Dans le diocèse de Saint-Claude, la diminution continue du nombre de prêtres conduit à une transformation importante de l’organisation pastorale. À Lons-le-Saunier, une étape concrète de cette réorganisation a été franchie dimanche 22 février 2026 avec l’installation officielle de la nouvelle paroisse Saint-Désiré, issue du regroupement des anciens doyennés de Lons-le-Saunier et d’Arlay. La cérémonie, présidée par l’évêque du diocèse, Monseigneur Jean-Luc Garin, s’est déroulée à l’église des Cordeliers de Lons-le-Saunier et marque l’une des premières applications visibles de la réforme engagée dans l’Église du Jura.

Le diocèse de Saint-Claude couvre l’ensemble du département du Jura. Comme toute « Église particulière », il représente une portion du peuple de Dieu vivant sur un même territoire et confiée à un évêque qui en est le pasteur avec la coopération de ses prêtres, de ses diacres et de nombreux fidèles engagés dans la mission de l’Église. Son siège se trouve à la cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul-et-Saint-André de Saint-Claude, au cœur du Haut-Jura. Le diocèse appartient à la province ecclésiastique de Besançon, qui regroupe plusieurs diocèses de l’Est de la France : Besançon, Belfort-Montbéliard, Nancy et Toul, Saint-Claude, Saint-Dié et Verdun. La curie diocésaine, où sont installés les services administratifs et pastoraux, se situe 21 rue Saint-Roch à Poligny.

Le diocèse rassemble aujourd’hui environ 258 000 habitants, dont près de 185 000 catholiques, soit environ 71,7 % de la population. Le territoire diocésain s’étend sur près de 4 500 kilomètres carrés dans un département largement rural, caractérisé par de nombreuses petites communes et un patrimoine religieux très dense.

L’histoire du diocèse est intimement liée à celle de l’ancienne abbaye de Saint-Claude, centre spirituel majeur du Jura depuis le haut Moyen Âge. Le diocèse fut érigé le 22 janvier 1742 par une bulle du pape Benoît XIV, à partir des territoires de l’abbaye sécularisée et de paroisses détachées des diocèses voisins de Lyon et de Besançon. Supprimé lors du Concordat de 1801, il fut alors rattaché au diocèse de Besançon avant d’être rétabli le 6 octobre 1822 avec des limites correspondant à celles de l’actuel département du Jura.La tradition chrétienne du Jura est marquée par plusieurs grandes figures spirituelles. Parmi elles figurent saint Romain de Condat et saint Lupicin, deux frères qui fondèrent au Ve siècle l’un des premiers foyers monastiques de la région. Le diocèse honore également saint Oyend, abbé de Condat, et surtout saint Claude, évêque du VIIe siècle dont la renommée spirituelle fut telle que l’abbaye de Condat prit progressivement son nom. Saint Claude demeure aujourd’hui le patron du diocèse.

Comme de nombreux diocèses ruraux en France, celui de Saint-Claude doit aujourd’hui faire face à la diminution progressive du nombre de prêtres disponibles pour assurer les charges pastorales.
Selon les données de l’Église catholique, le diocèse compte actuellement 52 prêtres incardinés, dont 33 prêtres en activité pastorale. On dénombre également 70 prêtres résidents dans le territoire diocésain, parmi lesquels figurent plusieurs prêtres retraités ou venus d’autres diocèses, ainsi que 12 prêtres religieux appartenant à des communautés. À ces prêtres s’ajoute le ministère de 14 diacres permanents incardinés dans le diocèse et 15 diacres résidents. Le diocèse compte également 22 religieux et 74 religieuses engagés dans la vie spirituelle et pastorale du territoire. Malgré cette présence, le nombre de prêtres réellement disponibles pour desservir les paroisses reste limité, en particulier dans un territoire rural où les distances entre les communautés sont importantes.

À la tête du diocèse se trouve Monseigneur Jean-Luc Garin, nommé évêque de Saint-Claude par le pape François le 10 décembre 2020. Né le 27 octobre 1969 à La Bassée dans le Nord, il a été ordonné prêtre le 29 juin 1997 pour l’archidiocèse de Lille. Ordonné évêque le 14 février 2021 par l’archevêque de Besançon Jean-Luc Bouilleret, il a choisi pour devise épiscopale « L’espérance ne déçoit pas », une parole qui éclaire la manière dont il conduit aujourd’hui le diocèse jurassien, confronté à des défis pastoraux importants.
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L’objectif est de permettre une présence pastorale durable malgré la baisse des vocations sacerdotales et le vieillissement d’une partie du clergé, tout en favorisant une pastorale plus coordonnée à l’échelle du territoire. La paroisse Saint-Désiré de Lons-le-Saunier constitue l’une des nouvelles entités issues de cette restructuration. Elle regroupe désormais les anciens doyennés de Lons-le-Saunier et d’Arlay et couvre un territoire particulièrement vaste comprenant 83 communes et 71 églises.
L’installation officielle de la paroisse s’est déroulée lors d’une messe solennelle célébrée le dimanche 22 février 2026 à l’église des Cordeliers de Lons-le-Saunier. Selon le communiqué du diocèse, cette célébration a constitué « un moment fort et profondément joyeux » pour la communauté paroissiale. Présidée par Monseigneur Jean-Luc Garin et concélébrée par plusieurs prêtres, la liturgie a été vécue comme un temps d’action de grâce et d’espérance marquant le début d’un nouveau chapitre pour la vie paroissiale. Au début de la messe, le décret officiel de création de la paroisse Saint-Désiré a été lu devant l’assemblée. L’évêque a ensuite remis le sceau paroissial au curé de la paroisse, le père William Goyard, accompagné des deux secrétaires paroissiales. À la fin de la célébration, le père William Goyard a présenté les membres du nouveau conseil pastoral et du conseil économique qui ont reçu leur lettre de mission pour servir la vie de la paroisse. La journée s’est ensuite prolongée par un apéritif fraternel puis un repas partagé, permettant aux fidèles de se rencontrer dans une atmosphère simple et conviviale.
La nouvelle paroisse Saint-Désiré est confiée au père William Goyard, dont le parcours est marqué par une vocation tardive. Ancien notaire, il entre au séminaire en 2010 à l’âge de quarante ans avant d’être ordonné prêtre pour le diocèse de Saint-Claude. Après plusieurs missions pastorales, il est nommé curé de Lons-le-Saunier en 2022 puis reçoit en 2025 la responsabilité du secteur d’Arlay, prélude au regroupement des deux doyennés.

La vie du diocèse ne se résume cependant pas aux difficultés liées à la diminution du nombre de prêtres
Certains événements récents témoignent aussi d’un véritable dynamisme spirituel. Ainsi, la veille même de l’installation de la nouvelle paroisse, le samedi 21 février 2026, la collégiale de Poligny a accueilli la célébration de l’appel décisif des catéchumènes.Au cours de cette liturgie présidée par Monseigneur Jean-Luc Garin, 45 catéchumènes ont répondu « me voici » à l’appel de leur prénom. Ce geste public marque une étape essentielle sur le chemin vers le baptême. Durant tout le temps du Carême, ces catéchumènes poursuivent dans leurs paroisses l’ultime préparation aux sacrements de l’initiation chrétienne, le baptême, la confirmation et l’eucharistie, qu’ils recevront lors des célébrations de la Vigile pascale.
La juxtaposition de ces événements, la création de grandes paroisses rendue nécessaire par la diminution du nombre de prêtres et l’accueil de nombreux adultes demandant le baptême, illustre les réalités contrastées auxquelles l’Église est aujourd’hui confrontée. Dans le diocèse de Saint-Claude, la paroisse Saint-Désiré ouvre ainsi une nouvelle étape de la vie pastorale locale, dans un contexte où l’Église cherche à adapter ses structures tout en continuant d’annoncer l’Évangile et d’accompagner de nouveaux fidèles dans la foi.


