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Dénatalité en France : en 2025 ,plus de décès que de naissances, le signe d’une société qui ne croit plus en la vie

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Avortement, euthanasie, dénatalité : la France organise la mort et feint de découvrir ses conséquences

Derrière cette rupture historique se dessinent des choix matériels, culturels, politiques et spirituels profondément cohérents entre eux, qui interrogent le rapport de la société française à l’enfant, à la famille, à la souffrance, et à l’espérance et à la vie.Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a franchi un seuil que l’on croyait impensable. En 2025, il y a eu plus de morts que de naissances. Six mille décès de plus que d’enfants venus au monde, 645 000 naissances contre 651 000 décès. Le constat, établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques, n’est pas une simple anomalie statistique. Il est le révélateur brutal de l’état moral, spirituel et anthropologique du pays.

Car derrière ces chiffres se cache une réalité plus profonde : la France est devenue une société qui a oublié la vie, les valeurs de la vie, le sens de la famille, et jusqu’à la capacité d’aimer.

Une société qui ne sait plus se donner, qui ne sait plus transmettre, qui ne sait plus espérer. Une société qui ne regarde plus l’avenir comme une promesse, mais comme une menace Rappelons que cette chute de la natalité s’explique d’abord par des raisons matérielles. Le poids des contraintes économiques, la précarité, la peur du déclassement social, le coût du logement, l’instabilité professionnelle, la pression permanente du quotidien. Beaucoup de couples renoncent à l’enfant par peur ; peur de ne pas y arriver, peur de ne pas assurer, peur de demain.

Mais cette peur de l’avenir est elle-même un symptôme plus profond. Elle révèle un manque d’espérance. Une société qui ne croit plus en demain est une société qui ne peut plus accueillir la vie. Cette angoisse généralisée témoigne d’un basculement spirituel : l’homme moderne a voulu mettre son avenir entièrement entre ses propres mains, sans plus compter sur Dieu. Quand l’avenir n’est plus confié à la Providence, il devient écrasant. Quand tout repose sur le calcul, la sécurité et la maîtrise, l’enfant apparaît comme un risque supplémentaire.

La crise matérielle rejoint alors la crise théologique. Là où l’espérance disparaît, la peur s’installe durablement. Là où Dieu est absent, la confiance en l’avenir se réduit à des garanties toujours insuffisantes. L’enfant n’est plus accueilli comme un don, mais évalué comme une charge. La vie cesse d’être reçue, elle devient conditionnelle.

Certes, la population française atteint encore 69,1 millions d’habitants. Mais cette stabilité est artificielle. Elle repose largement sur le solde migratoire. La France ne se renouvelle plus par ses propres familles. Elle ne se donne plus la vie. Une nation qui ne transmet plus biologiquement est déjà une nation qui doute d’elle-même, qui ne croit plus en son avenir.L’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, un niveau que l’on n’avait plus connu depuis 1918. En 1918, la France sortait d’une guerre totale, elle était ravagée mais habitée par un désir de reconstruction, de famille et de vie. En 2025, il n’y a pas de ruines visibles, mais un désert intérieur. Une société pourrie d’idéologie, une société qui a tué Dieu, et qui finit logiquement par tuer la vie.

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Cette logique est cohérente et implacable

Alors que les berceaux se vident, la France s’apprête, le 20 janvier prochain, à examiner et voter une loi sur l’euthanasie. Sous des expressions rassurantes comme « aide à mourir » ou « mort digne », il s’agirait en réalité d’organiser un nouveau droit de tuer, en permettant de provoquer volontairement la mort d’un être humain jugé trop souffrant, trop fragile ou trop dépendant. La compassion devient le paravent moral d’un geste radical : supprimer la vie lorsque celle-ci ne correspond plus aux critères de l’autonomie ou de la performance.Dans le même temps, un autre droit de tuer est déjà institutionnalisé depuis longtemps : l’avortement. Présenté comme un progrès, il a banalisé la suppression de la vie avant même qu’elle ne voie le jour.

Une société qui accepte de tuer l’enfant à naître et qui s’apprête à légaliser la mort provoquée du malade ou du vieillard ne peut pas s’étonner de ne plus donner la vie. Tout se tient, du commencement à la fin de l’existence humaine.

À cela s’ajoute la déconstruction méthodique de la famille. Fragilisation du mariage, confusion volontaire sur la filiation, séparation systématique entre sexualité et procréation. L’enfant n’est plus accueilli, il est planifié, différé ou évité. La famille n’est plus la cellule fondamentale de la société, elle est relativisée, déconstruite, soupçonnée.Au fond, la crise est d’abord théologique. En chassant Dieu de l’horizon collectif, la société moderne a perdu le sens du caractère sacré de la vie. Si Dieu n’est plus reconnu comme Créateur, alors la vie n’est plus reçue comme un don, elle devient un objet de décision. L’homme se fait juge du commencement et de la fin. Il décide qui peut naître et qui peut mourir.

Dans la vision chrétienne, la vie humaine n’est jamais une propriété privée. Elle est confiée. Elle est vocation. Elle est espérance incarnée. Refuser la vie par peur de l’avenir, c’est confesser une absence d’espérance. C’est le signe d’hommes et de femmes qui portent seuls le poids du futur, sans s’abandonner à Dieu.Ces chiffres ne sont pas une fatalité. Ils sont un avertissement sévère. Ou bien la France redécouvre que toute vie humaine est sacrée, de la conception à la mort naturelle, qu’elle redonne sa place à la famille, au don, à la confiance et à l’espérance, et qu’elle accepte de remettre son avenir entre les mains de Dieu. Ou bien elle poursuivra jusqu’au bout cette logique froide et cohérente d’une civilisation qui a choisi la mort, et qui en récoltera un jour toutes les conséquences.

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