En ce jour, l’Église célèbre la solennité de l’Épiphanie du Seigneur, manifestation du Christ aux nations, lorsque l’Enfant de Bethléem se fait reconnaître par les mages venus d’Orient. En Occident, cette adoration des mages constitue le cœur de la fête, signe que le salut apporté par Jésus-Christ n’est pas réservé à un seul peuple mais offert à tous les hommes en quête de vérité.
Dans la liturgie latine, lorsque le 6 janvier n’est pas férié, la célébration est reportée au dimanche le plus proche, comme ce fut le cas le 5 janvier 2025 et comme ce le sera le 4 janvier 2026, afin que le plus grand nombre de fidèles puissent participer pleinement à cette solennité majeure du temps de Noël.Les Églises d’Orient célèbrent quant à elles la sainte Théophanie, commémorant le baptême du Christ dans le Jourdain. Cet événement manifeste de façon éclatante la divinité de Jésus et révèle pour la première fois, de manière explicite, le mystère de la Sainte Trinité. La voix du Père et la descente de l’Esprit Saint attestent que Jésus est le Fils unique de Dieu, consubstantiel au Père, Verbe incarné pour notre salut, en qui la divinité s’unit sans confusion à notre humanité et la fait resplendir de sa gloire.
Le terme même d’« Épiphanie », issu du grec epipháneia, signifie apparition, manifestation. L’Église y célèbre la révélation de Jésus comme Messie, lumière véritable venue éclairer toutes les nations, selon l’expression du portail de l’Église catholique en France.
Cette tradition a été largement transmise par la piété chrétienne, notamment à travers La Légende dorée du bienheureux Jacques de Voragine, qui a façonné l’imaginaire spirituel de l’Occident médiéval.Lors de la messe de l’Épiphanie célébrée le 6 janvier 2011 dans la basilique vaticane, Benoît XVI livrait une méditation dense et exigeante sur la figure des mages. Il rappelait qu’ils étaient sans doute des savants, non de simples astrologues, mais des hommes en recherche de la lumière véritable capable d’orienter la vie humaine. Pour eux, la création portait l’empreinte de Dieu, et l’intelligence humaine pouvait y discerner la sagesse du Créateur.À l’inverse, le pape évoquait la figure d’Hérode, homme de pouvoir inquiet et brutal, invitant chacun à un examen de conscience. Ne voyons-nous pas parfois Dieu comme un rival, comme une limite à notre liberté ? Une telle perception, avertissait-il, rend l’homme insatisfait et fermé à la joie véritable. Faire place à Dieu ne diminue pas l’homme, mais lui permet au contraire de vivre pleinement, car Dieu est l’amour tout-puissant qui ne retire rien et ne menace rien.Benoît XVI soulignait encore que l’univers ne procède pas du chaos. Sa beauté, son mystère et sa grandeur invitent à reconnaître la raison éternelle et l’amour infini de Dieu pour l’homme. Les mages, guidés par l’étoile, ont compris que les critères divins ne sont pas ceux du monde : le Roi de l’univers ne se manifeste pas dans la puissance, mais dans l’humilité d’un amour qui respecte la liberté humaine.
Enfin, rappelait-il, les mages durent se laisser guider par l’Écriture. La Parole de Dieu est la véritable étoile, celle qui éclaire le chemin dans la confusion des débats humains et conduit à la splendeur de la vérité. Marcher avec l’Église, où la Parole a planté sa tente, permet à chaque croyant de devenir à son tour une lumière pour les autres, en reflétant la clarté du Christ.Cette solennité trouve aussi un écho concret dans la vie des communautés locales, comme en témoigne la célébration de l’Épiphanie à la Chapelle Notre-Dame de Consolation, à Costebelle, lieu de prière où la foi populaire s’unit à la contemplation du mystère du Christ manifesté aux nations.« Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (Mt 2,1). Cette profession de foi des mages demeure, aujourd’hui encore, l’invitation adressée à chaque homme : reconnaître dans l’Enfant de Bethléem le Sauveur du monde et se laisser conduire par sa lumière.


