Le 15 février 2026 marquait le 206e anniversaire de la naissance de Susan B. Anthony, née le 15 février 1820. À cette occasion, le président Donald Trump a publié un message officiel soulignant la portée historique et morale de son action. Dès l’ouverture, le communiqué décrit Susan B. Anthony comme une « véritable géante américaine » et une « défenseure inébranlable de la dignité humaine ». Le président affirme que la Nation se « réengage » envers la vérité qu’elle aurait défendue toute sa vie, « que chaque être humain est créé à la sainte image de Dieu ».
Le texte rappelle les principaux combats d’Anthony : le droit de vote des femmes, la lutte contre l’esclavage, la dignité du travail et la « sainteté de la vie ». Cofondatrice de la National Woman Suffrage Association avec Elizabeth Cady Stanton, elle a sillonné les États-Unis pour défendre le suffrage féminin, contribuant à préparer le terrain pour l’adoption, en 1920, du 19th Amendement de la Constitution américaine , qui accorda le droit de vote aux femmes quatorze ans après sa mort. Elevée dans une famille quaker profondément marquée par l’abolitionnisme, Susan B. Anthony s’engagea très tôt contre l’esclavage, convaincue que la dignité humaine ne pouvait être divisée ni hiérarchisée.
Le communiqué présidentiel affirme qu’Anthony est « également connue » pour sa « clarté morale farouche dans la condamnation de l’avortement ». Cette affirmation renvoie à un débat historique réel. Certains mouvements pro-vie estiment que les textes publiés dans son journal The Revolution, fondé en 1868, traduisent une critique morale de l’avortement, présenté comme une conséquence de l’irresponsabilité masculine et de l’injustice faite aux femmes. Dans cette lecture, Anthony considérait l’avortement comme un mal social plutôt que comme un progrès pour les femmes.Cependant, de nombreux historiens invitent à la prudence. Il n’existe pas de déclaration explicite et incontestable de Susan B. Anthony appelant à une interdiction légale de l’avortement. Plusieurs textes cités dans le débat ne sont pas signés, et leur attribution directe reste discutée. De plus, les catégories juridiques et médicales du XIXe siècle diffèrent profondément de celles d’aujourd’hui.
Ainsi, si Susan B. Anthony défendait une vision exigeante de la dignité humaine et dénonçait les abus subis par les femmes, la qualifier de militante pro-vie au sens politique contemporain relève d’une interprétation. C’est néanmoins cette lecture que le président Donald Trump met en avant dans son communiqué.
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En affirmant que son administration « porte fièrement le flambeau de l’héritage d’Anthony », le président relie cette mémoire à des priorités actuelles : soutien à l’adoption, aide aux femmes enceintes, fin du financement public de l’avortement, défense des opportunités pour les femmes et les filles dans le sport, protection des libertés garanties par le Premier Amendement. L’hommage dépasse ainsi la commémoration. Il propose une continuité morale entre abolition de l’esclavage, émancipation civique des femmes et protection contemporaine de la vie. Le message se conclut par un appel à bâtir « une Nation où chaque citoyen peut s’épanouir, où chaque enfant est chéri ».
Pour comprendre la portée de cette référence et mesurer le poids symbolique d’un tel héritage, il convient de revenir sur la personnalité et le parcours de celle que la Maison-Blanche choisit d’honorer.Qui était Susan B. Anthony ?
Née le 15 février 1820 à Adams, dans le Massachusetts, et morte le 13 mars 1906 à Rochester (État de New York), Susan Brownell Anthony fut l’une des figures majeures du mouvement des droits civiques aux États-Unis au XIXe siècle. Elevée dans une famille quaker profondément marquée par l’abolitionnisme, elle grandit dans un environnement où la conscience morale et la discipline personnelle occupaient une place centrale. Son père, Daniel Anthony, était un abolitionniste convaincu, et ce climat familial façonna durablement ses convictions.
Très tôt confrontée aux inégalités, notamment dans le domaine de l’éducation, elle s’engagea d’abord dans l’enseignement. Elle découvrit rapidement l’injustice salariale entre hommes et femmes, les enseignants masculins étant rémunérés jusqu’à quatre fois plus que leurs homologues féminines. Cette expérience nourrit son combat futur.Dans les années 1850, sa rencontre avec Elizabeth Cady Stanton marqua un tournant décisif. Ensemble, elles devinrent les figures de proue du mouvement suffragiste américain. En 1869, elles fondèrent la National Woman Suffrage Association, organisation destinée à obtenir le droit de vote pour les femmes.Arrêtée en 1872 pour avoir voté illégalement lors d’une élection présidentielle, Susan B. Anthony transforma son procès en tribune politique. Son engagement contribua, quatorze ans après sa mort, à l’adoption du 19th Amendment to the United States Constitution, garantissant enfin le droit de vote des femmes en 1920.
Mais son action ne se limita pas au suffrage féminin. Elle milita contre l’esclavage, pour la tempérance et pour une réforme morale de la société. En 1868, elle lança le journal The Revolution, dont la devise résumait son combat : « Les hommes, leurs droits et rien de plus ; les femmes, leurs droits et rien de moins ».Décédée en 1906, Susan B. Anthony n’a pas vu l’aboutissement législatif de son combat, mais son influence demeure majeure dans l’histoire politique américaine. Son nom reste aujourd’hui associé aux grandes luttes pour la dignité humaine, la liberté civique et l’égalité des droits.
intégralité du Message de la Maison Blanche à l’occasion de la Journée Susan B. Anthony
« Aujourd’hui, nous honorons la vie et l’héritage de Susan B. Anthony, une véritable géante américaine et une défenseure inébranlable de la dignité humaine. En ce qui aurait été son 206e anniversaire de naissance, nous nous réengageons envers la vérité intemporelle qu’elle a défendue toute sa vie : chaque être humain est créé à la sainte image de Dieu.
Susan B. Anthony fut une championne du droit de vote des femmes, de l’abolition de l’esclavage, du caractère sacré de la vie et de la dignité du travail. Au cours de sa vie remarquable, elle cofonda la National Woman Suffrage Association, parcourut la Nation en prononçant des discours inspirants devant des foules de milliers de personnes et ne cessa jamais de lutter pour faire progresser la cause de la liberté. Ses efforts inlassables ont ensuite jeté les bases de la ratification du 19e amendement, garantissant le droit de vote des femmes. Anthony est également reconnue pour sa clarté morale farouche dans la condamnation de l’avortement et pour son engagement constant en faveur de l’abolition de l’esclavage.
Mon administration poursuit avec fierté le flambeau de l’héritage d’Anthony en protégeant sans crainte la vie, les femmes et les familles. Nous renforçons le soutien fédéral à l’adoption, développons des ressources essentielles pour les femmes enceintes, défendons l’égalité des chances pour les femmes et les filles dans le sport, mettons fin au financement public de l’avortement par les contribuables et protégeons les libertés du Premier Amendement qui ont rendu possible le plaidoyer extraordinaire d’Anthony.
Alors que nous honorons les contributions monumentales de Susan B. Anthony à notre grande histoire américaine, nous nous réengageons, en tant que peuple uni, à bâtir une Nation où chaque citoyen peut s’épanouir, où chaque enfant est chéri et où les bénédictions de la liberté et de la justice sont garanties pour tous. »


