En moins d’une semaine, deux églises catholiques ont été la cible d’actes de malveillance à Toulouse et à Blois. Le samedi 17 janvier 2026, une statue de la Vierge Marie a été volontairement renversée dans une église toulousaine. Le mardi 20 janvier, à la tombée de la nuit, des gouttières en cuivre ont été méthodiquement arrachées sur une église de Blois. Dans les deux cas, il ne s’agit pas de faits accidentels, mais bien d’actes de malveillance, qui constituent des profanations au sens plein du terme.
Les fidèles de l’église Église Saint-Sylve ont découvert qu’une statue de la Vierge Marie avait été volontairement renversée à l’intérieur de l’édifice. L’acte a suscité une vive émotion au sein de la paroisse. Le père François de Larboust, curé des lieux, a annoncé le dépôt d’une plainte et l’organisation d’une messe de réparation, rappelant que ce type de geste relève d’une profanation et non d’une simple dégradation matérielle.
Une église est consacrée. Par le rite de dédicace, elle est mise à part pour Dieu. Ce caractère sacré ne concerne pas uniquement l’autel ou les objets liturgiques, mais l’ensemble de l’édifice. Les murs, le toit, les sculptures, les statues, tout ce qui constitue l’église participe de cette consécration. Porter atteinte à l’un de ces éléments, c’est porter atteinte à l’église elle-même, et donc à ce qu’elle représente spirituellement.
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Moins de cinq jours plus tard, le mardi 20 janvier 2026, une autre église catholique était à son tour visée à Blois. Dans la soirée, alors que la nuit était déjà tombée sur le centre-ville, deux individus ont été surpris en train de démonter méthodiquement les gouttières en cuivre de l’église Église Saint-Vincent-de-Paul, située rue du Pont-du-Gast. Il ne s’agit pas là d’une simple atteinte à un équipement urbain, mais bien d’une dégradation volontaire d’un élément constitutif de l’église.Alertées par des riverains, les forces de l’ordre sont intervenues rapidement et ont interpellé les auteurs en flagrant délit. Cinq longues gouttières en cuivre avaient déjà été arrachées du flanc ouest de l’église, vraisemblablement destinées à la revente sur le marché illégal des métaux. Le matériel a été intégralement récupéré.Les deux individus ont été placés en garde à vue au commissariat de Blois. Informé des faits, l’abbé Guillaume Lanchet, curé de la paroisse, s’est rendu au commissariat pour déposer plainte. Il a tenu à saluer la réactivité des policiers et à rappeler que ce type de dégradation touche directement la collectivité, la municipalité étant propriétaire des églises, et que ces réparations sont financées par l’impôt.
Dans les deux cas, à Toulouse comme à Blois, il y a profanation. Parce qu’il y a malveillance. Parce que l’église ne se réduit pas à ce qui est visible à l’intérieur de la nef. Parce que ses murs, son toit, ses éléments architecturaux et symboliques sont consacrés et participent d’un même ensemble sacré. Les dissocier pour mieux relativiser l’acte revient à nier ce que représente une église pour les catholiques.Nous ne pouvons pas nous habituer à ces profanations. Nous ne pouvons pas accepter qu’elles entrent dans la conscience collective comme de simples délits mineurs ou des faits divers ordinaires. La répétition de ces actes révèle un climat de désacralisation profonde, où l’église devient un espace que l’on peut dégrader sans que cela ne suscite une réaction à la hauteur de ce qui est atteint.Continuer à détourner le regard serait déjà consentir.


