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[Clôture du consistoire] Le pape Léon XIV appelle à « une synodalité non technique mais affective »

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« Votre témoignage est vraiment précieux... prochain consistoire à proximité de la fête des saints Pierre et Paul, les 27 et 28 juin 2026 "

« Votre témoignage est vraiment précieux », c’est avec ces mots que le pape Léon XIV a conclu son premier consistoire extraordinaire, au terme de deux journées de prière et de travail avec les cardinaux venus du monde entier. Une formule de gratitude qui a donné le ton de l’intervention finale du Saint-Père, marquée par l’attention portée à la participation de chacun et par la volonté de consolider la communion au sein du Collège cardinalice.Dans ce même discours de clôture, Léon XIV a confirmé la convocation d’un nouveau consistoire « à proximité de la fête des saints Pierre et Paul », précisant que ces rencontres sont appelées à se poursuivre ensuite « avec une cadence annuelle, trois ou quatre jours, une fois par an ». Cette orientation manifeste la volonté d’inscrire la consultation des cardinaux dans le rythme ordinaire du gouvernement de l’Église.

Prenant la parole à la fin des interventions, le Pape a tenu à exprimer sa gratitude pour la présence, la participation et le soutien offerts au début de son pontificat. Il a adressé une attention particulière aux cardinaux les plus âgés, soulignant l’effort accompli pour se rendre à Rome. À ceux qui n’ont pas pu être présents, il a assuré : « Nous sommes avec vous et nous vous sentons proches ».Le Saint-Père avait également rappelé la nature propre du consistoire. « Le consistoire n’est pas appelé à être, en premier lieu, une équipe d’experts, mais une communauté de foi », situant clairement cette instance dans une perspective spirituelle avant toute considération technique. Dans le même esprit, il avait posé un cadre sans ambiguïté pour les échanges : « Nous ne sommes pas ici pour promouvoir des agendas, personnels ou de groupe », mais pour vivre un discernement commun à la lumière de la foi.

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Les travaux de ces deux journées ont principalement porté sur la synodalité et sur la mission, thèmes retenus par la majorité des groupes de travail. Léon XIV a souligné que ce chemin s’inscrit dans la continuité des demandes exprimées par les cardinaux avant et après le conclave, précisant que « la méthodologie a été choisie pour aider à se rencontrer et à mieux se connaître ». Il a également évoqué le climat des échanges, marqué selon lui par une « profonde harmonie » et par une « synodalité non technique mais affective, en continuité avec le Concile, base de la conversion et du renouveau de toute l’Église ».Sur le fond, le Pape a rappelé avec force la finalité de la vie ecclésiale. « La raison d’être de l’Église n’est ni pour les cardinaux, ni pour les évêques, ni pour le clergé. La raison d’être est d’annoncer l’Évangile », a-t-il déclaré, liant explicitement la démarche synodale à l’élan missionnaire.

Dans cette perspective, Evangelii Gaudium demeure, a-t-il rappelé, une référence vivante pour l’annonce du kérygme. « Annoncer le kérygme, l’Évangile avec le Christ au centre, voilà notre mission », a-t-il résumé.

Si la liturgie et la réforme de la Curie, telle qu’elle est définie par Praedicate Evangelium, n’ont pas été au cœur des discussions de ces deux journées, certaines voix ont rappelé leur importance dans la vie de l’Église. Le Saint-Père a toutefois assuré que ces thèmes « liés à ces questions et au Concile, ne seront pas oubliés », les replaçant dans une vision d’ensemble enracinée dans l’héritage du concile Vatican II.Enfin dans son discours de clôture, Léon XIV a évoqué le contexte international, soulignant « la situation du monde, qui rend d’autant plus urgente la réponse de toute l’Église », face aux souffrances, aux guerres et aux violences qui frappent de nombreuses Églises locales. Cette préoccupation a été largement partagée au cours des échanges.

Le consistoire s’est conclu par le chant du Te Deum, scellant ces deux journées comme un temps d’action de grâce et de discernement. Cette première rencontre extraordinaire apparaît ainsi comme une étape fondatrice du pontificat, marquée par un recentrage sur l’essentiel, la mission d’annoncer l’Évangile, et par la volonté d’inscrire la consultation des cardinaux dans un cadre régulier. En marge de la session de cloture du 9 janvier, le cardinal Cristóbal López Romero de Rabat a ainsi déclaré aux journalistes que « le Collège des cardinaux a été renforcé » par le consistoire « Cela a été une manière de réaffirmer qu’il y a une continuité — non pas tant avec le pape François, mais avec l’Évangile, avec le concile Vatican II et avec tout le magistère qui a émergé à la suite du concile Vatican II. » Ainsi, ce premier consistoire extraordinaire laisse l’image d’un pontificat qui entend s’inscrire dans la continuité vivante de la tradition conciliaire, en recherchant avant tout la fidélité à l’Évangile et la communion au sein de l’Église.

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