Depuis 2000 ans

[ Editorial] L’arrogance scientifique face à la misère humaine, l’équation résolue d’avance ?

brown wooden table with chair
Photo by Egor Myznik

Dans un récent article du journal La Croix , Paul Airiau* déclare « Il faut faire des violences sexuelles dans l’Église un sujet de recherche scientifique ». Dans un monde qui valorise la connaissance et la recherche empirique au détriment d’une foi éclairante , sa proposition peut sembler légitime.

Il est cependant audacieux de vouloir aborder un problème aussi douloureux par le prisme de la science, comme si, en le disséquant en laboratoire, on pourrait en comprendre les causes profondes. On assiste là à une tentative de rationalisation de ce qui relève de la misère humaine.

L’homme, dans son arrogance ultime , cherche souvent à théoriser sur ses faiblesses. En effet, vouloir construire un “théorème du prêtre pervers” est une entreprise périlleuse. Ces actes ignobles, commis par certains hommes d’Église, nécessitent-ils vraiment une approche scientifique? La réponse se trouve peut-être moins dans les laboratoires que dans les cœurs.

On peut aller de rapports en rapports , de commissions en commissions, de colloques en colloques.. on en reviendra toujours au même point : L’homme face au péché, et de cela l’Evangile en donne toutes les réponses.

La foi offre une compréhension profonde de la nature humaine et de ses failles. Le péché originel, cette tache qui nous touche tous, se manifeste de mille et une façons dans nos vies. Chacun d’entre nous est confronté à ses propres démons, à ses pulsions.

La foi est un rempart contre ces déviances. Ces prêtres manquaient ils de foi ?

Plutôt que d’échafauder des théories complexes, ne devrions-nous pas chercher des réponses dans les mystères de la foi? Cette démarche demande une qualité que beaucoup de scientifiques et d’intellectuels modernes n’ont pas : l’humilité.

L’humilité ce trésor qui nous met à l’écoute de la Parole en opposition avec l ‘arrogance qui nous pousse à nous écouter , à écouter cette petite voix du mensonge pour mieux éviter la petite voie de l’Amour, le seul chemin vers Dieu. ( en référence à La petite voie thérésienne).

Ces hommes d’Église, coupables de crimes inexcusables pour l’homme mais que Dieu pourra ( ou non) pardonner , ne sont-ils pas avant tout victimes de leur propre nature, de leur manque de maîtrise et de continence?

À ceux qui aspirent à devenir les “professeurs Tournesol” du péché, il serait bon de rappeler que la prière et la méditation offrent une compréhension que la science peine à atteindre. L’équation devient limpide et la solution toute trouvée, reconnaitre la misère de l’homme c’est mieux que le théorème de Thalès ou Pythagore c’est rencontrer Dieu Lui-même.

Avant de se lancer dans des expéditions scientifiques sur la nature du mal, peut-être devraient-ils modestement se tourner vers l’infini de Dieu et reconnaitre la finitude misérable de l’Homme.Ayant intégrer cela l’on ne ressentira pas le besoin de passer des heures à disserter et à s’étendre sur l’une des pages sombres de l’Eglise , certains n’attendent que cela …et ils ne sont pas tous des scientifiques de bonne foi ..

*agrégé et docteur en histoire, diplômé de l’IEP de Paris, maître de conférences à l’IEP

Recevez chaque jour notre newsletter !