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Le Vatican rend hommage à la mémoire du Pape de la Restauration

Il y a deux cents ans, le 28 septembre 1823, le Pape Léon XII était élu sur le trône de Pierre. Un colloque scientifique à l’université pontificale grégorienne de Rome et une messe présidée par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, à la basilique Saint-Pierre jeudi 28 septembre à 17h00, viennent honorer la mémoire oubliée du 252e évêque de Rome.

Annibale della Genga, Pape de 1823 à 1829 sous le nom de Léon XII, est né le 2 août 1760 à Genga, petit village fortifié près d’Ancône dans les États pontificaux. Cadet d’une famille de la noblesse pontificale, il entame une carrière ecclésiastique et est ordonné prêtre en 1783.

Le Pape Pie VI lui confie la tâche délicate de prononcer l’oraison funèbre de l’empereur d’Autriche Joseph II en 1790 à Vienne et le destine à une carrière diplomatique. Consacré archevêque de Tyr, il est envoyé comme nonce apostolique dans les pays allemands, notamment à Lucerne, Cologne et en Bavière, pendant les années difficiles des guerres napoléoniennes.

“Le plus petit des héritiers d’un si grand nom”

En 1816, le Pape Pie VII le crée cardinal, le nomme vicaire pour la ville de Rome en 1820 et archiprêtre de la basilique Sainte-Marie-Majeure en 1821. À la mort de Pie VII, Annibale della Genga est élu Pape le 28 septembre 1823 et prend le nom de Léon XII, en mémoire de saint Léon le Grand, Pape qui, en 452, avait arrêté Attila, roi des Huns, aux portes de Rome.

Le 10 février 1829, après un peu plus de cinq ans de pontificat, il meurt à Rome, probablement d’une infection causée par une opération chirurgicale. Il choisit d’être enterré dans la basilique Saint-Pierre, dans un simple tombeau de terre placé devant l’autel de saint Léon le Grand, où son épitaphe indique qu’il est “un humble dévot, le plus petit des héritiers d’un si grand nom.”

L’élection au trône papal de Léon XII eut lieu à un moment crucial de l’histoire de l’Église.

Les pontificats qui l’ont précédé, celui de Pie VI Braschi, dernier Pape de l’Ancien Régime mort prisonnier dans la France révolutionnaire, et celui de Pie VII Chiaramonti, qui a duré plus de vingt ans entre l’époque napoléonienne et le Congrès de Vienne, ont été marqués par les guerres, les occupations et les emprisonnements.

L’avènement de Léon XII coïncide avec les années centrales de la Restauration

L’intention était de clore une époque extrêmement tourmentée. Dans ce contexte historique, celui de Léon XII apparaît comme un pontificat éminemment religieux, marqué par un désir de réveil spirituel. Emblématique de la prééminence religieuse, le Jubilé de 1825 est le seul régulièrement célébré dans ce XIXe siècle houleux.

Cette célébration est vivement souhaitée par Léon XII pour “resacraliser” la ville de Rome après les événements révolutionnaires du début du siècle, malgré l’avis contraire des puissances européennes et la perplexité de la Curie romaine, effrayée par les coûts de l’accueil des pèlerins.

Toujours en 1825, le 13 mars, il décrète l’interdiction à perpétuité des loges maçonniques par la bulle pontificale Quo Graviora. C’est aussi sous son pontificat que la cour quitte le palais du Quirinal pour celui du Vatican.

Le Jubilé a été la réponse de la papauté à l’aspiration à la spiritualité qui a envahi l’Europe à l’époque du romantisme. En outre, Léon XII accorde une grande attention à l’effort de réorganisation centralisée de l’État, à travers une intense activité réformatrice, à la lutte contre le brigandage, la carboneria (mouvement secret révolutionnaire italien) et le libéralisme, ainsi qu’à la qualification des relations internationales.

Sur le plan culturel, l’entreprise la plus significative de son pontificat est le début de la reconstruction de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, qui avait été à moitié détruite par un incendie en juillet 1823.

Dans ses Mémoires d’Outre-Tombe, François-René de Chateaubriand alors ambassadeur de France près le Saint-Siège (1828-1829) le décrivait ainsi: “Léon XII, prince d’une grande taille et d’un air à la fois serein et triste, est vêtu d’une simple soutane blanche. Il n’a aucun faste et se tient dans un cabinet pauvre, presque sans meubles.”

Source Vatican News

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