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Caravage 2025 : le retour triomphal du génie baroque à Rome

Le toucher de Thomas - Caravage
Le toucher de Thomas - Caravage
À l’occasion du Jubilé de l’Espérance 2025, la Ville Éternelle consacre une exposition grandiose au maître du clair-obscur

Rome célèbre en grande pompe le retour de son génie intemporel : Michelangelo Merisi, plus connu sous le nom de Caravage. À l’occasion du Jubilé de l’Espérance 2025, la Ville Éternelle consacre une exposition grandiose au maître du clair-obscur, rendant hommage à une vie tourmentée et à un talent prodigieux. Un événement à ne pas manquer, qui ressuscite la puissance dramatique de ses œuvres et la profondeur de sa foi picturale.

Né en 1571 à Milan, Caravage grandit dans une Italie déchirée par les conflits religieux et politiques. Très jeune, il apprend la peinture aux côtés de Simone Peterzano, disciple de Titien, avant de partir pour Rome à l’âge de 21 ans. C’est là que son destin s’accomplit. La Ville Éternelle devient le théâtre de sa transformation artistique et spirituelle.

Son talent explose lors du Jubilé de 1600, sous le pontificat de Clément VIII, lorsqu’il reçoit sa première commande publique pour la Chapelle Contarelli de l’église San Luigi dei Francesi. Il y réalise trois chefs-d’œuvre : La Vocation de saint Matthieu, Saint Matthieu et l’ange et Le Martyre de saint Matthieu. Ces toiles témoignent déjà de son style unique, marqué par le contraste violent entre ombre et lumière, traduisant une vision mystique qui transcende les conventions picturales de son temps.

Rapidement, Caravage devient l’artiste incontournable de Rome, mais sa carrière est jalonnée de scandales. Son réalisme cru et sa volonté de représenter la vérité plutôt que la beauté idéalisée choquent autant qu’ils fascinent. La violence de son tempérament se reflète dans ses toiles, mais aussi dans sa vie personnelle, notamment avec le meurtre de Ranuccio Tomassoni en 1606, qui le contraint à fuir Rome.

Malgré son exil à Naples, en Sicile et à Malte, son génie artistique ne faiblit pas. Il réalise des œuvres d’une intensité saisissante comme La Capture du Christ ou Le Martyre de sainte Ursule, où son style devient plus sombre et introspectif. Ses tableaux témoignent d’une douleur profonde, comme un cri de l’âme cherchant la rédemption.

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Un retour triomphal : l’exposition « Caravage 2025 »

Le Palais Barberini accueille jusqu’au 6 juillet cette rétrospective exceptionnelle, rassemblant 24 œuvres, dont deux inédites : Portrait de Maffeo Barberini et Ecce Homo. Cette exposition est un hommage vibrant à la splendeur baroque et à la foi catholique, qui ont inspiré l’artiste tout au long de sa vie tumultueuse.Les chefs-d’œuvre réunis proviennent des plus grandes institutions mondiales : le Metropolitan Museum of Art de New York, le Musée de Detroit, le Musée de Kansas City, et des collections privées rarement dévoilées. Cette réunion inédite d’œuvres permet de saisir l’ampleur de l’influence caravagesque sur les générations suivantes.

Caravage n’est pas seulement un virtuose du pinceau, mais un prophète de la lumière. Ses toiles, loin de l’idéalisation de la Renaissance, explorent la profondeur de l’âme humaine et la brutalité de la condition mortelle. À travers des figures bibliques incarnées par des modèles populaires, il donne une voix aux humbles et aux pécheurs, rappelant ainsi que la grâce divine n’épargne personne.L’exposition Caravage 2025 est bien plus qu’un simple hommage : c’est un pèlerinage artistique qui révèle la quête d’absolu d’un peintre épris de vérité. À Rome, cette ville où la foi et l’art se rencontrent, l’âme de Caravage semble enfin apaisée, illuminant les esprits de son éclat immortel.

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