En rappelant que « le fondement de notre espérance est l’incarnation de Dieu », le pape a inscrit son Angélus dans la continuité du temps de Noël et du Prologue de saint Jean, « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». Selon lui, l’espérance chrétienne ne procède pas d’analyses humaines ou de calculs politiques, mais du choix de Dieu de « partager notre chemin », afin que l’homme ne soit jamais seul dans l’histoire.Cette perspective théologique conduit à ce que le pape a appelé un « double engagement, l’un envers Dieu et l’autre envers l’homme ». Envers Dieu, il a souligné l’exigence d’une foi incarnée, invitant à « repenser Dieu à partir de la chair de Jésus et non à partir d’une doctrine abstraite ». Il a décrit un Dieu « proche », présent dans la fragilité humaine et dans la réalité quotidienne, ce qui implique une cohérence entre la foi professée et la manière de la vivre.
Envers l’homme, le pape a rappelé que, si Dieu « est devenu l’un de nous », alors chaque personne humaine « porte en elle son image ». Cette conviction fonde, selon lui, la reconnaissance de la dignité inviolable de toute personne et l’engagement pour « la fraternité et la communion », pour « la justice et la paix », ainsi que pour « le soin des plus fragiles et la défense des faibles ». Il a résumé cette articulation par une formule explicite, « il n’y a pas de culte authentique envers Dieu sans attention à la chair humaine ».
Lire aussi
C’est dans cette logique que s’inscrit la déclaration prononcée après l’Angélus concernant le Venezuela. Le pape a affirmé suivre « avec une profonde inquiétude l’évolution de la situation » dans le pays, avant de déclarer que « l’intérêt du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération ». Il a précisé que cette priorité implique de « surmonter la violence » et « d’emprunter la voie de la justice et de la paix », en « garantissant la souveraineté du pays » et « l’état de droit inscrit dans la Constitution ».Le Saint Père a également mentionné le respect « des droits humains et civils de chacun et de tous » et l’importance d’« œuvrer ensemble à la construction d’un avenir serein de collaboration, de stabilité et de concorde », avec « une attention particulière aux plus pauvres qui souffrent de la situation économique difficile ». Par ces paroles, le pape a situé son intervention sur un registre de principes, reliant la situation concrète du pays aux exigences fondamentales de la dignité humaine et du droit.
La prise de parole s’est conclue par un appel à la prière, le pape invitant à confier cette intention à l’intercession de Notre-Dame de Coromoto, de saint José Gregorio Hernández et de sœur Carmen Rendiles, rappelant ainsi la dimension spirituelle de l’engagement de l’Église face aux crises contemporaines.
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
IIe dimanche du Temps de Noël, 4 janvier 2026
« Chers frères et soeurs, bon dimanche !
En ce deuxième dimanche après la Nativité du Seigneur, je tiens tout d’abord à renouveler mes vœux à chacun. Après-demain, avec la fermeture de la Porte Sainte de la Basilique Saint-Pierre, nous conclurons le Jubilé de l’espérance. Or le Mystère de la Nativité dans lequel nous sommes plongés, nous rappelle que le fondement de notre espérance est l’incarnation de Dieu. Le Prologue de Jean, que la liturgie nous propose encore aujourd’hui, nous le rappelle : « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). L’espérance chrétienne, en effet, ne repose pas sur des prévisions optimistes ou des calculs humains, mais sur le choix de Dieu de partager notre chemin, afin que nous ne soyons jamais seuls dans la traversée de la vie. Telle est l’œuvre de Dieu : en Jésus, il est devenu l’un de nous, il a choisi d’être avec nous, il a voulu être pour toujours Dieu-avec-nous.
Si la venue de Jésus dans la faiblesse de la chair humaine, d’une part ravive en nous l’espérance, elle nous confie d’autre part un double engagement, l’un envers Dieu et l’autre envers l’homme.
Envers Dieu, car s’Il s’est fait chair, s’Il a choisi notre fragilité humaine comme demeure, alors nous sommes toujours appelés à repenser Dieu à partir de la chair de Jésus et non à partir d’une doctrine abstraite. C’est pourquoi nous devons toujours vérifier notre spiritualité et les manières d’exprimer notre foi, afin qu’elles soient vraiment incarnées, c’est-à-dire capables de penser, de prier et d’annoncer le Dieu qui vient à notre rencontre en Jésus : non pas un Dieu lointain qui habite un ciel parfait au-dessus de nous, mais un Dieu proche qui habite notre terre fragile, se rend présent dans le visage de nos frères, et qui se révèle dans les situations quotidiennes.
Envers l’homme, notre engagement doit être tout aussi cohérent. Si Dieu est devenu l’un de nous, chaque créature humaine est son reflet, porte en elle son image, garde une étincelle de sa lumière. Et cela nous appelle à reconnaître en toute personne sa dignité inviolable et à nous exercer à l’amour mutuel les uns envers les autres. Ainsi, l’incarnation nous demande également un engagement concret pour la promotion de la fraternité et de la communion, afin que la solidarité devienne le critère des relations humaines, pour la justice et la paix, pour le soin des plus fragiles et la défense des faibles. Dieu s’est fait chair, c’est pourquoi il n’y a pas de culte authentique envers Dieu sans attention à la chair humaine.
Frères et sœurs, que la joie de Noël nous encourage à poursuivre notre chemin, tout en demandant à la Vierge Marie de nous rendre toujours plus disposés à servir Dieu et notre prochain.
À l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs !
Je tiens à réitérer ma proximité avec toutes les personnes en deuil à la suite de la tragédie survenue à Crans-Montana, en Suisse. Je vous assure de ma prière pour les défunts, les blessés et leurs proches.
C’est avec une profonde inquiétude que je suis l’évolution de la situation au Venezuela. L’intérêt du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération et inciter à surmonter la violence pour emprunter la voie de la justice et de la paix, en garantissant la souveraineté du pays, en assurant l’état de droit inscrit dans la Constitution, en respectant les droits humains et civils de chacun et de tous, et en œuvrant ensemble à la construction d’un avenir serein de collaboration, de stabilité et de concorde, en portant une attention particulière aux plus pauvres qui souffrent de la situation économique difficile. C’est pourquoi je prie et je vous invite à prier, en confiant notre prière à l’intercession de Notre-Dame de Coromoto et des saints José Gregorio Hernández et Sœur Carmen Rendiles.
Je vous salue tous avec affection, Romains et pèlerins de divers pays, en particulier ceux venus de Slovaquie, de Zagreb, ainsi que les servants d’autel de la cathédrale de Gozo (Malte)et la communauté du Séminaire diocésain de Fréjus-Toulon, en France.
Je salue le groupe de l’Oratoire de Pugliano à Ercolano, les familles et les agents pastoraux de Postomia et Porcellengo, les fidèles de Sant’Antonio Abate, de Torano Nuovo et de Collepasso ; ainsi que les enseignants de l’Institut Rocco-Cinquegrana de Sant’Arpino, les scouts de la province de Modène et de Roccella Jonica, les confirmands d’Ula Tirso et de Neoneli et ceux de Trescore Balneario.
Chers amis, continuons d’avoir foi en Dieu de la paix : prions et soyons solidaires avec les populations qui souffrent à cause des guerres. Je souhaite à tous un bon dimanche ! »
Source Vatican


