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« La GPA est une nouvelle forme de colonialisme » : Monseigneur Paul Richard Gallagher dénonce une pratique contraire à la dignité humaine

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Monseigneur Paul Richard Gallagher a appelé à un engagement commun au niveau international ,rappelant que disposer de moyens financiers ne confère à personne un droit à l’enfant

À Rome, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États et les organisations internationales, Monseigneur Paul Richard Gallagher, a dénoncé avec gravité la gestation pour autrui, qualifiée de « nouvelle forme de colonialisme ». Lors d’une rencontre organisée le 13 janvier à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, il a mis en garde contre une pratique qui transforme la personne humaine en objet de transaction et exploite les plus vulnérables, au moment même où, en juillet 2025, l’Organisation des Nations Unies elle-même dénonçait la GPA comme une forme moderne d’esclavage.

S’exprimant dans le cadre d’un dialogue consacré à la prévention de la marchandisation des femmes et des enfants dans la maternité de substitution, Monseigneur Paul Richard Gallagher a rappelé que la question de la GPA ne relève pas d’un simple débat sociétal ou juridique, mais concerne l’humanité tout entière. Devant le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège,Il a cité les paroles prononcées le 9 janvier par le pape Léon XIV, dans lesquelles le Souverain pontife dénonçait une pratique qui, en transformant la gestation en un service négociable, viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un produit, que de la mère, instrumentalisée dans son corps et dans le processus de procréation, altérant ainsi le projet relationnel originel de la famille.

Monseigneur Gallagher a souligné que cette position s’inscrit dans la continuité du magistère récent de l’Église, rappelant que le pape François avait déjà qualifié la maternité de substitution de pratique déplorable, fondée sur l’exploitation d’une situation de nécessité matérielle de la femme. Il ne s’agit donc pas d’une réaction idéologique, mais d’un jugement moral constant face à une logique qui réduit la personne humaine à un objet contractuel.

Au cœur de son analyse, le secrétaire du Saint-Siège a dénoncé la marchandisation de la personne. Même lorsqu’elle est présentée comme un geste de générosité, la gestation pour autrui repose sur une logique contractuelle qui place le désir de l’adulte au-dessus du bien de l’enfant. Celui-ci est confié aux commanditaires en vertu d’un contrat, tandis que la femme est réduite à un instrument reproductif. Le centre, a-t-il insisté, ne peut pas être le désir de l’adulte.Le prélat a également mis en garde contre l’argument du consentement formel, rappelant que de nombreux accords sont conclus sous pression économique, avec une autonomie contractuelle très limitée, souvent par l’intermédiaire d’agences qui réduisent encore davantage la liberté réelle de décision des femmes concernées. Cette réalité fragilise profondément l’idée selon laquelle un simple encadrement juridique suffirait à prévenir les abus.

Abordant les conséquences anthropologiques de la GPA, Monseigneur Gallagher a insisté sur l’atteinte portée à la compréhension de la maternité. En réduisant la gestation à une fonction reproductrice transférable, la pratique occulte la dimension existentielle, personnelle et non substituable de la grossesse. Cette réduction a des effets durables sur la conception sociale de la maternité et plus largement sur celle de la dignité humaine, ce qui explique que certaines voix issues du monde féministe dénoncent également une pratique assimilée à la transformation de la femme en simple incubateur.

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Cette analyse rejoint les conclusions formulées en juillet 2025 par l’Organisation des Nations Unies. Dans un rapport présenté par la rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles, la GPA commerciale est assimilée à la vente d’enfants et à une forme contemporaine d’esclavage, en ce qu’elle place les femmes dans des situations où des attributs du droit de propriété sont exercés sur leur corps. Le rapport souligne également que les enfants sont exposés à une séparation programmée dès la naissance et risquent d’être traités comme des marchandises. Sans citer explicitement ce document, Mgr Gallagher a développé une analyse largement convergente, évoquant une pratique répandue dans les pays les plus pauvres et alimentée par des mécanismes de marché.

C’est dans ce contexte que la prise de position de certains responsables politiques occidentaux apparaît en décalage avec la vérité de l’Eglise. En France, Gabriel Attal a exprimé sa volonté de légaliser la gestation pour autrui, alors même que l’ONU appelle à son interdiction mondiale et que le Saint-Siège réaffirme sa ferme opposition

Cette divergence met en lumière un choix de société entre une logique marchande appliquée à la procréation et une conception fondée sur la dignité inaliénable et le caractère sacré de la personne humaine.Sur le plan juridique, Monseigneur Gallagher a estimé que la voie de la réglementation est inadéquate et contre-productive. En sécurisant juridiquement les procédures, elle stimulerait la demande et, par conséquent, l’offre, multipliant les situations d’exploitation et le nombre d’enfants traités comme des biens contractuels. Selon lui, l’invocation de l’intérêt supérieur de l’enfant ne peut être satisfaite par un simple encadrement juridique, la seule réponse cohérente demeurant l’abolition de la gestation pour autrui.Il a enfin salué la position de l’Italie, qui a choisi de durcir sa législation en étendant depuis 2024 le délit de GPA aux ressortissants y ayant recours à l’étranger. Enfin,Monseigneur Paul Richard Gallagher a appelé à un engagement commun au niveau international pour empêcher la consolidation de cette pratique, rappelant que disposer de moyens financiers ne confère à personne un droit à l’enfant, celui-ci demeurant un don, et assurant que la diplomatie du Saint-Siège continuera d’œuvrer pour la défense des droits des enfants et de la dignité des femmes.

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