Le pape Léon XIV a nommé la religieuse Raffaella Petrini, F.S.E., membre de la Commission pour les matières réservées, selon une communication officielle du Bulletin du Saint-Siège datée du 3 février 2026. Cette décision renforce la présence de sœur Petrini dans les instances stratégiques du Vatican, en particulier dans les domaines qui requièrent discrétion, rigueur juridique et responsabilité institutionnelle.Sœur Raffaella Petrini exerce déjà les plus hautes fonctions exécutives au sein de l’État de la Cité du Vatican. Elle est présidente de la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican et présidente du Gouvernorat, l’organe chargé de l’administration civile et économique du Vatican. Sa nomination à la Commission pour les matières réservées s’inscrit dans la continuité de ces responsabilités et élargit son champ d’intervention aux dossiers les plus sensibles.
La Commission pour les matières réservées est un organe institué afin de superviser et d’évaluer des procédures administratives, contractuelles et économiques qui, en raison de leur nature particulière, ne peuvent être soumises aux règles ordinaires de publicité et de transparence. Elle intervient dans des situations exceptionnelles, tout en veillant au respect du droit, des principes de contrôle interne et de responsabilité.
Son rôle est d’éviter que la confidentialité, parfois nécessaire, ne devienne un espace échappant à toute vigilance institutionnelle. Les membres de la Commission examinent et valident des opérations touchant à la sécurité, à la souveraineté ou à la gestion stratégique du Vatican et du Saint-Siège, en s’assurant que les dérogations accordées sont justifiées et juridiquement fondées.
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Cette nouvelle responsabilité intervient après une étape décisive franchie en novembre 2025. À cette date, Léon XIV avait confirmé sœur Petrini dans sa fonction de gouverneure du Vatican et publié un motu proprio modifiant la Loi fondamentale du Vatican. Cette intervention avait permis de régulariser une anomalie juridique héritée du pontificat précédent.Rappelons qu’en février 2025, le pape François avait nommé sœur Petrini présidente de la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican et présidente du Gouvernorat, avec une prise de fonction le 1er mars suivant. Or, la Loi fondamentale alors en vigueur précisait que le président de cette Commission devait être un cardinal, créant une incohérence juridique que Léon XIV a choisi de corriger.
L’article 8 de la Loi fondamentale dispose désormais que la Commission pour l’État de la Cité du Vatican est composée de cardinaux et d’autres membres, y compris le Président, tous nommés par le pape pour cinq ans. Pour justifier cet amendement, Léon XIV avait évoqué la nécessité de consolider certaines solutions qui ont mûri jusqu’à présent afin de répondre aux exigences de gouvernance, devenues de plus en plus complexes et urgentes.
Membre de la congrégation des Sœurs Franciscaines de l’Eucharistie, sœur Raffaella Petrini est née à Rome le 15 janvier 1969. Elle est titulaire d’une licence en sciences politiques obtenue à l’Université libre internationale Guido Carli et d’un doctorat de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin. Ce parcours académique, à la fois civil et ecclésiastique, a constitué un socle solide pour son engagement au service des institutions vaticanes.L’entrée de sœur Petrini au sein de la Commission pour les matières réservées apparaît cohérente avec l’orientation donnée par Léon XIV à la gouvernance vaticane. Elle traduit la volonté de s’appuyer sur des responsables déjà engagés au plus haut niveau, capables d’assurer efficacité administrative, contrôle institutionnel et respect du cadre juridique.
Cette nomination confirme la place désormais structurante de sœur Raffaella Petrini dans l’appareil de gouvernement du Vatican, à un moment où la gestion des affaires sensibles et la crédibilité des institutions font l’objet d’une attention accrue.


