Le tribunal du Havre a examiné le 5 septembre une affaire d’escroquerie de grande envergure, impliquant Kevin Gosse, le principal accusé, et neuf autres prévenus. Cette escroquerie, qui cible des prêtres âgés, est qualifiée de « hors-norme » tant par son ampleur que par son mode opératoire, comme l’indique Ouest France.
Kevin Gosse, âgé de 34 ans, déjà condamné pour des faits similaires, est accusé d’avoir dirigé un réseau criminel ayant escroqué 62 prêtres âgés de 69 à 94 ans, avec un préjudice total estimé à 440 000 euros. Selon Ouest France, dix ans de prison ont été requis à son encontre. Ses complices, dont son frère jumeau James Gosse, pourraient écoper de peines allant de dix-huit mois de sursis à deux ans de prison ferme.
L’escroquerie, commencée en pleine pandémie, exploitait la vulnérabilité des prêtres en se faisant passer pour des autorités telles que des gendarmes ou des magistrats. Kevin Gosse, depuis sa cellule de la maison d’arrêt de Val-de-Reuil, contactait les victimes pour les inciter à effectuer des virements ou utiliser des cartes prépayées, prétendument pour aider à une enquête.
Une somme de 175 000 euros
Le tribunal a entendu le récit d’un prêtre, l’abbé B., qui a perdu plus de 175 000 euros, une somme destinée à financer la prise en charge de son frère handicapé. Les avocats des parties civiles ont souligné la cruauté de l’escroquerie, exploitant la charité et la bonne foi des victimes.
En réponse à ses motivations, Kevin Gosse a évoqué l’influence de son père, Michel Gosse, condamné à 37 ans de prison pour des escroqueries similaires dans les années 1980. Selon Ouest France, Le père aurait agi par vengeance contre l’Église, prétendant avoir été maltraité par des religieux dans son enfance. Kevin Gosse a repris le modus operandi de son père, comme il l’a reconnu lors du procès.
La prochaine audience, prévue pour le 7 novembre, sera l’occasion de rendre le verdict. En attendant, le tribunal a décidé de maintenir Kevin Gosse en détention, tandis que les autres prévenus restent sous contrôle judiciaire.
Cette affaire met en lumière une arnaque d’une ampleur rare, où la compassion et la crédulité des victimes ont été cyniquement exploitées.