En cette période troublée où le monde occidental se polarise chaque jour un peu plus, disparaît un saint homme qui utilisa ses quelques années de pouvoir sur l’Église pour rassembler. Il rassembla sous le manteau aimant de Pierre les anglicans qui voulaient “revenir à la maison”, mais aussi et surtout les traditionalistes, en inventant ce fameux Motu Proprio qui permettait enfin la paix liturgique tant espérée, après tant d’années de division. Ce fut de courte durée, mais c’est une autre histoire.

Benoît XVI ne voulait pas vivre à Rome. Nous devons à Saint Jean-Paul II d’avoir insisté suffisamment, de manière répétée, et avec assez de force de conviction, pour que le cardinal Ratzinger s’installe à Rome, quasiment contre son gré. C’est dire s’il voulait être pape ! Et pourtant, quel destin !

Dans un service minimum qui ne leur fait pas honneur, les évêques de France saluent dans un communiqué “un grand théologien”. Mais s’il était en effet le plus grand théologien jamais élu sur le trône de Pierre, le pape Benoît était aussi tellement plus que ça.

Requiem aeternam dona ei, Domine:
et lux perpetua luceat ei.

Nous perdons un père aimant, infatigable ouvrier de l’unité des chrétiens, aimant la Liturgie, aimant l’Église catholique, apostolique et romaine. Et aimant tant la France, ne l’oublions jamais. Son passage au Collège des Bernardins reste gravé dans le cœur des Français.

Il nous reste à prier. En signe de gratitude d’abord, pour remercier le Seigneur de nous avoir envoyé un tel pasteur. Pour Le remercier parce que nous avons reçu la grâce de vivre sous le règne de ce saint Pape, et que nous pourrons témoigner pour les générations futures : “Je l’ai connu : c’était un saint homme !” Ensuite il nous reste à prier pour l’Église. Qu’elle retrouve le chemin du rassemblement, qu’elle sache puiser dans les paroles et les écrits du Cardinal Ratzinger et du pape Benoît XVI pour y trouver les moyens de sa mission : être le Sel de la Terre.

Benoît XVI aimait les saints. Il trouvait en chaque saint canonisé par l’Église un exemple de voie particulière vers le Seigneur. Prions aujourd’hui encore pour savoir à notre tour suivre le Seigneur, à l’image des saints qui nous montrent le chemin.

Chaque saint représente comme un rayon de lumière qui jaillit de la Parole de Dieu: de même nous pensons à saint Ignace de Loyola dans sa recherche de la vérité et dans le discernement spirituel; à saint Jean Bosco dans sa passion pour l’éducation des jeunes; à saint Jean-Marie Vianney dans sa conscience de la grandeur du sacerdoce comme don et devoir; à saint Pio de Pietrelcina en tant qu’instrument de la miséricorde divine; à saint Josemaría Escrivá dans sa prédication sur l’appel universel à la sainteté; à la bienheureuse Teresa de Calcutta, missionnaire de la charité de Dieu pour les plus délaissés, et jusqu’aux martyrs du nazisme et du communisme, représentés, d’une part, par sainte Bénédicte de la Croix (Édith Stein), moniale carmélite, et, d’autre part, par le bienheureux Aloys Stepinac, Cardinal Archevêque de Zagreb.”

Benoit XVI, in Verbum Domini, du 30.9.2010, numéro 48

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