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Le pape Léon XIV rend hommage au cardinal Jean-Baptiste Mân, figure déterminante de l’Église au Vietnam

Le cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân - DR
Le cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân - DR
Premier cardinal vietnamien officiellement reconnu par les autorités civiles, le cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân s’est imposé comme un artisan patient de la reconstruction du clergé vietnamien et un acteur de la normalisation progressive avec le régime communiste

Le cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân est décédé le dimanche 22 mars 2026. Archevêque émérite de Thành Phố Hồ Chí Minh, il laisse l’image d’un pasteur dont l’influence s’est exercée moins par des prises de parole publiques que par une action durable au cœur d’une Église confrontée à des contraintes politiques fortes. À l’annonce de sa mort, le pape Léon XIV a adressé un télégramme de condoléances à l’archevêque Joseph Nguyên Năng, ainsi qu’au clergé, aux religieux et aux fidèles de l’archidiocèse. Le Saint-Père y exprime sa tristesse et rappelle avec gratitude les longues années de ministère du cardinal, marquées par le soin pastoral, la responsabilité sociale, la promotion du dialogue et de l’unité, ainsi qu’un témoignage de simplicité et d’humilité évangéliques.

Né le 5 mars 1934 à Cà Mau, dans le sud du Vietnam, Jean-Baptiste Pham Minh Mân a été ordonné prêtre le 25 mai 1965, après une formation au petit séminaire de Phnom Penh et au grand séminaire Saint-Joseph de Saïgon. Il débute son ministère comme formateur, avant de poursuivre des études à l’université Loyola de Los Angeles, où il obtient un diplôme en éducation. De retour au Vietnam en 1971, il reprend son travail de formation jusqu’à la fermeture des séminaires en 1975, dans le contexte de la prise de pouvoir communiste. C’est précisément dans ce contexte que se manifeste l’un des aspects les plus significatifs de son action. En 1988, devenu recteur du séminaire Saint-Quy, il participe à la reprise progressive de la formation sacerdotale, contribuant à la reconstruction du clergé vietnamien après des années de rupture. Cette œuvre, discrète mais essentielle, a permis de préparer une nouvelle génération de prêtres dans un environnement encore contraint.

Nommé évêque coadjuteur de Mỹ Tho en 1993, puis archevêque de Hồ Chí Minh-Ville en 1998, il joue un rôle important dans la revitalisation de l’Église locale. Son action s’inscrit dans une ligne pastorale prudente, marquée par la recherche de stabilité et la volonté de maintenir la vie ecclésiale sans confrontation directe avec les autorités.

Créé cardinal le 21 octobre 2003 par Jean-Paul II

Créé cardinal le 21 octobre 2003 par Jean-Paul II, avec le titre de San Giustino et la devise Sicut dilexi « Comme je vous ai aimés » , il devient une figure majeure de l’Église vietnamienne. Sa nomination est généralement perçue comme un signe d’évolution dans les relations entre l’Église et l’État, faisant de lui le premier cardinal vietnamien officiellement reconnu par le gouvernement, dans un contexte de normalisation progressive.Il participe aux conclaves de 2005 et 2013, qui voient l’élection respectivement de Benoît XVI et de François, témoignant de son intégration dans la vie de l’Église universelle.

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Tout au long de son ministère, il met en avant la notion de communion comme fondement de la vie chrétienne et du développement humain. Dans un contexte socialiste, il privilégie une approche de dialogue, cherchant à concilier fidélité ecclésiale et présence concrète de l’Église dans la société, notamment auprès des plus pauvres et des malades.

Dans son télégramme, le pape Léon XIV souligne que son ministère fut marqué par un engagement pastoral profond, une responsabilité sociale constante, une promotion fidèle du dialogue et de l’unité ecclésiale, ainsi qu’une vie vécue dans la simplicité et l’humilité. En confiant son âme aux infinies miséricordes de Dieu, le Saint-Père accorde sa bénédiction apostolique à tous ceux qui pleurent sa disparition, comme signe de consolation et de paix dans le Seigneur.Par son parcours, le cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân apparaît comme une figure de continuité et de prudence, dont l’action s’inscrit dans la durée, au service d’une Église appelée à vivre et à se développer dans un contexte plutôt hostile.

Télégramme du Saint-Père pour la mort de Son Éminence le cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân, 26 mars 2026 ( traduction Tribune Chrétienne)

« À Son Excellence
Monseigneur Joseph Nguyên Năng
Archevêque de Hô Chi Minh-Ville

Ayant appris avec tristesse le décès du cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Mân, archevêque émérite de Hô Chi Minh-Ville, je vous prie d’accepter mes sincères condoléances, que j’étends également au clergé, aux religieux et aux fidèles laïcs de l’archidiocèse.

M’unissant à vous pour recommander son noble âme aux infinies miséricordes de Dieu notre Père céleste, je rappelle avec une immense gratitude les nombreuses années de ministère sacerdotal et épiscopal dévoué du cardinal défunt au service des Églises locales de My Tho et de Hô Chi Minh-Ville, ainsi que sa contribution à l’Église au Vietnam dans son ensemble et au Siège apostolique.

Son ministère a été marqué par un engagement profond dans le soin pastoral et la responsabilité sociale, par la promotion constante du dialogue et de l’unité ecclésiale, ainsi que par le témoignage d’une vie vécue dans la simplicité et l’humilité évangéliques.

À tous ceux qui pleurent la disparition du cardinal Pham Minh Mân dans la ferme espérance de la résurrection, j’accorde de tout cœur ma bénédiction apostolique comme gage de consolation et de paix dans le Seigneur.

LEO PP. XIV« 

Source Vatican

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