«La parabole du Bon Samaritain, telle que racontée dans l’Évangile selon Saint Luc, nous exhorte à faire preuve de charité envers notre prochain, sans distinction d’origine ou de croyance : « Va, et fais de même » (Luc 10, 37). Cependant, il semble que cette noble exhortation soit actuellement détournée pour servir des objectifs qui transcendent le message originel de charité chrétienne.
Le Secours Catholique, héritier d’une tradition charitable vénérable, est malheureusement devenu le terrain d’une dérive idéologique. Depuis l’époque de Monseigneur Jean Rhodain ( fondateur du Secours Catholique) , il est clair que les changements intervenus au sein de cette institution ne sont pas étrangers à une influence croissante de courants qui ne sont pas fidèles à l’orthodoxie chrétienne traditionnelle.
Il y a pourtant un ordre à suivre dans la charité , comme le rappelle Saint Augustin :
« Celui qui va jusqu’à aimer ses ennemis ne saute pas par-dessus ses frères. Il en est comme du feu, qui commence nécessairement par gagner ce qui est tout proche pour s’étendre au loin. »
et le Saint de continuer,
: « Étends ton amour aux plus proches et n’appelle pas cela étendre. C’est presque toi-même, en effet, que tu aimes, lorsque tu aimes des gens qui te touchent de près. Étends cet amour aux inconnus qui ne t’ont fait aucun mal. Dépasse encore ceux-ci, va jusqu’à aimer tes ennemis. ».
Ne pas se laisser emporter par l’émotion du monde mais agir selon les principes fondamentaux de l’Eglise, c’est un principe que le Secours Catholique semble avoir oublier. L’association utilise très habilement une sémantique de compassion tronquée, véritable prétexte à une charité dévoyée.
Une main-mise de la gauche catho main stream
La critique formulée est que ce changement de cap est symptomatique d’une mainmise idéologique qui se manifeste aussi au sein d’autres organisations catholiques, comme le CCFD, dont l’orientation semble fortement marquée par des influences politiques de gauche.
Pour rétablir l’intégrité de l’Église, il serait d’abord nécessaire de reconsidérer certaines structures ecclésiales, en particulier les Conférences épiscopales. Ces dernières n’ont aucun statut canonique dans la structure de l’Église ; leur existence se limite à une seule référence dans la constitution dogmatique Lumen Gentium, n. 23, qui n’en donne aucun statut officiel.
La suppression des Conférences épiscopales pourrait être envisagée à travers la tenue de conciles régionaux, comme pourrait le proposer le Synode sur la synodalité, qui pourrait ainsi renforcer l’autorité de chaque évêque en favorisant une structure plus cohérente.
Il existe effectivement une incapacité structurelle manifeste à appliquer le verset 1 Co 5, 13 : : « Enlevez le mauvais du milieu de vous. ».
Les récentes décisions prises par l’épiscopat, comme la formation de la CIASE avec son sondage honteux, le rôle inapproprié de la Sœur Margron mise à pied par l’UCO ( l’Université catholique de l’Ouest ) , ou encore l’incapacité de formuler des déclarations fortes, telles que celles concernant l’ouverture des JO, témoignent d’une débilité profonde et systémique qui nécessite une réforme urgente.
Si l’épiscopat désire une représentation, un système de rôle tournant, avec chaque évêque assumant un relais d’information à tour de rôle pendant un an depuis les bureaux parisiens du 58 avenue de Breteuil (Paris 7e), pourrait suffire pour garantir une gestion plus rigoureuse et ciblée.
De la mauvaise interprétation de la parabole
La parabole du Bon Samaritain, interprétée de manière moderne, semble donc en effet être utilisée pour promouvoir une solidarité dite universelle qui veut ignorer les spécificités culturelles et religieuses. La charité chrétienne véritable ne devrait pas se transformer en un outil de nivellement culturel ou religieux, ni en un prétexte pour faire avancer une idéologie particulière.
Le Bon Samaritain nous enseigne que la charité doit être manifestée dans un cadre qui respecte la dignité et l’identité de la personne aidée mais aussi de la personne aidante et Saint Grégoire le Grand, docteur de l’Eglise rajoutait « On doit exercer la miséricorde d’abord vis-à-vis des fidèles avant de le faire pour les ennemis de l’Église » (Grégoire le Grand, Ép. 2, 38).
Il est donc essentiel de rappeler les enseignements de nos plus grands philosophes et théologiens qui ont mis en garde contre la confusion entre l’amour véritable et l’idéologie. Saint Thomas d’Aquin, par exemple, affirmait que « C’est la même vertu de charité par qui quelqu’un aime Dieu, soi-même et le prochain (est eadem virtus caritatis qua quis diligit Deum, seipsum et proximum) » . (ST, II-II, q. 17 a. 3 co).
Lorsque la charité est détournée pour servir des intérêts autres que ceux de la véritable foi chrétienne, il y a lieu de se demander si nous ne sommes pas en présence d’une tromperie qui cherche à masquer un but à l’opposé de la Vérité révélée.
La CEF n’est-elle pas incompétente en la matière ?
L’absence de distinctions claires entre les diverses organisations et l’influence croissante des idéologies étrangères à la foi chrétienne sont préoccupantes. Un épiscopat résolu, refusant de se laisser guider par des impératifs politiques, pourrait mettre fin à ces dérives en réformant les structures ecclésiales et en favorisant une charité qui reste fidèle à l’enseignement du Christ.
Là où il y a tromperie bien souvent l’idéologie triomphe… La véritable charité, à la lumière de l’Évangile, consiste à venir en aide tout en respectant et en préservant l’identité et le contexte propre de chaque individu, sans sacrifier ces éléments sur l’autel d’une uniformisation idéologique.