L’archevêque de Canterbury, Justin Welby, a annoncé sa démission ce mardi, après qu’une enquête accablante ait révélé son échec à signaler les agressions physiques et sexuelles commises par un bénévole dans des camps d’été chrétiens. Ce geste de retrait survient dans un contexte de scandales d’agressions sexuelles généralisées au sein de l’Église d’Angleterre, marquée par une gestion déplorable des cas d’abus au plus haut niveau.
La pression sur Justin Welby a atteint son paroxysme depuis la publication des conclusions de l’enquête, jeudi dernier. Celles-ci ont déclenché une vague de réprobation qui a particulièrement visé l’incapacité de l’archevêque à prendre les mesures nécessaires pour protéger les victimes dès qu’il a eu connaissance des faits. Helen-Ann Hartley, évêque de Newcastle, a souligné que la position de Welby était désormais « intenable », ajoutant que certains membres de l’Assemblée nationale de l’Église avaient lancé une pétition appelant à sa démission, après que l’archevêque « ait perdu la confiance de son clergé ».
Dans un communiqué, Welby a annoncé : « Je pense qu’il est dans l’intérêt de l’Église d’Angleterre, que j’aime profondément et que j’ai eu l’honneur de servir, que je me retire de mon poste. »
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Les protestations les plus virulentes viennent des victimes de John Smyth, un avocat respecté qui a abusé de jeunes garçons et jeunes hommes pendant des décennies dans des camps d’été chrétiens, au Royaume-Uni, au Zimbabwe et en Afrique du Sud. Andrew Morse, une des victimes de Smyth, a déclaré que la démission de Welby représente une opportunité pour l’Église de commencer à réparer les dommages causés par sa gestion calamiteuse des abus historiques. « La démission de Welby est l’occasion pour l’Église de commencer à réparer les erreurs du passé », a-t-il affirmé.
Ce scandale soulève des questions fondamentales sur la capacité de l’Église d’Angleterre à offrir une réelle protection aux innocents et à restaurer la confiance des fidèles dans ses dirigeants. L’incapacité de l’archevêque à agir face aux atrocités de Smyth, même après avoir eu connaissance des faits en 2013, illustre une culture de protection de l’institution avant celle des victimes, une tendance qui semble avoir perduré malgré les appels répétés à une réforme de fond.
Si la démission de Justin Welby est un premier pas, il reste à voir si l’Église saura véritablement changer de cap pour garantir que de tels abus ne se reproduisent plus.