Au Koweït, l’élévation d’une église historique au rang de basilique mineure met en lumière à la fois l’enracinement de l’Église catholique dans le Golfe Du 14 au 16 janvier 2026, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, effectue une visite officielle au Koweït à l’occasion de la proclamation de l’église Notre-Dame d’Arabie, située à Ahmadi, comme basilique mineure. Cette église, considérée comme l’église mère du Vicariat apostolique d’Arabie du Nord, devient la première basilique mineure de toute la péninsule Arabique.

Rappelons que Notre Dame d’Arabie est la plus grande église catholique de la péninsule Arabique, elle répond aux besoins d’une communauté catholique majoritairement composée de travailleurs immigrés, forte d’environ 80 000 fidèles. La cathédrale peut accueillir 2 300 personnes et ne comporte aucun signe religieux extérieur visible.
Arrivé à Koweït City jeudi 15 janvier, le cardinal Parolin a été accueilli par le nonce apostolique, l’archevêque Eugene Martin Nugent, par le vicaire apostolique d’Arabie du Nord, MonseigneurAldo Berardi, ainsi que par les autorités civiles koweïtiennes. Cet accueil officiel souligne l’importance accordée par l’État à cette visite et au cadre diplomatique qui l’accompagne.Selon le vicaire apostolique, les deux journées de présence du Secrétaire d’État, les 15 et 16 janvier, sont marquées par un agenda particulièrement dense. Les premières rencontres officielles ont été suivies d’un déjeuner offert par le gouvernement, puis d’une visite de la Grande Mosquée et du Musée des antiquités islamiques, signes concrets d’une volonté de dialogue et de respect mutuel. Le cardinal a ensuite rencontré le clergé, les religieux et les religieuses à la Holy Family Co-Cathedral, où a été célébrée, jeudi après-midi, une messe à l’occasion du soixante-cinquième anniversaire de la consécration de cet édifice. La journée s’est conclue par une réception à la Bishop’s House.
Dans l’allocution qu’il a prononcée en présidant, jeudi soir, une célébration liturgique solennelle, en présence de plusieurs ambassadeurs et diplomates accrédités auprès de l’État, et avec la participation d’environ soixante-dix prêtres venus de tous les pays du Golfe, le cardinal Parolin a expliqué que cette décision pontificale constitue une reconnaissance de l’enracinement du culte de la Vierge Marie sur cette terre. Il a également souligné que cette célébration coïncide avec le soixante-cinquième anniversaire de la consécration de la co-cathédrale du Koweït, qui a été, durant des décennies, un lieu de rencontre humaine et spirituelle, ainsi qu’un espace d’accueil pour le dialogue et la rencontre entre les cultures et les religions.Le cardinal Parolin a exprimé sa joie à l’occasion de sa première visite au Koweït et de la prière qu’il célébrera demain dans cette église située entre la mer et le désert.
Il a affirmé que cette église est devenue un refuge spirituel pour des générations de fidèles de différentes nationalités et langues, venus au Koweït pour travailler et y vivre, et qui y ont trouvé la paix et une croissance spirituelle. En conclusion de son intervention, le cardinal Parolin a invité à renouveler l’engagement afin que l’Église au Koweït demeure un phare de foi, de paix et de dialogue, reflétant son unité et sa diversité, et contribuant à la promotion des valeurs de coexistence et de respect mutuel, sous la protection de la Vierge Marie et de la Sainte Famille, au service de toute l’humanité.
Le moment central du séjour se déroule ce vendredi 16 janvier, avec la célébration solennelle de l’élévation de l’église Notre-Dame d’Arabie, désormais officiellement désignée sous le nom de Basilica Minor Dominae Nostrae de Arabia.( basilique mineure de Notre-Dame d’Arabie)
La cérémonie a lieu à Ahmadi et est présidée par le cardinal Pietro Parolin. Ce titre a été conféré le 28 juin 2025 par le pape Léon XIV, en reconnaissance de l’importance historique et spirituelle de cette église, la plus ancienne du Koweït et de la région du golfe Persique.
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L’histoire de cette église remonte à 1948, lorsqu’une ancienne centrale électrique fut transformée en chapelle. La première messe y fut célébrée le jour de la fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie. La même année, le premier prêtre résident du Koweït, le père Theophano Stella, fut nommé, avant de devenir le premier vicaire apostolique du pays. En 1952, la Kuwait Oil Company accorda l’autorisation de construire une nouvelle église à Ahmadi, appelée à devenir l’église mère du vicariat apostolique, qui couvre aujourd’hui le Koweït, le Bahreïn, le Qatar et l’Arabie saoudite. La première pierre de l’édifice fut bénie par le pape Pius XII avant d’être envoyée au Koweït. Elle fut posée le 8 septembre 1955 et l’église fut consacrée à Notre-Dame d’Arabie en avril 1956.Au fil des décennies, ce lieu est devenu un point de référence pour des communautés catholiques composées en grande majorité de travailleurs expatriés, issus de nombreux pays et de différents rites. Malgré les épreuves, les transformations sociales et les crises régionales, l’église d’Ahmadi a conservé son rôle central dans la vie pastorale du vicariat.
Un communiqué conjoint souligne que cette visite officielle s’inscrit dans une relation diplomatique ancienne entre le Saint-Siège et l’État du Koweït, établie en 1968, faisant du Koweït le premier pays du Conseil de coopération des États arabes du Golfe à nouer de telles relations avec le Vatican. Le texte rappelle également la tradition de coexistence religieuse qui caractérise le pays et les principes de respect mutuel inscrits dans sa Constitution.Dans cette continuité, la visite du cardinal Pietro Parolin vise à renforcer les liens d’amitié et de coopération entre le Saint-Siège et l’État du Koweït, tout en donnant une visibilité nouvelle à une Église catholique solidement enracinée, discrète dans sa présence mais constante dans son témoignage au cœur du monde arabe.


