Ce livre, qui paraitra en plein carême, s’inscrit dans un constat lucide et inquiet. Le catholicisme européen semble aujourd’hui suivre, parfois sans résistance, les convulsions d’un monde sécularisé. La morale devient relative, l’héritage chrétien est contesté, le passé est relégué au nom d’un présent instable. L’arrachement aux racines est présenté comme une promesse de renouveau, alors même qu’il fragilise l’âme des peuples et désoriente les consciences.Cette interrogation prolonge une parole déjà largement assumée par le cardinal Robert Sarah. En octobre dernier, lors d’un entretien accordé à Tribune Chrétienne à Rome, il rappelait avec sobriété et fermeté les fondements immuables de la foi catholique, dénonçant la culture de mort, l’effacement de Dieu dans la vie publique, la confusion doctrinale et les dérives liturgiques. Il appelait surtout à une fidélité courageuse au dépôt de la foi, condition indispensable pour que l’Église demeure une lumière et non un simple reflet du monde.
Cette ligne de fidélité traverse l’ensemble de son œuvre. Depuis Dieu ou rien, qui affirmait que sans Dieu tout s’écroule, jusqu’à La force du silence, méditation devenue classique sur l’écoute de Dieu dans un monde saturé de bruit, le cardinal n’a cessé d’inviter à un recentrement radical. Avec Le soir approche et déjà le jour baisse, il dressait un diagnostic sévère du déclin spirituel de l’Occident, tandis que le Catéchisme de la vie spirituelle répondait à la confusion contemporaine par un retour aux fondamentaux de la prière, des sacrements et de la vie intérieure.
Plus récemment, Dieu existe-t-il ? est venu rappeler que la question de Dieu demeure centrale, malgré les tentatives répétées de l’effacer de l’horizon humain. Rappelons que ses ouvrages consacrés au mariage, à la famille et à Humanae Vitae, ainsi que ses réflexions sur le sacerdoce, écrites avec Benoît XVI, témoignent d’une même cohérence spirituelle et doctrinale. Chaque livre éclaire une facette d’un combat unique : préserver la vérité chrétienne dans un monde qui la relativise.
Dans ce contexte, 2050 apparaît comme une étape décisive. Ce livre ne se contente pas d’analyser le présent, il projette la question dans un avenir proche, en posant une alternative claire. L’Église acceptera-t-elle de rester fidèle à ce qu’elle est, lumière reçue du Christ, ou cédera-t-elle à la tentation de l’adaptation permanente, au risque de perdre sa raison d’être ?Le phare évoqué par le cardinal Robert Sarah n’est ni une image nostalgique ni une posture défensive. Il est le symbole d’une Église appelée à demeurer enracinée et visible pour guider dans la nuit. À l’horizon de 2050, ce livre invite chacun à mesurer l’urgence du moment présent. Car c’est aujourd’hui que se décide si l’Église éclairera encore demain, ou si elle laissera sa lumière s’atténuer dans le silence du renoncement.


