante envers le christianisme, insuffisamment prise au sérieux par les autorités, et appelle à une véritable protection de la liberté religieuse.


