En optant pour un dispositif resserré, structuré autour de groupes de travail et d’échanges minutés, Léon XIV inaugure son premier consistoire extraordinaire comme un exercice de méthode. Le calendrier arrêté pour les 7 et 8 janvier éclaire déjà les priorités, mais aussi les tensions possibles, de sa manière de gouverner.Selon les informations publiées le 6 janvier par Il Giornale, sous la plume du journaliste italien Nico Spuntoni, le consistoire prévu les 7 et 8 janvier se déroulera sur deux journées étroitement organisées. Il s’agit de l’un des premiers rendez-vous institutionnels majeurs du pontificat, présenté par Léon XIV lui-même comme un moment de communion, de réflexion et de partage destiné à l’aider dans la conduite de l’Église universelle.
Le format retenu marque une inflexion notable par rapport à la tradition des consistoires, habituellement centrés sur de longues prises de parole en assemblée plénière. Le nouveau pape privilégie le travail en petits groupes, une méthode déjà utilisée lors de la réunion des cardinaux sur la réforme de la Curie romaine à la fin de l’été 2022 par François. Ce choix vise à encadrer les échanges autour de thèmes précis, mais il suscite également des interrogations sur la place laissée à l’expression collective et à l’écoute de toutes les sensibilités.
Les travaux débuteront le premier jour à midi avec l’accueil et l’enregistrement des cardinaux dans l’atrium de la salle Paul VI, suivis d’un café de bienvenue. À 15 h 30, dans la nouvelle salle du Synode, la première session s’ouvrira par une prière commune. Le doyen du Collège des cardinaux adressera ensuite un mot de salutation, avant le discours introductif du pape. Léon XIV y présentera les axes de réflexion retenus, parmi lesquels une relecture d’Evangelii gaudium et de Praedicate evangelium, ainsi que les questions du synode, de la synodalité et de la liturgie, déjà mises en avant dans sa lettre de Noël.À l’issue de cette introduction, les cardinaux seront informés des critères de constitution des groupes de travail, information absente de la convocation officielle envoyée en novembre. La première journée se poursuivra par les échanges en groupes et s’achèvera à 18 h 45 par une allocution du pape et une prière commune.
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Le lendemain, après la messe célébrée le matin à l’autel de la Chaire dans la basilique Saint-Pierre, la deuxième session s’ouvrira avec la présentation des rapports issus des groupes de travail. Une fenêtre d’interventions libres est prévue autour de midi, dans un temps volontairement limité. Les cardinaux partageront ensuite un déjeuner avec le pape, moment à la fois pastoral et symbolique, avant la reprise des travaux.La troisième et dernière session débutera à 15 h 15. Elle sera consacrée à de nouveaux rapports de groupes et à d’autres interventions libres. Le consistoire se conclura à 18 h 45 par le discours final de Léon XIV et le Te Deum.
Dense et rigoureusement minuté, le programme du consistoire apparaît comme un test immédiat du style de gouvernement du nouveau pape. Dans un temps compté et face à un nombre important de participants, il reste à voir si cette organisation permettra un discernement réellement collégial ou si elle mettra en lumière les limites d’une méthode déjà expérimentée mais encore discutée.


