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L’évêque d’Évreux met en garde les fidèles après une messe de Noël célébrée illicitement

Monseigneur Olivier de Cagny - capture écran
Monseigneur Olivier de Cagny - capture écran
A Thiberville, la célébration d’une messe de Noël le 24 décembre 2025 par Francis Michel, ancien curé de Thiberville définitivement renvoyé de l’état clérical, a conduit l’évêque d’Évreux à intervenir publiquement pour rappeler la discipline de l’Église catholique et alerter les fidèles sur la nature illicite de tels actes

Les faits, révélés par la presse locale, concernent une initiative prise par Francis Michel, ancien curé de la paroisse, alors qu’il n’a plus aucune autorisation pour exercer un ministère sacerdotal au sein de l’Église catholique.Dans un communiqué daté du 30 décembre 2025, Monseigneur Olivier de Cagny rappelle que Francis Michel a été définitivement renvoyé de l’état clérical par le Saint-Siège le 6 avril 2020, à l’issue d’une procédure canonique conduite conformément au droit de l’Église. Cette mesure, rare, entraîne la perte de l’ensemble des droits attachés à l’état clérical et interdit formellement à l’intéressé de célébrer tout acte du culte catholique ou de prononcer une homélie.

S’appuyant sur le canon 292 du Code de droit canonique, l’évêque d’Évreux précise que les sacrements célébrés par Francis Michel sont illicites. Il souligne en outre que les sacrements du mariage et de la pénitence, confessions, seraient même invalides, le pouvoir de les célébrer lui ayant été retiré par le pape puis, par conséquent, par l’évêque. Il est également rappelé que l’ancien curé ne doit plus exercer aucune fonction liturgique, y compris la présidence des inhumations.Dans ce communiqué, l’évêque adopte également un ton pastoral. Il indique prier pour que Francis Michel puisse entendre l’appel que lui adresse l’Église et exprime sa préoccupation pour les fidèles qui pourraient, à tort, penser bénéficier des secours de l’Église catholique en s’adressant à un homme redevenu laïc, sans pouvoir sacramentel ni mission ecclésiale. Cette mise au point vise à préserver l’unité des fidèles du diocèse d’Évreux et leur communion avec leur évêque et avec le pape Léon XIV.

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Pour mémoire, Francis Michel avait déjà fait l’objet de sanctions ecclésiales antérieures. Suspendu une première fois « a divinis » en 2008, il a continué, malgré les décisions prises à son encontre, à se présenter comme prêtre et à célébrer des cérémonies religieuses. Sur le plan judiciaire, il avait été condamné en première instance en septembre 2020 pour abus de confiance, notamment pour avoir encaissé des sommes issues de quêtes et de dons, avant d’être relaxé en appel en septembre 2022. Les juges avaient alors estimé que les fidèles avaient versé ces montants librement et en connaissance de cause. Cette décision pénale n’a toutefois jamais remis en question la sanction canonique prononcée par l’Église, qui demeure pleinement en vigueur.

Par cette prise de parole publique, l’évêque d’Évreux entend rappeler clairement le cadre juridique et pastoral de l’Église catholique, afin d’éviter toute ambiguïté sur la validité des sacrements célébrés en dehors de l’autorité ecclésiale et de protéger les fidèles contre des pratiques présentées comme catholiques sans l’être réellement.

Communiqué de l’évêque d’Évreux

« Soucieux de préserver l’unité des fidèles du diocèse d’Évreux entre eux, avec leur évêque et avec notre Saint-Père le pape Léon XIV, je rappelle que Monsieur Francis Michel a été définitivement renvoyé de l’état clérical par le Saint-Siège le 6 avril 2020 à l’issue d’une procédure conduite avec justice, conformément aux lois de l’Église catholique.

Comme dispose le canon 292 du Code de droit canonique :

« Le clerc qui perd l’état clérical selon les dispositions du droit perd en même temps les droits propres à l’état clérical et n’est plus tenu aux obligations de cet état, restant sauves les dispositions du canon 291 ; il lui est interdit d’exercer le pouvoir d’ordre, restant sauves les dispositions du canon 976 ; il est de ce fait privé de tous les offices et charges, ainsi que de tout pouvoir délégué. »

Il en résulte que Monsieur Francis Michel n’a plus le droit de célébrer aucun acte du culte catholique et ne peut plus prononcer une homélie. Je rappelle en conséquence que les sacrements célébrés par lui sont illicites, le pape lui en ayant retiré l’autorisation en le renvoyant de l’état clérical. Les sacrements du mariage et de la pénitence, confessions, qu’il célébrerait seraient de plus invalides, le pape, et par suite l’évêque, lui en ayant retiré le pouvoir. Il ne doit plus exercer aucune fonction liturgique, y compris la présidence des inhumations.

Je prie pour que Monsieur Francis Michel puisse entendre l’appel que lui adresse l’Église. Je prie également pour toutes les personnes qui pensent, à tort, pouvoir bénéficier des secours de l’Église catholique en recourant à lui alors que, exclu de l’exercice du ministère ordonné et redevenu laïc, il n’a désormais plus aucun pouvoir sacramentel ni aucune mission d’Église.

Fait à Évreux, le 30 décembre 2025.

Olivier de Cagny
évêque d’Évreux »

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