Une vive polémique a éclaté après la diffusion du récit d’une rencontre entre le journaliste Gareth Gore et le pape Léon XIV ce jour. Dans ce témoignage, le journaliste affirme avoir évoqué devant le Souverain pontife de graves accusations visant l’Opus Dei et son fondateur, saint Josémaria Escrivá. Selon ses propres déclarations, Gareth Gore dit avoir expliqué au pape « comment le groupe avait utilisé son pouvoir et sa richesse pour dissimuler la vérité et faire taire ses nombreuses victimes ». Il affirme également avoir demandé au pape de rouvrir le processus de canonisation de saint Josémaria Escrivá, évoquant des « irrégularités » et affirmant lui avoir remis des « documents prouvant comment le système de manipulation, d’abus et de contrôle de l’Opus Dei avait été personnellement conçu par ce prétendu “saint” ».

Ces propos, rapportés par le journaliste lui-même, ont immédiatement suscité de nombreuses réactions dans les milieux catholiques.
La demande formulée par Gareth Gore touche à une décision particulièrement grave dans la vie de l’Église. Saint Josémaria Escrivá, prêtre espagnol né en 1902 et mort en 1975, a été canonisé en 2002 par le pape Jean-Paul II, au terme d’un processus canonique long et public comprenant l’examen de nombreux témoignages et de sa vie spirituelle. Dans la tradition catholique, la canonisation constitue un acte solennel du magistère de l’Église par lequel celle-ci reconnaît officiellement la sainteté d’une personne et la propose comme modèle pour les fidèles. Remettre en cause une telle décision représente donc une démarche particulièrement exceptionnelle.
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Fondé en 1928 par saint Josémaria Escrivá, l’Opus Dei est aujourd’hui une prélature personnelle de l’Église catholique présente dans de nombreux pays. Sa spiritualité insiste sur l’appel universel à la sainteté et sur la sanctification de la vie quotidienne, en particulier à travers le travail et les responsabilités ordinaires. Au fil des décennies, l’institution a également fait l’objet de critiques et d’enquêtes journalistiques. Ses responsables ont de leur côté régulièrement affirmé leur volonté de coopération avec les autorités ecclésiales et de clarification lorsque des accusations ont été formulées.
À ce stade, aucune communication officielle du Vatican n’a confirmé le contenu précis de la rencontre évoquée par Gareth Gore avec le pape Léon XIV. Le récit diffusé provient uniquement du journaliste lui-même.Dans l’attente d’éventuelles précisions, cette initiative a surpris de nombreux observateurs. Les accusations formulées visent non seulement une institution catholique reconnue, mais aussi la figure d’un saint canonisé par l’Église universelle. Pour de nombreux fidèles, saint Josémaria Escrivá demeure avant tout le prêtre qui, au cœur du XXᵉ siècle, a rappelé avec force que la sainteté n’est pas réservée à une élite mais qu’elle peut être vécue au cœur de la vie ordinaire, dans le travail, la famille et les responsabilités quotidiennes.


