L’Œuvre d’Orient, association française apolitique fondée en 1856, célèbre cent soixante-dix ans d’existence. Pour souligner cet anniversaire, La Poste émet un timbre accompagné d’une feuille commémorative dont les titres « L’Œuvre d’Orient 170 ans » et « L’Œuvre d’Orient au service des chrétiens d’Orient depuis 1856 » sont rehaussés d’une dorure. Ce traitement graphique confère à l’ensemble une dimension solennelle, en cohérence avec l’histoire et la mission de l’institution.

Le visuel choisi reprend La célébration de l’Épiphanie ou l’Adoration des rois mages, création d’Augustin Frison-Roche. Le choix de l’Épiphanie s’inscrit dans la tradition des Églises orientales où cette fête est souvent célébrée en lien étroit avec Noël, soulignant la manifestation du Christ à toutes les nations. Cette référence iconographique traduit l’universalité du message chrétien et la richesse spirituelle des communautés soutenues depuis 1856. La conception graphique du timbre à date a été réalisée par Sandrine Chimbaud, d’après le logo des 170 ans de L’Œuvre d’Orient.
Sur le plan technique, le timbre est imprimé en héliogravure. Il présente un format de 52 x 40,85 mm et se décline en feuille de neuf timbres. Le tirage est fixé à 630 000 exemplaires. Sa valeur faciale est de 1,52 euro, correspondant à l’affranchissement Lettre Verte. Ces caractéristiques traduisent une volonté de diffusion large, au-delà du seul cercle des philatélistes. La vente en avant-première aura lieu les 10 et 11 avril 2026 dans sept villes françaises : Paris, Aix-en-Provence, Moulins, Périgueux, Toulouse, Metz et Valenciennes. La mise en vente générale interviendra ensuite dans l’ensemble du réseau postal.
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Rappelons que l’histoire de L’Œuvre d’Orient débute le 4 avril 1856, dans le contexte du traité de Paris qui met fin à la guerre de Crimée et reconnaît à la France un rôle de protection des chrétiens de l’Empire ottoman. Fondée sous le nom d’Œuvre des Écoles d’Orient par des professeurs laïcs de la Sorbonne réunis autour du mathématicien Augustin Cauchy, aux côtés de Charles Lenormant, Alfred de Falloux, Charles de Montalembert et du père de Ravignan, elle vise d’abord à soutenir les écoles francophones au Liban. L’éducation est alors perçue comme un levier essentiel pour l’avenir des sociétés locales.
Dès 1857, l’abbé Charles Martial Lavigerie est nommé premier directeur. En 1858, l’œuvre est reconnue comme œuvre d’Église par le pape Pie IX. Après les massacres de chrétiens en 1860, son action s’élargit à l’aide humanitaire. Sous la direction de Mgr Félix Charmetant à partir de 1883, elle se distingue par la dénonciation des violences subies par les Arméniens et par la mobilisation de la solidarité française. En 1931, l’Œuvre des Écoles d’Orient devient officiellement L’Œuvre d’Orient et renforce sa collaboration avec le Saint-Siège. Au fil du XXᵉ siècle, l’association accompagne les communautés chrétiennes confrontées aux guerres, aux famines, aux déplacements forcés et aux crises politiques.

De 2010 à 2025, la direction générale est assurée par Monseigneur Pascal Gollnisch, prêtre du diocèse de Paris et vicaire général de l’Ordinariat des catholiques orientaux en France. Après quinze années à la tête de L’Œuvre d’Orient, Monseigneur Pascal Gollnisch, qui a depuis dépassé l’âge de 73 ans, a été déchargé de ses fonctions de Directeur général. Depuis le 1er septembre 2025, Monseigneur Hugues de Woillemont, ancien secrétaire général de la Conférence des Évêques de France, a pris la direction de l’association, sur décision du Conseil d’administration et avec l’accord des autorités ecclésiales concernées. La présidence du Conseil d’administration est exercée par Jean-Yves Tolot depuis 2021.

En 2026, L’Œuvre d’Orient soutient environ 1 150 projets par an dans 23 pays, du Moyen-Orient à l’Europe orientale, de la Corne de l’Afrique au sud de l’Inde. Son action concerne l’éducation, les soins, l’aide sociale et humanitaire, la formation des prêtres et des religieux, ainsi que la préservation du patrimoine culturel et spirituel. Elle s’appuie sur près de 76 000 donateurs, 350 bénévoles en France et environ 130 volontaires en mission.À travers ce timbre d’exception, c’est une mémoire active qui est mise en lumière. Cent soixante-dix ans après sa fondation, L’Œuvre d’Orient poursuit une mission commencée dans un contexte diplomatique précis et prolongée, génération après génération, au service des chrétiens d’Orient et de l’ensemble des populations qu’ils servent au quotidien.


