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[Incendie de Crans-Montana] « Quel sens donner à de tels événements ? » : le pape Léon XIV reçoit et s’adresse aux familles des victimes

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« Lorsque j’ai appris que, de votre part, quelqu’un avait demandé cette audience, j’ai aussitôt dit : Oui, nous trouverons le temps » ( intégralité du texte )

Ce jeudi 15 janvier 2026, le pape Leon XIV a reçu en audience, les familles des victimes de l’incendie survenu à Crans-Montana. Le drame, qui a causé la mort de quarante personnes, dont vingt mineurs, et fait plus d’une centaine de blessés de plusieurs nationalités, demeure une blessure ouverte pour les proches, alors que l’enquête judiciaire se poursuit.Dès l’ouverture de la rencontre, le pape a placé son intervention sous le signe de la proximité et de l’émotion partagée. « Je vous dis très sincèrement que je suis profondément ému de vous rencontrer », a-t-il confié, rappelant avoir immédiatement répondu favorablement à la demande d’audience :

« Lorsque j’ai appris que, de votre part, quelqu’un avait demandé cette audience, j’ai aussitôt dit : “Oui, nous trouverons le temps” » Ces paroles situent clairement l’intention du Souverain pontife de se tenir aux côtés de ceux qui traversent l’épreuve.Leon XIV a nommé sans détour la dimension spirituelle de la tragédie. « Je voulais au moins avoir l’occasion de partager un moment qui, pour vous, au milieu de tant de douleur et de souffrance, est véritablement une épreuve de notre foi », a-t-il déclaré. Il a alors formulé la question qui surgit spontanément face à la mort brutale : « Pourquoi, Seigneur ? ». En évoquant une messe de funérailles où la prédication avait pris la forme d’un dialogue avec Dieu, le pape a montré que cette interrogation traverse l’expérience croyante et n’est ni un scandale ni une faute.Le discours du pape s’enracine dans une description concrète de la souffrance. Il a rappelé que certains ont perdu « l’une des personnes qui vous est la plus chère, la plus aimée, dans une catastrophe d’une extrême violence », tandis que d’autres accompagnent encore des proches gravement blessés, « hospitalisés pour une longue période, le corps marqué par les conséquences d’un terrible incendie ». Il a souligné le caractère d’autant plus déchirant du drame qu’il s’est produit « au moment le plus inattendu, un jour où tous se réjouissaient et faisaient la fête pour échanger des vœux de joie et de bonheur ».

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Au cœur de son intervention, Leone XIV a posé une question centrale : « Que dire alors dans une telle circonstance ? Quel sens donner à de tels événements ? ». Refusant toute consolation facile, il a mis en garde contre « des paroles vaines et superficielles », orientant l’écoute vers la parole même du Christ en croix. « Peut-être n’y a-t-il qu’une seule parole qui soit adéquate », a-t-il affirmé, avant de citer le cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46).

En s’appuyant sur cette parole évangélique, le pape a rappelé que le Fils de Dieu a lui-même traversé l’abîme de l’abandon.

Leon XIV n’a pas escamoté le silence de Dieu. « La réponse du Père à la supplication du Fils se fait attendre trois jours, dans le silence », a-t-il observé, avant d’ouvrir la perspective pascale : « Mais ensuite, quelle réponse ! Jésus ressuscite dans la gloire, vivant pour toujours dans la joie et la lumière éternelle de Pâques. » La foi chrétienne, a-t-il rappelé, ne nie pas la nuit, mais elle affirme qu’elle n’a pas le dernier mot.Avec une grande humilité, le pape a reconnu ses propres limites : « Je ne peux pas vous expliquer, frères et sœurs, pourquoi il vous a été demandé, à vous et à vos proches, d’affronter une telle épreuve. » Il a ajouté que « l’affection et les paroles humaines de compassion » lui semblaient « très limitées et impuissantes ». C’est précisément à partir de cette impuissance que Leon XIV a réaffirmé le cœur de l’espérance chrétienne : « Votre espérance n’est pas vaine, parce que le Christ est vraiment ressuscité ! ».

En citant saint Paul, le Pape a inscrit cette espérance dans la tradition apostolique : « Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espérance dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! Le Christ est ressuscité d’entre les morts » (1 Co 15,19-20). Cette parole, a-t-il laissé entendre, ne supprime pas la douleur présente, mais elle lui donne un horizon.Le souverain pontife a ensuite assuré les familles de la proximité du Christ et de l’Église. « Rien ne pourra jamais vous séparer de l’amour du Christ », a-t-il déclaré, rappelant que la foi « éclaire les moments les plus sombres et les plus douloureux de notre vie d’une lumière irremplaçable ». Ce chemin, a-t-il précisé, est un « chemin de mort et de résurrection », qui demande « patience et persévérance ».

Enfin, Leon XIV a confié les familles à Marie. « Votre cœur aujourd’hui est transpercé, comme le fut celui de Marie au pied de la Croix », a-t-il dit, invoquant Marie des Douleurs comme une présence maternelle capable d’accueillir les larmes et de soutenir l’attente. « Comme Marie, vous saurez attendre avec patience, dans la nuit de la souffrance mais avec la certitude de la foi, qu’un jour nouveau se lève, et vous retrouverez la joie. » En concluant par la prière du Notre Père, l’Ave Maria et l’octroi de la bénédiction apostolique, le pape a voulu signifier que l’Église tout entière porte avec les familles ce fardeau. Sans répondre aux questions judiciaires encore ouvertes, cette audience a offert un espace de vérité spirituelle, où la douleur est reconnue, la foi éprouvée, et l’espérance affirmée sans illusion.

Audience aux familles des victimes de l’incendie de Crans-Montana, 15.01.2026

( Traduction Tribune Chrétienne )

« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
La paix soit avec vous.

Bonjour à tous, soyez les bienvenus.

Je vous dis très sincèrement que je suis profondément ému de vous rencontrer. Lorsque j’ai appris que, de votre part, quelqu’un avait demandé cette audience, j’ai aussitôt dit : « Oui, nous trouverons le temps ». Je voulais au moins avoir l’occasion de partager un moment qui, pour vous, au milieu de tant de douleur et de souffrance, est véritablement une épreuve de notre foi, une épreuve de ce que nous croyons. On se demande tant de fois : « Pourquoi, Seigneur ? ». Quelqu’un m’a rappelé un moment semblable, précisément lors de la messe de funérailles, où, au lieu de faire une homélie, le prêtre parlait comme dans un dialogue entre la personne et Dieu lui-même, avec cette question qui nous accompagne toujours, pour dire : « Pourquoi, Seigneur, pourquoi ? ».

Ce sont des moments de grande douleur et de grande souffrance. L’une des personnes qui vous est la plus chère, la plus aimée, a perdu la vie dans une catastrophe d’une extrême violence, ou bien se trouve hospitalisée pour une longue période, le corps marqué par les conséquences d’un terrible incendie qui a frappé l’imaginaire du monde entier. Et cela au moment le plus inattendu, un jour où tous se réjouissaient et faisaient la fête pour échanger des vœux de joie et de bonheur.

Que dire alors dans une telle circonstance ? Quel sens donner à de tels événements ? Où trouver une consolation à la hauteur de ce que vous éprouvez, un réconfort qui ne soit pas fait de paroles vaines et superficielles, mais qui touche en profondeur et ravive l’espérance ? Peut-être n’y a-t-il qu’une seule parole qui soit adéquate, celle du Fils de Dieu sur la croix, à laquelle vous êtes aujourd’hui si proches, qui, du fond de son abandon et de sa douleur, cria vers le Père : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46).

La réponse du Père à la supplication du Fils se fait attendre trois jours, dans le silence. Mais ensuite, quelle réponse ! Jésus ressuscite dans la gloire, vivant pour toujours dans la joie et la lumière éternelle de Pâques.

Je ne peux pas vous expliquer, frères et sœurs, pourquoi il vous a été demandé, à vous et à vos proches, d’affronter une telle épreuve. L’affection et les paroles humaines de compassion que je vous adresse aujourd’hui semblent très limitées et impuissantes. D’un autre côté, le Successeur de Pierre que vous êtes venus rencontrer aujourd’hui vous l’affirme avec force et conviction : votre espérance, votre espérance n’est pas vaine, parce que le Christ est vraiment ressuscité ! La Sainte Église en est témoin et l’annonce avec certitude. Saint Paul, qui l’avait vu vivant, disait aux chrétiens de Corinthe : « Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espérance dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! Le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » (1 Co 15,19-20).

Chers frères et sœurs, rien ne pourra jamais vous séparer de l’amour du Christ (cf. Rm 8,35), pas plus que vos proches qui souffrent ou que vous avez perdus. La foi qui habite en nous éclaire les moments les plus sombres et les plus douloureux de notre vie d’une lumière irremplaçable, qui nous aide à poursuivre courageusement le chemin vers le but. Jésus nous précède sur ce chemin de mort et de résurrection, qui requiert patience et persévérance. Soyez certains de sa proximité et de sa tendresse : il n’est pas loin de ce que vous êtes en train de vivre, au contraire, il le partage et le porte avec vous. De la même manière, toute l’Église le porte avec vous. Soyez assurés de la prière de toute l’Église, et de ma prière personnelle, pour le repos de vos défunts, pour le soulagement de ceux que vous aimez et qui souffrent, et pour vous-mêmes qui les accompagnez par votre tendresse et votre amour.

Votre cœur aujourd’hui est transpercé, comme le fut celui de Marie au pied de la Croix, Marie, à la Croix, qui voyait son Fils. Marie des Douleurs est proche de vous en ces jours, et c’est à elle que je vous confie. Adressez-lui sans réserve vos larmes et cherchez en elle le réconfort maternel que peut-être seule Marie saura vous donner et qu’elle pourra certainement vous donner. Comme Marie, vous saurez attendre avec patience, dans la nuit de la souffrance mais avec la certitude de la foi, qu’un jour, un jour nouveau se lève, et vous retrouverez la joie.

En signe de réconfort et de proximité, et pour vouloir aussi partager avec vous ce moment, je vous invite à prier ensemble, et j’accorde à chacun de vous, ainsi qu’à tous vos proches qui souffrent, la Bénédiction apostolique.

Prions ensemble : Notre Père…

Et à Marie, notre Mère, Notre-Dame des Douleurs, disons : Je vous salue Marie… »

Source Vatican

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