Selon les toutes dernières données compilées par World Population Review, environ 2,38 milliards de personnes dans le monde se déclarent chrétiennes. Ce volume représente près d’un tiers de la population mondiale et fait du christianisme la première religion du globe en nombre de fidèles. Cette réalité globale invite à distinguer les dynamiques mondiales de la situation spécifique de l’Europe, souvent prise, à tort, comme indicateur universel de l’évolution du christianisme.
Le christianisme contemporain se caractérise par une pluralité confessionnelle issue de son histoire. L’Église catholique demeure la plus importante, avec environ 1,2 milliard de fidèles, héritage direct de l’expansion européenne médiévale puis moderne.Les confessions protestantes, très diversifiées, occupent une place centrale en Amérique du Nord, en Afrique et dans certaines régions d’Asie, tandis que les Églises orthodoxes restent profondément enracinées en Europe orientale et en Russie.

Source World Population Review
À l’échelle géographique, le christianisme demeure majoritaire en Amérique du Nord et du Sud, en Russie, dans de vastes régions de l’Afrique subsaharienne, aux Philippines, à Timor-Leste et dans une grande partie de l’Océanie. Il reste également présent, de manière souvent ancienne mais minoritaire, au Moyen-Orient et en Indonésie, où subsistent des communautés chrétiennes historiquement enracinées, parfois fragilisées par les conflits, les recompositions étatiques ou l’émigration.
Le classement mondial selon le nombre total de chrétiens met en évidence un déplacement progressif mais net du centre de gravité du christianisme. Les États-Unis arrivent en tête avec environ 213 millions de chrétiens, suivis par le Brésil, qui en compte plus de 180 millions. Ces deux pays concentrent à eux seuls une part considérable du christianisme mondial, illustrant un basculement démographique amorcé au XXe siècle et désormais pleinement établi.

Dans ce paysage global, l’Europe occupe une position paradoxale. Historiquement cœur démographique, institutionnel et culturel du christianisme, elle ne figure plus aujourd’hui parmi les principaux pôles en nombre de fidèles. La majorité des pays européens ont connu, depuis la seconde moitié du XXe siècle, une baisse continue du nombre de personnes se déclarant chrétiennes. Cette évolution résulte d’un faisceau de facteurs, parmi lesquels la sécularisation, la transformation des modes de vie, la marginalisation progressive des institutions religieuses, mais aussi une recomposition démographique liée aux migrations contemporaines.
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C’est dans ce contexte que la situation de la Roumanie se distingue nettement. Avec près de 98 % de sa population se déclarant chrétienne, la Roumanie apparaît comme le seul pays européen à conserver un niveau de continuité religieuse comparable à celui observé dans certaines régions d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Océanie.
Le christianisme orthodoxe y demeure un marqueur central de l’identité collective, profondément ancré dans l’histoire nationale et resté largement intact malgré les bouleversements politiques du XXe siècle, y compris durant la période communiste.À l’inverse, les pays d’Europe occidentale, longtemps presque unanimement chrétiens sur le plan démographique et culturel, ont vu leur paysage religieux profondément se transformer. La baisse du nombre de chrétiens s’y est accompagnée d’une diversification confessionnelle inédite à l’époque contemporaine. Les flux migratoires en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie ont introduit durablement d’autres traditions religieuses, modifiant les équilibres hérités de plusieurs siècles d’histoire chrétienne quasi exclusive.
La France illustre clairement ce glissement. Bien qu’elle demeure l’un des pays européens comptant encore plusieurs dizaines de millions de chrétiens en valeur absolue, elle se situe désormais loin derrière dans les classements mondiaux, avec environ la moitié de sa population se déclarant chrétienne.( 50%)
Cette situation traduit moins une disparition du christianisme qu’une recomposition profonde du paysage religieux, marqué par la coexistence d’un héritage Chrétien séculaire et d’une pluralité confessionnelle installée ( musulmans).
Rappelons que les données de World Population Review, établies à partir de sources internationales reconnues telles que les Nations unies, le Pew Research Center, le CIA World Factbook et l’Association of Religion Data Archives, ne mesurent ni la pratique religieuse ni l’intensité de la foi. Elles offrent néanmoins un cadre comparatif solide quantitatif pour comprendre comment l’histoire longue, les choix politiques et les dynamiques migratoires ont contribué à redessiner en profondeur la carte mondiale du christianisme, et comment, au sein de l’Europe, la Roumanie apparaît désormais comme une exception plutôt que comme la norme.


